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Loi Yadan : la mobilisation pour la Palestine reprend dans les facs, l'Etat réprime sans étouffer la colère

Wed, 15 Apr 2026 15:38:17 CEST

Révolution Permanente

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Pour exprimer la solidarité avec la nouvelle flottille pour Gaza et dénoncer la loi Yadan, des actions ont été organisées par le Poing Levé et d'autres organisations étudiantes dans plusieurs universités. Ces mobilisations ont été durement réprimées par les présidences d'université qui ont fait appel à la police.

Ces derniers jours, dans le sillage du départ d'une nouvelle flottille depuis Barcelone et Marseille pour briser le blocus à Gaza, des actions étaient organisées par le Poing Levé dans plusieurs universités en soutien aux militants embarqués. Ces expressions de solidarité visaient aussi à dénoncer le renforcement de la criminalisation du soutien à la Palestine à travers la loi Yadan, actuellement examinée à l'Assemblée. Certaines de ces actions, notamment à Paris, ont d'ailleurs été la cible d'une violente répression par la police.

Des mobilisations réprimées avec la force à la Sorbonne et Sciences Po

La démonstration de force la plus importante avait lieu dans le bâtiment historique de la Sorbonne ce mardi 14 avril, où les organisations étudiantes dont le Poing Levé, ainsi que différents comités Palestine, ont impulsé une occupation. Une centaine d'étudiants mobilisés ont installé un campement dans la cour d'honneur de la faculté pour revendiquer la rupture des partenariats avec les entreprises complices du génocide, le retrait de la loi Yadan, ainsi que la relaxe pour les militants réprimés. Un rassemblement de soutien avec l'occupation s'est tenu dans le même temps à l'extérieur du bâtiment. Cassandra, étudiante à Paris 1 et militante au Poing Levé présente dans l'occupation, expose sans détours les objectifs de la mobilisation : « la fin du génocide en Palestine, de la guerre en Iran et au Liban [...] repose sur les épaules des étudiant-es à l'international [et] des travailleur·euses comme ceux d'Italie ».

Des étudiants d'autres établissements parisiens se sont aussi mobilisés : l'école d'ingénieurs Centrale Supélec a été bloquée, et les étudiants de Sciences Po ont lancé l'occupation d'un amphithéâtre. Mais ces manifestations de solidarité avec la Palestine ont très rapidement été réprimées. Les directions d'université n'ont pas hésité à faire appel à la police, qui est rentrée sur les campus pour expulser de force les étudiants mobilisés.Ces interventions brutales se sont accompagnées de plusieurs interpellations, ainsi que des amendes allant jusqu'à 400 €.
Cette répression a aussi eu lieu dans les universités où la mobilisation était encore en train de s'organiser : à Paris 8, la présidence de l'université a tenté, dans un cas de censure inédit, d'empêcher la tenue ce mercredi d'une assemblée générale contre la loi Yadan. Par cette répression honteuse, les présidences préparent d'ores et déjà le terrain à l'application de la loi et veulent empêcher les étudiants de montrer leur colère contre le génocide et la colonisation.

Des actions organisées sur plusieurs campus dans toute la France

Cette répression s'abat alors que des actions ont également lieu sur plusieurs campus partout dans le pays pour exprimer la solidarité avec la flottille. À Marseille, le Poing Levé était présent au rassemblement au port de l'Estaque pour le départ des bateaux de la Thousand Madleens to Gaza, qui rejoindront ceux de la Global Sumud Flotilla en haute mer. À cette occasion, le matériel récolté lors d'une collecte organisée sur la fac d'Aix-Marseille a été distribué aux militants embarquant sur les bateaux. Anouk, militante à la CGT Educ présente lors de l'action a appelé à « construire la solidarité à terre » avec la flottille, dans laquelle les sections syndicales combatives peuvent jouer un rôle important.

À Toulouse, ce lundi 13 avril, les différentes organisations étudiantes étaient mobilisées au Mirail pour appeler à un grand village internationaliste le 7 mai prochain. Un lâcher de banderole unitaire a eu lieu en ce sens, ainsi que pour dénoncer la loi Yadan et la criminalisation du soutien à la Palestine. Le même jour à Strasbourg, le Poing Levé tractait sur le campus un article sur la flottille afin de discuter avec les étudiants de l'importance de se mobiliser largement contre l'impérialisme et le génocide sur nos lieux d'études. Un grand collage était également organisé le midi pour recouvrir la fac d'illustrations de soutien à la flottille et à l'Iran, au Liban et la Palestine.

Enfin, une campagne de photos de solidarité avec Raphaël et Clara, étudiants aux beaux-arts de Paris réprimés pour leur mobilisation pour la Palestine, s'est tenue, ainsi qu'à Paris 8, afin d'exprimer une large solidarité dans la jeunesse face à ce tournant répressif.

La loi Yadan, que l'Assemblée examniera ce jeudi 16 avril, deviendra un outil supplémentaire dans l'arsenal de l'Etat pour criminaliser lé dénonciation du génocide et le soutien avec la Palestine. Depuis plusieurs années maintenant, les universités sont devenues les relais directs de cette offensive. Annulations de réunions et d'assemblées sur le sujet, interdiction de tenir des tables ou d'inviter des membres de la flottille sur les campus : les directions d'universités usent de tous les moyens pour faire taire les voix pro-palestiniennes. L'entrée de la police sur les campus, autrefois considérée comme un tabou, s'est banalisée : plusieurs autres actions à la Sorbonne avaient donné lieu à une intervention immédiate de la police, comme lors d'une tentative d'occupation en mai 2024, lors de laquelle 88 étudiants avaient été interpellés.

Tandis que Trump étend la logique génocidaire à l'Iran et qu'Israël tue et déplace des milliers de personnes au Liban, il est vital de se mobiliser massivement en solidarité avec une initiative comme la flottille et avec l'ensemble des peuples opprimés. Mais il est d'autant plus urgent de construire partout, à commencer par les lieux d'études, un large mouvement anti-impérialiste, en renouant avec la vaste tradition de lutte du mouvement étudiant et en s'inspirant de la mobilisation massive des dockers de Gênes et de la jeunesse italienne en octobre. Mettre sur pied un tel mouvement exige par ailleurs de faire bloc dès maintenant face à la répression des mobilisations et des militants, et d'affirmer haut et fort que la police n'a rien à faire dans nos universités. Le Poing Levé appelle en ce sens à participer aux actions organisées et à élargir la mobilisation partout où cela est possible.

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