Retour

Solidarité avec la Palestine : 200 personnes en soutien aux deux étudiants réprimés des Beaux-Arts

Thu, 16 Apr 2026 14:33:19 CEST

Révolution Permanente

Ouvrir l'original

Mercredi 15 avril, 200 personnes, étudiant·es et soutiens, étaient rassemblées devant les Beaux-Arts de Paris, en soutien aux deux étudiant·es qui passaient en conseil de discipline pour leur soutien à la Palestine. Alors qu'ils ont été sanctionnés par un avertissement et un blâme, il faut poursuivre la mobilisation pour le retrait de toutes les sanctions.

Ce 15 avril, 200 étudiant·es des Beaux-Arts de Paris, de l'Université Paris-Cité, de la Sorbonne, de Sciences Po, ainsi que des travailleur·euses de l'art, des enseignants, la CGT, Urgence Palestine et le Poing Levé étaient rassemblé·es devant les Beaux-Arts de Paris. Ils étaient présents en solidarité avec Raphaël et Clara, convoqué·es aujourd'hui en conseil de discipline pour leur soutien à la Palestine.

Ce rassemblement s'inscrit dans le cadre d'une large campagne de soutien, menée depuis l'annonce de leur convocation. Plus de 300 personnalités publiques et de l'art ont signé une tribune en dénonciation, plusieurs ont fait des vidéos de soutien et des étudiant·es et artistes de Strasbourg ont lancé une campagne de dessins en solidarité.

Raphaël et Clara ont introduit le rassemblement, en rappelant le cadre de leur répression : « Ces conseils, c'est une intimidation claire envers tous les étudiants des Beaux-Arts, tous les étudiants mobilisés qui s'expriment contre le génocide en Palestine. On n'a jamais cessé de dénoncer la politique complice du gouvernement, et la répression aux Beaux-Arts. La répression à Sciences Po et à la Sorbonne hier s'inscrit dans ce contexte » a rappelé Raphaël.

Clara, de son côté, a rappelé le deux poids deux mesures insupportable de la présidence des Beaux-Arts : « Éric de Chassey, le nouveau directeur, a effacé en moins de 24h un drapeau Palestine peint dans le hall. Les étudiants mobilisés ont immédiatement dénoncé cette politique, ont repeint le drapeau et collé des affiches de dénonciation. Maintenant, il veut nous faire croire qu'il nous réprime pour dégradation, alors qu'il cherche à faire taire le soutien à la Palestine ».

Plusieurs prises de parole ont ensuite rythmé le rassemblement, incarnant une forte combativité. Sasha, pour Révolution Permanente, a notamment déclaré :
« La répression et la censure aux Beaux-Arts, à paris 8 et à Sciences Po, ça montre que les directions des facs et l'État sont fébriles. Ils ont peur qu'on reconstruise un grand mouvement anti-impérialiste contre le génocide et la guerre en Iran et au Liban : il faut qu'on leur donne raison d'avoir peur ! »

Vers 12h, à la sortie de son conseil de discipline, Raphaël a réaffirmé la détermination des deux étudiant·es à ne pas en rester là : « Ils m'ont mis un avertissement, qu'on contestera au tribunal ! Tout au long du conseil, ils n'ont pas cessé de dire que cette condamnation n'avait rien de politique ». Clara, elle a été sanctionnée un blâme, soit une condamnation plus grave. Car au bout de trois blâmes, elle peut être exclue de l'école.

Par solidarité et pour exprimer toute la détermination de la mobilisation, les escaliers des Beaux-Arts ont de nouveau été repeint aux couleurs de la Palestine pendant que se tenait le conseil de discipline.

Ce rassemblement s'inscrit dans un contexte de répression croissante contre les mobilisations étudiantes. La veille, les occupations à la Sorbonne, à Saclay et à Sciences Po contre la loi Yadan ont été violemment évacuées par les forces de l'ordre, tandis que la présidence de Paris 8 a tenté d'empêcher une assemblée. Une offensive plus large visant à faire taire le mouvement de solidarité avec la Palestine et, au-delà, toute contestation politique dans les universités.

Le rassemblement de mercredi, qui avait fait suite à un autre rassemblement de 200 personnes aux Beaux-Arts il y a quelques semaines, et le large soutien qu'ont reçu Raphaël et Clara illustrent la détermination des étudiant·es à s'organiser et à riposter. Face aux attaques du gouvernement, aux sanctions disciplinaires, à la loi Yadan, elle envoie un signal fort au gouvernement, que nous ne nous tairons pas face aux offensives répressives. Il est plus que jamais nécessaire de construire une mobilisation large et offensive. Dans cette perspective, les étudiant·es et organisations appellent à rejoindre massivement la manifestation de ce samedi 18 avril à 14h à Ménilmontant, pour exiger la fin de la répression, défendre la solidarité avec la Palestine et s'opposer à ce nouveau tournant autoritaire.

/ / / / / / / / /