« Revenir à 1,50 € par litre » : grève des raffineurs de Total pour plafonner les prix et pour les salaires
Tue, 14 Apr 2026 22:13:43 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalCe mardi 14 avril, des travailleurs dans plusieurs raffineries étaient en grève à l'appel de la CGT, pour dénoncer les « les profits de guerre » du géant français, et exiger un plafonnement des prix du carburants à 1,50 € par litre et des augmentations de salaire.

Les sites Total de la Mède, Grandpuits, Oudalle, et la plateforme Normandie étaient en grève ce mardi 14 avril, contre la hausse des prix du carburant et pour l'augmentation des salaires. À la raffinerie de Total Normandie, la plus grande raffinerie de France, les travailleurs se sont rassemblés en assemblée sur le piquet pour voter la grève. L'occasion de discuter à la fois de la situation internationale guerrière qui coûte à la classe ouvrière partout dans le monde, et de revenir sur les conditions de travail et de vie qui se dégradent, tandis que le géant pétrolier a fait des profits records de 1 milliard de dollars rien qu'au mois de mars.
Comme l'explique Julien, élu CGT et gréviste : « Ce qu'on demande c'est de revenir à 1,50 € par litre, que Total et que les autres grosses multinationales du pétrole arrêtent de profiter de la guerre et arrêtent de hausser les prix. »
Dans l'assemblée générale, David, élu CGT, est intervenu pour rappeler l'ampleur de l'impact de la hausse des prix : « Non seulement vous êtes des salariés de Total, mais vous êtes aussi les consommateurs qui payaient cher à la pompe. » Une situation qui frappe particulièrement les travailleurs précaires : « à Total, il n'y a pas que les salariés, il faut parler des précaires du groupe, des sous-traitants : face aux prix qui explosent, il faut que tous les salaires augmentent. » En effet, les revendications de la CGT se résument simplement : plafonnement du carburant à 1,50, investissement massifs dans la maintenance, la sécurité, et les embauches face aux dégradations des conditions de travail, et des augmentations salariales.
« Il y a une forme de racket par Total », dénonce Alexis Antonioli, de la CGT Total Normandie, qui lie aussi la mobilisation à des enjeux politiques plus large, notamment contre l'agression impérialiste en Iran. « Il y a un enjeu de discuter de quelle société on veut pour nos gamins. On sait que cette militarisation de la société elle se fait contre les travailleurs. »
🔴 « Faut parler des précaires du groupe, des sous-traitants : face aux prix qui explosent, il faut que tous les salaires augmentent ! » - 📢 David, élu CGT à l'AG des grévistes des raffineurs de Total Normandie pic.twitter.com/GIlKxh7j9H
— Révolution Permanente (@RevPermanente) April 14, 2026
À la raffinerie de Grandpuits, une vingtaine travailleurs ont débrayé la journée, et 100% des travailleurs en CDI ont été en grève sur le quart de l'après-midi. Une première depuis cinq ans, permettant aux grévistes de se relayer.
Alors que les prix continuent de flamber, la grève des raffineurs montre la voie à suivre face à la guerre impérialiste en Iran. Le blocage du Détroit d'Ormuz annoncé par Donald Trump pourrait encore aggraver la situation de la population iranienne, déjà asphyxiée par les sanctions depuis plus de 50 ans, et déclencher une nouvelle crise économique mondiale, dont la bourgeoisie ne manquera pas de faire payer le coût aux travailleurs. Comme en Irlande, où une mobilisation massive contre l'inflation a fait reculer le gouvernement, les travailleurs ont les armes pour s'affronter à l'inflation et aux profits de guerre. Alors que la guerre s'invite sur le terrain social, il y a enjeu à construire une réponse large contre les politiques impérialistes qui tuent des milliers de personnes en Iran et au Liban et en font payer le prix aux classes populaires partout.