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Gironde : les travailleurs sociaux et leurs soutiens mobilisés contre l'austérité et les licenciements

Thu, 16 Apr 2026 18:34:06 CEST

Révolution Permanente

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Ce lundi 13 avril, les travailleurs sociaux se sont rassemblés devant le Conseil départemental de la Gironde pour dénoncer le vote d'un budget d'austérité et des licenciements massifs. Face à la casse méthodique de tous les services publics, il faut une réponse d'ensemble !

À l'occasion du vote du budget du Conseil départemental de la Gironde, les travailleurs sociaux, les personnels de l'aide sociale à l'enfance (ASE), du Conseil départemental et du secteur médico-social se sont mobilisés pour faire entendre leur colère. Principale cible de la colère : le « plan de retour à l'équilibre » porté par le président socialiste du département, Jean-Luc Gleyze, qui vise à faire payer aux classes populaires un déficit estimé à plusieurs centaines de millions d'euros.

Nicolas, éducateur spécialisé depuis quinze ans dans une association bordelaise et militant CGT, dénonce une véritable saignée : près de 300 postes vont être supprimés au sein même du département, frappant en premier lieu les plus précaires par des non-reconductions de CDD. Dans le secteur privé associatif, la situation est catastrophique. Déjà l'an dernier, les baisses de dotations imposées par le département ont atteint les 10%, soit 4 millions d'euros pour l'Institut Don Bosco et 5 millions pour Le Prado. « Les grosses associations bordelaises enchaînent les Plans de Sauvegarde de l'Emploi. On va parler de ça de manière très claire, c'est des plans de licenciement collectif, IDB en est à son 2e PSE, Le Prado à son 3e », explique le militant syndical.

Alors que des délégations syndicales ont rencontré Jean-Luc Gleyze à plusieurs reprises, elles se sont heurtées, selon Nicolas, à un « discours bien huilé, bien calibré, où on nous renvoie à chaque fois à cette logique budgétaire qui s'impose à tous ». Les conséquences sur le terrain sont dramatiques : des enfants sont maintenus dans des dispositifs inadaptés simplement pour garantir un taux d'activité plein et « faire du chiffre », tandis que de nombreux jeunes en danger sont abandonnés, faute de places dans les structures.

Ce délaissement brutal des usagers frappe tout autant le secteur médico-social que celui du handicap. Frédérique, éducatrice spécialisée depuis vingt ans auprès de jeunes en situation de handicap moteur et militante CGT, décrit la destruction organisée des structures d'accompagnement. Le département a ainsi fermé les services associatifs gérant les Mesures d'Accompagnement Social Personnalisé (MASP), services d'accompagnements visant à aider les jeunes adultes dans leurs démarches quotidiennes ou le paiement de leur loyer. Le département avait promis d'absorber ces mesures, mais n'a pas tenu parole : « Les usagers se sont retrouvés sans moyen d'accompagnement (...), les gens ont été laissés pour compte, en fait personne ne s'est occupé d'eux », témoigne-t-elle. Dans le même temps, les conditions de travail continuent de se dégrader : les aides-soignantes sont remplacées par des Accompagnants des Élèves en Situation de Handicap (AESH). Ces personnels, au statut précaire, se retrouvent avec une « double casquette », contraints de faire les soins et de rédiger des rapports « pour deux fois moins de paye ».

Si le département connait une cure austéritaire si brutale, c'est parce qu'en novembre dernier, la chambre régionale des comptes lui imposait de réaliser 73 millions d'euros d'économies d'ici à 2028, en visant en premier lieu le secteur social et associatif. Si les coupes budgétaires ont commencé dès 2025, c'est cette année, en 2026, que la majorité PS du département lance la saignée austéritaire la plus brutale. Ces attaques dans le département s'inscrivent cependant dans une offensive nationale plus large qui vise tous les services publics, sacrifiés pour financer la militarisation.

Si les travailleurs du social ont toutes les raisons de se mobiliser, il faut un plan de bataille qui lie l'ensemble des secteurs attaqués. Au département, les licenciements touchent en premier lieu les fonctions supports, et la même logique domine dans la santé, comme au CHU de Bordeaux où sous couvert de modernisation de la blanchisserie, la direction pave à la voie à l'externalisation de cette fonction. Dans l'éducation, ce sont aussi des milliers de postes qui sont menacés avec des dizaines de fermetures de classes rien qu'en Gironde. Enfin, dans l'enseignement supérieur, étudiants et personnels de l'Université Bordeaux Montaigne se mobilisent depuis des semaines contre les suppressions de postes et de filières.

À rebours de tout départ en ordre dispersé, c'est en forgeant une alliance à la base, à travers la construction d'un mouvement coordonnant les travailleurs de tous ces secteurs, en alliance avec le mouvement étudiant, que nous pourrons imposer un vrai rapport de force. Mais alors que tous les services publics sont attaqués pour financer la marche à la guerre, se battre contre l'austérité implique aussi d'élargir les revendications et de dénoncer ouvertement la militarisation.

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