Répression : la présidence du Mirail appelle la police pour briser la mobilisation contre l'austérité
Tue, 14 Apr 2026 19:28:19 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalCe mardi midi, la présidence du Mirail a appelé la police et fait appel à une entreprise de sécurité privée pour réprimer violemment un rassemblement contre les coupes de budgets inédites à la fac, appelé devant le bâtiment de la présidence par la dernière AG. Face à la violence de la répression, les étudiants ont organisé une grande déambulation dans l'établissement et sont allés dans les cours informer les étudiants et les professeurs.

Après une matinée conviviale, débutée par des tours d'amphis et un atelier pancarte, un rassemblement était appelé ce mardi midi devant le bâtiment de la présidence du Mirail, dans le cadre de la mobilisation contre l'austérité qui secoue l'université depuis plusieurs semaines. En arrivant aux abords du bâtiment, étudiants, BIATSS et professeurs mobilisés se sont retrouvés nez à nez avec les agents d'une société de sécurité privée, recrutés spécialement par la présidence pour réprimer la mobilisation aux côtés de l'équipe de sécurité habituelle.
Les nervis, pour l'embauche desquels la présidence n'a pas hésité à débourser plusieurs milliers d'euros, avaient clairement pour mission d'intimider les personnes rassemblées et de faire usage de violence pour les empêcher d'accéder au bâtiment comme ils avaient réussi à le faire la semaine dernière. Dans une vidéo du Le Poing Levé, on entend l'un des agents de sécurité asséner à un étudiant « je vais pas faire ça à la fac mais on se retrouve après, je vais te défoncer en dehors de la fac ». Face aux étudiants qui tentaient d'ouvrir les portes de la présidence pour accéder à l'intérieur du bâtiment et exiger que la direction de l'université se positionne contre les coupes de budgets, les agents de sécurité n'ont pas hésité à faire usage de violence, poussant brutalement, menaçant et insultant les étudiants.
Pire encore, quelques minutes après le début du rassemblement, des policiers, gazeuse au poing, ont déboulé sur le campus, appelés par la présidence de l'université. Une réaction inédite face à un envahissement de ses locaux, démontrant toute la radicalité dont est prête à faire usage la présidence pour empêcher les étudiants et personnels d'exprimer leur mécontentement face à l'austérité et pour éviter d'avoir à s'expliquer sur ses politiques ultra-austéritaires.
S'il en fallait encore une, voilà la preuve définitive du camp dans lequel la présidence du Mirail a décidé de se placer. Elle qui applique depuis des mois les exigences ultra-austéritaires du gouvernement et prétend dans le même temps n'y être pour rien, a démontré aujourd'hui que la seule réponse dont elle est capable est celle de la force et de la répression policière. En effet, si la présidence n'hésite pas à expliquer à qui veut l'entendre que nous serions tous dans le même bateau, elle est bien silencieuse depuis que le mouvement a débuté. Pas le moindre signe de dialogue, pas même le moindre mail pour s'exprimer sur la situation. Quand c'est finalement les étudiants et le personnel qui viennent à elle, elle est soudain extrêmement réactive et le déficit budgétaire n'est à ce moment là plus un obstacle pour embaucher une entreprise de sécurité privée destinée à brutaliser les personnes mobilisées.
Un épisode qui n'est pas sans rappeler l'effacement, il y a quelques mois, du drapeau palestinien peint par les étudiants dans l'allée du Mirail, pour lequel la présidence avait recruté en un temps record une entreprise privée de nettoyage. Ou encore lorsqu'elle avait appelé la police pour déloger les étudiants mobilisés au sein d'un bâtiment de la fac contre la réforme des retraites. Une présidence qui malgré son jeu de façade, marche dans les plates bandes de la politique de Macron qui veut appliquer l'austérité et faire payer la crise aux plus précaires, et réprimer toutes les voix contestataires notamment les soutiens à la Palestine. Dans un contexte de répression des soutiens à la Palestine, il est nécessaire de faire front contre les offensives dans les écoles comme aux Beaux-Arts ou encore la Loi Yadan qui sera examinée ce jeudi et qui vise à museler les militants pro-palestiniens.
Face à cette répression brutale, étudiants et personnels ont refusé de courber l'échine. Le rassemblement s'est mué en déambulation collective dans l'établissement avec un objectif simple : mettre un maximum d'étudiants et de personnels au courant de ce qui venait de se passer. En plus de nombreux chants de slogans, les personnes mobilisées sont donc allées discuter avec l'ensemble des étudiants présents dans les allées de l'université pour la pause déjeuner.
Il est fondamental de montrer à la présidence qu'elle ne peut pas nous réprimer de la sorte et faire appel à la police sur notre fac impunément. Pour discuter des suites du mouvement et de prochaines actions et riposte, soyons nombreux ce jeudi 16 avril à l'assemblée générale du Mirail ! Un rassemblement qui sera l'occasion de s'informer, préparer la suite et montrer notre opposition à la Loi Yadan, traitée à l'assemblée nationale le même jour !