Lyon : contre le militarisme dans l'éducation et la santé, réunion publique RP le 28 avril à Vénissieux
Tue, 14 Apr 2026 22:44:11 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalContre les offensives qui frappent l'éducation et la santé, Révolution Permanente appelle les travailleurs et la jeunesse de ces secteurs à se réunir pour discuter et s'organiser à l'occasion d'une réunion publique le mardi 28 avril à 18h30 à la salle Marcel Sembat de Vénissieux.

Alors que les travailleurs de la santé et de l'éducation subissent des attaques austéritaires depuis plusieurs années, ils sont également touchés de plein fouet par l'offensive militariste. Pour préparer la société et les esprits à la guerre, l'État veut faire de nous des agents de la militarisation, au détriment des conditions de travail. Face à cela, il faut s'organiser pour nos droits et pour des services publics au service de la population, organisés par les travailleurs et les usagers. Face à ces attaques il est urgent de construire un grand mouvement anti-militariste et anti-impérialiste conséquent. C'est dans cette optique que nous invitons les personnels de santé, personnels éducatifs et lycéens à se réunir lors de notre réunion publique le 28 avril pour débattre de ces enjeux et de la façon d'organiser la riposte depuis ces secteurs.
En France et à l'international, les impérialistes nous préparent à la guerre
Le gouvernement français accélère sa politique militariste en augmentant toujours plus les budgets de l'armée. Fin mars, Sébastien Lecornu a annoncé 8,5 milliards supplémentaires pour l'achat de munitions, qui s'ajoutent aux 16 milliards déjà prévus par la Loi de programmation militaire (LPM) 2030. Même cette loi adoptée en 2023, qui organisait déjà une hausse massive des dépenses militaires sur 7 ans, est donc désormais jugée insuffisante. Le gouvernement prévoit de l'actualiser et a déjà augmenté les crédits militaires de 7 milliards dans le budget 2026, soit le double de ce qui était initialement prévu. Une mesure qui s'inscrit dans un contexte international marqué par une hausse des dépenses militaires sans précédent depuis la fin de la guerre froide et par une intensification des conflits armés. Les grandes puissances sont en effet de plus en plus promptes à recourir à la violence pour défendre leurs intérêts et imposer leur domination.
Cette surenchère s'accompagne d'un durcissement des discours et des mesures militaristes pour préparer les esprits, les corps et les infrastructures à la guerre. En novembre dernier, le chef d'état-major des armées affirmait que les Français devaient être « prêts à sacrifier leurs enfants pour défendre la patrie ». En mars, Emmanuel Macron déclarait à propos de la dissuasion nucléaire que « pour être libre, il faut être craint, et que pour être craint, il faut être puissant ». Le Service national universel (SNU), inauguré en 2019 comme outil de mise au pas de la jeunesse, a préparé le terrain au retour du service militaire. lI a en ce sens annoncé la mise en place d'un service national, pour l'instant sur la base du volontariat, pour les 18–25 ans en échange de contreparties pour surfer sur la précarité des jeunes. Ce dispositif, dont le coût est estimé à 2 milliards d'euros pour 2026, vise à enrôler plusieurs milliers de jeunes, avec un objectif de 50 000 conscrits d'ici 2035.
Les impérialistes nous entraînent dans un monde toujours plus dangereux et violent, comme le montre l'agression américano-israélienne contre l'Iran et le Liban, mais aussi le coup d'État colonial des États-Unis au Venezuela. La France veut se servir de la militarisation pour contrer son déclin dans son « pré carré » africain, et maintenir ses zones de domination à travers le monde. Dans ce contexte, la politique militariste s'accompagne d'une austérité payée par les classes populaires, alors que dans le budget 2026, l'armée est le seul poste qui voit ses crédits augmenter, alors que le budget total est amputé de 17 milliards d'euros.
