Amiante à la station Gallieni : Solidaires RATP dénonce la gestion de la direction et les risques sanitaires
Wed, 15 Apr 2026 20:39:11 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalLa fermeture de la station Gallieni du 8 avril au 12 mai met au jour une exposition à l'amiante connue depuis des mois. Derrière le discours officiel, le syndicat Solidaires dénonce une gestion opaque qui a exposé travailleurs et usagers à un risque sanitaire majeur.

La RATP a annoncé le mois dernier qu'à compter du 8 avril 2026, la station Gallieni serait fermée pour des « travaux de modernisation ». En réalité, c'est plutôt la présence d'amiante, identifiée dès janvier par le syndicat Solidaires RATP, qui pousse la régie à fermer la station. Des « sacs logotés "A" (pour Amiante) », remarqués sur les quais, avaient alerté les agents. Jusqu'en mars, le syndicat, qui avait documenté la situation, n'avait reçu aucune réponse. Pendant des semaines, travailleurs et usagers ont continué à circuler dans un espace potentiellement contaminé, sans information claire ni protection adaptée.
L'enquête du syndicat met en évidence des matériaux dégradés, du carrelage abîmé et de la colle amiantée visible. Leur détérioration libère des fibres invisibles qui se dispersent dans l'air, se déposent sur les vêtements, les cheveux ou les objets, et peuvent être transportées jusqu'aux domiciles. L'Institut National de Recherche et de Sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (INRS) rappelle que cette exposition peut provoquer des cancers du poumon, des mésothéliomes ou encore l'asbestose, sans seuil de sécurité identifié. L'Assurance Maladie confirme que toute présence dans une zone contaminée constitue un risque réel d'exposition.
Le problème ne se limite pas à la présence d'amiante, mais à la manière dont la direction de la RATP a géré celle-ci. L'information a été retenue, la réaction a été tardive, et les mesures annoncées restent partielles. Le désamiantage ne concerne qu'une partie de la station alors que les matériaux touchés semblent bien plus étendus. Gallieni est un point de passage majeur en Île-de-France, fréquenté chaque jour par des milliers d'usagers.
Si un service de prévention et une planification à la hauteur était mis en place, ce qui aurait pu être traité comme un risque professionnel ne serai pas devenu un problème de santé publique. De plus, comme le fait savoir Solidaires RATP, aucune mesure, comme « la reconnaissance de l'exposition au poste de travail » et « le préjudice d'anxiété », n'a été mise en place par la direction. L'exposition répétée, même de courte durée, interroge sur les conséquences à long terme. L'amiante provoque encore aujourd'hui des milliers de décès chaque année.
Ce qui se passe à Gallieni n'est pas un accident isolé. C'est le produit d'un fonctionnement où les alertes des travailleurs sont ignorées tant qu'elles ne menacent pas directement l'image de l'entreprise, et où les décisions n'interviennent qu'une fois le risque devenu impossible à dissimuler. Dans cette logique, la santé passe après la gestion du coût et de la communication.
Finalement, ce sont les travailleurs qui ont révélé la situation, contre le silence de la direction. Ce sont eux qui peuvent imposer la transparence, les contrôles et les mesures nécessaires. La question n'est pas seulement Gallieni, mais tout un système où les mêmes mécanismes se répètent ailleurs. Plus que jamais, il faut réclamer la fin de l'ouverture à la concurrence et le recours à la sous-traitance. Sans mobilisation collective, ces scandales continueront. La seule réponse, c'est l'organisation des travailleurs et des usagers pour imposer des conditions qui protègent réellement la santé de tous, travailleurs comme usagers.
