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Loi Yadan repoussée : un recul tactique face à la mobilisation, continuons jusqu'au retrait !

Thu, 16 Apr 2026 17:13:19 CEST

Révolution Permanente

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Alors que la loi Yadan criminalisant le soutien à la Palestine devait être discutée à l'Assemblée nationale ce jeudi, le gouvernement a annoncé son retrait, pour proposer un nouveau texte fin juin. Un recul tactique obtenu par la mobilisation.

Ce jeudi 16 avril, la proposition de loi Yadan, qui vise, entre autre, à élargir le délit d'apologie du terrorisme pour mieux réprimer les soutiens à la Palestine, devait être discutée à l'Assemblée nationale. Mais le groupe macroniste a annoncé cette après-midi dans un communiqué le retrait du projet de loi de l'ordre du jour des discussions. « Depuis le début de la semaine, La France insoumise se livre à un jeu d'obstruction manifeste (…). Dans ces conditions, nous avons obtenu du gouvernement qu'il contourne l'obstruction des LFI » explique le groupe Ensemble pour la République (EPR). Le groupe s'est « engagé au dépôt d'un projet de loi reprenant l'intégralité » de la loi Yadan, qui « serait présenté la semaine du 22 juin 2026 et (…) son examen débuterait au Sénat », d'après le communiqué.

Derrière les justifications avancées, la décision fait directement suite à la mobilisation des dernières semaines contre le projet de loi. D'abord, une pétition contre le texte a recueilli plus de 700 000 signatures, démontrant que le soutien au peuple palestinien face au génocide reste très important, malgré sa criminalisation acharnée par le gouvernement Macron. Ensuite, cette opposition a été relayée par les groupes de gauche à l'Assemblée. Enfin, plusieurs manifestations ont eu lieu en France ces derniers jours, accompagnées d'une opposition notamment dans les universités. Mardi 14 avril, une centaine d'étudiants de la Sorbonne ont installé un campement dans la cour d'honneur de la faculté pour revendiquer le retrait de la loi Yadan, ainsi que la relaxe pour les militants réprimés. L'école d'ingénieurs Centrale Supélec a été bloquée, et les étudiants de Sciences Po ont également lancé l'occupation d'un amphithéâtre.

Un rejet et une mobilisation qui ont mis sous pressions les alliés des macronistes sur ce vote, rendant l'adoption du texte encore plus difficile. En effet, les députés du Modem ont annoncé mardi qu'ils ne voteraient pas la loi Yadan, estimant qu'elle « dessert la cause qu'[elle] prétend défendre », selon les mots de l'une de leurs porte-parole. Du côté du Parti socialiste, qui avait permis par son abstention à la commission des lois de poursuivre son chemin législatif, seuls François Hollande et Jérôme Guedj sont restés cosignataires du texte, contre neuf initialement. Et même ces deux députés, fervents défenseurs d'une ligne répressive envers les soutiens à la Palestine, n'étaient pas certains de voter en faveur du texte.

Ainsi, le recul tactique du gouvernement est bel et bien une première victoire de la mobilisation. Cependant, il le faut avoir aucune illusion dans le fait que le gouvernement cherche à temporiser pour pouvoir potentiellement faire passer plus facilement le texte pendant l'été. La mobilisation contre la loi Yadan doit donc s'élargir pour obtenir le retrait total de la proposition de loi, et se lier à la lutte contre l'ensemble des formes de criminalisation de la solidarité avec Gaza, à commencer par le délit d'apologie du terrorisme, qui permet d'envoyer au tribunal des militants comme Olivia Zemor, Anasse Kazib, Omar Alsoumi ou Rima Hassan. Alors que le gouvernement avance toujours plus dans la criminalisation des militants et étudiants mobilisés contre le génocide à Gaza, il faut s'appuyer sur cette première victoire pour aller plus loin, exiger la relaxe de tous les réprimés du mouvement Palestine, et dire avec force que soutenir le peuple palestinien n'est pas un crime !

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