Pour financer la guerre, l'austérité dans la santé et l'éducation
Une surenchère de dépenses militaires qui tranche avec le discours ambiant sur le déficit budgétaire et la prétendue nécessité d'appliquer une politique d'austérité. En effet, les services publics ont été particulièrement visés par les coupes budgétaires. En tenant compte de l'inflation, le budget de l'éducation a baissé de 1,4 %, ce qui va continuer d'accabler une école déjà malmenée. Cela va se traduire par une suppression de plus de 4000 postes dans le primaire et le secondaire, alors même que les classes françaises sont déjà les plus surchargées d'Europe. Une baisse de 30 % de l'enveloppe de l'apprentissage est également sur la table, ce qui revient à faire payer la crise aux jeunes en formation. Cette cure d'austérité intervient alors que l'école est dans un état déplorable, avec un manque criant de personnel comme les AESH, mais aussi des infrastructures vétustes ne permettant pas d'accueillir correctement les élèves et le personnel éducatif, comme on a pu le voir à Toulouse avec des classes à moins de 8°C cet hiver ou au Mans avec des invasions de cafards.
La santé est bien sûr elle aussi particulièrement visée par l'austérité de ce budget, avec une coupe de 7 milliards d'euros, cyniquement quasi-équivalente à la hausse du budget de l'armée. Cela se traduit déjà par la baisse de la prise en charge par la Sécurité Sociale de soins dans les hôpitaux. Le forfait journalier hospitalier, le forfait patient urgence et la participation forfaitaire vont augmenter, avec une hausse de 33 % pour cette dernière qui concerne les soins lourds ou coûteux. Ce sont donc les plus précaires, et en premier lieu les 2,5 millions de personnes n'ayant pas accès à une mutuelle, qui en pâtiront le plus. D'autant que ces augmentations risquent d'entraîner une hausse du prix des complémentaires, que le gouvernement prévoit en plus de taxer davantage. Au-delà de ces attaques sur les remboursements, la baisse du budget de la santé coupe court à tous les investissements dont l'hôpital a besoin pour endiguer la dégradation de la qualité de travail des personnels et de la prise en charge des patients.
La saignée budgétaire vise donc particulièrement l'éducation et la santé, des secteurs déjà en manque de moyens et en difficultés croissantes, au profit de l'augmentation du budget de l'armée, pour financer les guerres des bourgeoisies impérialistes, sur le dos des travailleurs et de la population. Plus particulièrement dans la santé ces coupes accentuent la pénurie et accélèrent la privatisation du secteur, ce qui ne peut que renforcer le désastre à venir.
La santé et l'école au service de la militarisation
Mais en plus de couper dans le budget des services publics pour financer la guerre, la bourgeoisie veut mettre l'hôpital et la santé au service de l'offensive militariste. En juillet dernier, le ministère de la Santé adressait une note aux ARS leur demandant de préparer l'hôpital à accueillir des milliers de blessés en cas de conflit de haute intensité d'ici mars 2026. La ministre de la santé appelait les soignants à s'inscrire au Service de Santé des Armées, à se former à la « prise en charge des troubles post-traumatiques » et à se préparer aux « contraintes d'un temps de guerre ».
Cette orientation se concrétise d'ores et déjà sur le terrain. À Lyon, le 30 mars, l'opération Orion, un exercice militaire de simulation de crise s'est tenu à l'hôpital Édouard Herriot, mobilisant 500 étudiants et introduisant directement la propagande militariste au cœur de l'hôpital et de l'université.
En novembre dernier, c'est le ministère de l'Éducation Nationale qui publiait le guide « Acculturer les jeunes à la défense » pour inciter les établissements à généraliser les dispositifs familiarisant les élèves à l'institution militaire, les encourager à s'orienter vers les métiers de la défense, et faire infuser « l'esprit de défense » dès le plus jeune âge. Il préconise notamment une présence accrue de l'armée dans les établissements scolaires et encourage fortement ceux-ci à orienter les élèves de troisième vers des stages d'observation au sein de l'armée. On observe également la multiplication des « classes défense », ou encore la présence de stands de l'armée directement dans les écoles. Sous couvert de « faire découvrir des métiers », le but est d'orienter les jeunes, dès le collège, vers l'armée. L'école, déjà vecteur central de la diffusion du roman national guerrier et colonialiste, devient un véritable lieu d'embrigadement. Enfin, le nouveau « service national volontaire » est prévu pour s'insérer dans le parcours éducatif, avec intégration dans Parcoursup et potentiel octroi de crédit ECTS. Les jeunes des filières professionnelles et technologiques et les élèves des REP et REP + sont particulièrement visés par cette propagande.
