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Assemblée ouverte à Melun : quelle stratégie contre les violences policières et l'autoritarisme de l'État ?

Thu, 16 Apr 2026 20:07:22 CEST

Révolution Permanente

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Révolution Permanente a organisé une assemblée ouverte à Melun le 9 avril dernier. L'occasion de discuter avec les habitants, enseignants, étudiants, travailleurs de la pétrochimie, des violences policières et du renforcement de l'État sécuritaire dans un contexte de militarisation.

Dans le courant du mois de mars, des violences policières survenues à Noisiel - ont profondément marqué la Seine-et-Marne, suscitant une vive émotion et relançant les débats sur les pratiques des forces de répression. Plusieurs témoignages et vidéos ont mis en lumière des interventions violentes, conduisant à l'ouverture d'enquêtes et à des poursuites judiciaires contre certains policiers. Dans le même temps, le média Loopsider a révélé les pratiques de harcèlement des jeunes de quartiers par les polices municipales d'Évry et Longjumeau, via des amendes.

Dans cette période marquée par une inflation croissante due aux guerres impérialistes et la destruction des services publics pour la militarisation, entraînant le durcissement de l'appareil répressif et une instabilité politique croissante, Révolution Permanente tenait à Melun une nouvelle assemblée ouverte. Si le point de départ de la discussion portait sur les violences policières, les échanges se sont rapidement élargis à la question plus générale du rôle de l'État comme outil de domination, ainsi qu'aux perspectives politiques pour notre camp.

Parmi la vingtaine de personnes présentes, de nombreux secteurs étaient représentés : des travailleuses et travailleurs de l'éducation, de la pétrochimie, de la santé, de l'aviation, de la poste, de la recherche, du service à la personne, de l'informatique, de la culture, ainsi que des étudiant·es, des chômeurs et des retraité·es. Comme lors des précédentes assemblées, la diversité des profils a permis de croiser les expériences concrètes alors que de nombreux secteurs sont confrontés à la répression, au durcissement des conditions de travail, et à l'absence de perspectives portées par les directions syndicales et les partis institutionnels.

Plusieurs interventions ont permis d'approfondir le débat : l'un des participant, psychologue, a ainsi souligné que « le colonialisme, le racisme et le sexisme sont des piliers du capitalisme », en insistant notamment sur le développement d'un capitalisme carcéral aux États-Unis, fondé sur l'exploitation d'une main-d'œuvre surexploitée. D'autres prises de parole ont insisté sur le caractère systémique des violences policières. « Les injonctions de la police sont de frapper toutes les personnes minorisées, ce n'est pas une question de pommes pourries », a ainsi expliqué C., étudiante, tandis qu'un autre participant soulignait que « les ordres viennent d'en haut : l'État terrorise sa population », évoquant notamment les mutilations infligées aux manifestants pour dissuader toute mobilisation.

La question de l'héritage colonial a occupé une place importante. Une intervention a mis en avant la continuité entre le système colonial et les politiques menées dans les quartiers populaires, soulignant que « l'État a maintenu un système colonial dans les cités », en désignant des boucs-émissaires, notamment dans les périodes de crise économique. Dans le prolongement de ces analyses, plusieurs participant·es ont insisté sur la nécessité de ne pas limiter la critique à la seule institution policière. « Il faut changer de système plutôt que d'espérer changer la police », a ainsi résumé un intervenant, pointant un pouvoir qui « nous musèle par la démoralisation ». D'autres ont mis en lumière les logiques économiques à l'œuvre derrière la militarisation, évoquant le transfert de ressources des services publics vers l'armée et son industrie, ainsi que le développement d'un véritable marché autour de la sécurité intérieure.

Les discussions ont également porté sur abordé la question de la criminalisation des soutiens à la Palestine, notamment à travers la loi Yadan, ainsi que les poursuites judiciaires visant des figures militantes comme Anasse Kazib ou Rima Hassan. Ces éléments ont été analysés comme faisant partie d'un durcissement plus général de la répression politique, visant à limiter l'expression de solidarités internationales et la colère face au génocide en Palestine, et ainsi éviter la remise en question des politiques impérialistes des États occidentaux.

Enfin, certaines interventions ont insisté sur la dimension culturelle et idéologique de ces enjeux, en soulignant la nécessité de « décoloniser l'imaginaire » et de construire d'autres projections du monde, en rupture avec les logiques capitalistes dominantes. Un enjeu indissociable de la construction d'un rapport de forces concret avec l'État et d'une organisation révolutionnaire qui permette de le cristalliser, en liant les combats du mouvement ouvrier à ceux du mouvement antiraciste, dans une perspective anticapitaliste. Au-delà de ces interventions, la discussion a fait des liens entre différentes expériences de lutte et de répression, en soulignant notamment que les violences policières ne sont pas des dérives isolées mais s'inscrivent dans un fonctionnement structurel et dans la nature même de l'État que sert cette police.

Les discussions ont ainsi nourri une réflexion collective sur les perspectives dans la période actuelle. Face à l'intensification des violences d'État et aux attaques contre les droits sociaux, il apparaît nécessaire de construire une riposte d'ensemble, capable d'unifier les luttes notamment autour des organisations anti-racistes.

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