1er Mai : le gouvernement relance son offensive, le mouvement ouvrier doit riposter !
Fri, 17 Apr 2026 17:26:41 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalNouvelle offensive contre le 1er mai : après un recul forcé, le gouvernement relance une loi pour faire travailler certains salariés le jour de la fête des travailleurs. Une attaque symbolique majeure qui, dans un contexte social explosif, pourrait raviver la colère et relancer les mobilisations ouvrières.

Après la première tentative des macronistes pour faire passer par voie législative une offensive contre le 1er mai, vendredi 10 avril, suivi d'une reculade du gouvernement à peine quelques jours plus tard, ce dernier repart finalement à l'offensive, ainsi que l'a annoncé ce vendredi 17 avril Sébastien Lecornu, au cours d'une intervention télévisée sur le parvis de Matignon.
Le Premier ministre compte présenter une loi « avant ce 1er mai », permettant aux « boulangeries et fleuristes indépendants et artisanaux de faire travailler leurs salariés, sur la base du volontariat et en les payant double ». Par ailleurs, le chef du gouvernement a fait savoir que « d'autres discussions auront lieu pour les différentes branches ». Cette déclaration fait suite à des discussions à huis clos qui avaient lieu aujourd'hui entre Lecornu et les représentants du petit patronat.
Une reprise de l'offensive contre le 1er mai qui survient au lendemain des déclarations de la secrétaire générale de la CGT Sophie Binet, qui a affirmé ce jeudi 16 avril au Parisien qu' « il est utile d'avoir des boulangeries ouvertes le 1er Mai ». Une position scandaleuse qui ouvre la voie à cette nouvelle attaque.
Cette nouvelle offensive cible un acquis historique et hautement symbolique du mouvement ouvrier. Le caractère chômé du 1er mai a été arraché en 1947 à l'issue de dizaines d'années de luttes ouvrières. Il commémore la répression meurtrière des grèves menées autour du 1er mai 1886, à Chicago, pour obtenir la journée de huit heures, mais aussi, pour la France, la fusillade des travailleurs de Fourmies en 1891 et de l'obtention de la journée de huit heures en 1919.
Bénéficiant du soutien tant de la macronie que du RN, les contours exacts du texte ne sont pour le moment pas connus. Alors que le budget est passé avec difficulté, cette nouvelle offensive vise à faire payer aux travailleurs la crise du capitalisme français et le coût des centaines milliards de cadeaux fiscaux que le gouvernement fait chaque année au patronat. Mais comme la tentative de suppression de deux jours fériés par François Bayrou, il y a un peu moins d'un an, cette mesure pourrait faire monter la colère sociale.
Il y a urgence à construire la riposte, dans un contexte marqué par des embryons de mobilisations ouvrières contre la hausse du prix du pétrole, notamment dans les raffineries et dans les stations services, sur fond de fragilité du régime dans une situation internationale convulsive.
Si le gouvernement repart à l'offensive contre le 1er mai, il faut construire dès à présent la mobilisation par en bas, à rebours du dialogue social, pour arracher un recul définitif du gouvernement sur le 1er mai mais aussi l'indexation des salaires sur l'inflation, la baisse et le blocage des prix du carburant, le tout en s'attaquant directement aux profits de ceux qui exploitent la guerre pour leurs intérêts.
Crédit photo : capture d'écran BFMTV