Dans l'éducation comme dans la santé, c'est donc la même dynamique qui est à l'œuvre. Ces services publics essentiels subissent une austérité brutale que le gouvernement justifie en partie par la nécessité de financer l'armée. Dans le même temps, on demande d'en faire toujours plus avec toujours moins de moyens. Les soignants et le personnel éducatif devraient se mettre au service de la militarisation, que ce soit pour recruter la chair à canon de demain ou pour se préparer à la rafistoler quand viendra la boucherie.
Répression et dégradation des conditions de travail
La poussée militariste s'accompagne inévitablement d'une mise sous pression croissante des personnels de la santé et de l'éducation. Ceux-ci sont pris en étau, avec d'une part la dégradation de leurs conditions de travail : ils doivent faire toujours plus avec toujours moins de moyens, des salaires qui stagnent, des pratiques managériales toujours plus brutales. D'autre part, la dégradation de la qualité des services qu'ils sont censés rendre dans ces conditions, la montée d'un sentiment d'impuissance à remplir leur mission voire le sentiment de maltraiter les élèves ou les patients. Les conséquences de tout cela sont autant le mal-être des travailleurs que l'abandon, la négligence ou la maltraitance des usagers, avec parmi les exemples les plus choquants la multiplication des cas de décès aux urgences liés à des manquements dans la prise en charge, ou la gestion catastrophique des violences sexistes et sexuelles dans les écoles.
Face à cet état de crise, les mobilisations naissent et se multiplient. Rien qu'à Lyon, trois services d'urgence se sont mis en grève depuis le mois de février dans les hôpitaux Edouard-Herriot, Lyon Sud et Croix-Rousse, n'obtenant pourtant que des miettes face à des directions sourdes aux revendications. De nombreux lycées ont également été bloqués contre l'austérité et très sévèrement réprimés, comme le Lycée Saint-Exupéry à Lyon, ou à Marseille et au Havre.
L'État et les directions sont déterminés à étouffer toutes les mobilisations pour forcer le passage de l'austérité, mais les pratiques répressives s'étendent aussi dans le quotidien des travailleurs et des élèves, comme on l'a vu avec la chasse aux calots par l'AP-HP, ou encore les attaques qui s'intensifient sur le port du voile, notamment sur la jeunesse. Ces offensives racistes s'inscrivent dans une volonté de contrôle des corps et de discipline des personnels. Des pratiques de plus en plus autoritaires sont utilisées pour contraindre les personnels éducatifs et soignants à prendre sur eux pour maintenir le niveau de services malgré les conditions dégradées. Mais cette répression sert aussi à intimider pour empêcher toute contestation, et formater des travailleurs et une jeunesse dociles et corvéables à merci, jusqu'à en faire de la chair à canon.
Face au projet de Macron et de la bourgeoisie de nous préparer à la guerre et au rôle central des travailleurs de la santé et l'éducation dans cette offensive, nous devons nous organiser contre le militarisme sur nos lieux de travail. A la fois pour lutter pour nos droits, contre des mesures qui aggravent nos conditions de travail, et contre leur projet pour les services publics. A l'inverse, nous voulons défendre des services publics au service de la population, gérés par les travailleurs et les usagers. Seule une riposte massive basée sur l'auto-organisation des travailleurs et de la jeunesse est en mesure d'apporter une réponse à la hauteur des enjeux. Il faut dès à présent construire un large mouvement anti-militariste et anti-impérialiste pour s'opposer à leur projet destructeur et mortifère.
Ne laissons pas le militarisme gagner du terrain, venez discuter et vous organiser avec Révolution Permanente lors de notre réunion publique. Rendez vous le mardi 28 avril à 18h30 à la salle Marcel Sembat à Vénissieux.