« Elle doit être votée » : Hollande réaffirme son soutien à la loi Yadan qui réprime la solidarité avec Gaza
Mon, 13 Apr 2026 20:14:53 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalAlors que des milliers de manifestants se sont mobilisés contre la loi Yadan dans toute la France ce week-end, et que la pétition approche les 700 000 signatures, François Hollande a renouvelé dimanche son soutien au texte sur BFMTV. Une annonce qui n'est pas une surprise venant d'un soutien historique de l'État d'Israël et de la répression du soutien à la Palestine.

Invité ce dimanche sur BFMTV, François Hollande a renouvelé son soutien à la proposition de loi Yadan. L'ancien président a déclaré : « Je suis favorable à ce qu'elle soit corrigée et, si elle est corrigée, elle doit être votée ». Mais si Hollande prétend hypocritement être attentif au débat public et à la sauvegarde de la liberté d'expression, il exprime pourtant très clairement l'idée du texte : « Il s'agit de sanctionner la mise en cause d'un État ».
En effet, très loin d'avancer la lutte contre l'antisémitisme, ce texte inscrit dans la loi l'amalgame dangereux entre antisionisme et antisémitisme pour réprimer toute critique de l'État colonial. Au-delà de son utilisation du concept de « nouvel antisémitisme », utilisé par les néoconservateurs français pour justifier les offensives islamophobes du gouvernement, la loi Yadan associe tous les juifs aux crimes commis par Israël tout en blanchissant l'extrême droite de son antisémitisme passé et présent.
En effet, la loi Yadan revient à faire du soutien inconditionnel à l'État d'Israël, à l'instar de la visite de Jordan Bardella en Israël, une preuve par la négative que des partis fondés par des Waffen-SS, comme le Rassemblement national, auraient rompu avec leur antisémitisme viscéral. Une dynamique exemplairement illustrée par la participation de l'extrême droite à la marche contre l'antisémitisme en novembre 2023, à laquelle le PS s'était joint tout en justifiant l'offensive lancée par le gouvernement contre les soutiens de la Palestine.
Le soutien de certains députés du Parti socialiste est loin d'être une surprise, puisque parmi les 120 députés ayant signé la proposition de loi se trouvaient déjà François Hollande, Jérôme Guedj et d'autres députés PS. C'est ensuite aussi grâce à l'abstention du PS que la proposition a été adoptée en commission des lois le 20 janvier, par 18 voix contre 16.
Au-delà de la loi Yadan, ce soutien aveugle à l'État d'Israël et à la répression des soutiens de la Palestine ne date pas d'hier pour le PS et pour Hollande. Après une promesse de campagne en 2012 de reconnaître l'État palestinien, le tandem Hollande-Valls exprimera son plein soutien à Israël lors de l'opération « bordure protectrice » en 2014 et interdira et réprimera les mobilisations de soutien à Gaza. En 2017 déjà, à un dîner du CRIF, Hollande se félicitait que la France soit le « seul pays à avoir une législation interdisant l'appel au boycott ». Le PS a aussi soutenu la loi contre l'antisémitisme à l'université visant à réprimer les étudiants mobilisés contre le génocide.
Olivier Faure a annoncé sous la pression de la mobilisation que le PS voterait contre ce texte à l'Assemblée, sans que l'on sache si l'ensemble du parti suivra la consigne. Un changement de braquet qui témoigne de la fébrilité du gouvernement et de ses soutiens face à un texte qui divise la majorité et suscite une opposition importante. Une brèche que doit utiliser le mouvement de solidarité avec la Palestine.
Alors que des milliers de personnes se sont mobilisées contre la loi Yadan ce week-end partout en France, et que la pétition approche les 700 000 signatures, il y a urgence à construire un front contre l'autoritarisme et le racisme d'État, mais aussi, plus largement, à dénoncer haut et fort la guerre des États-Unis et d'Israël contre l'Iran et le Liban et à apporter toute notre solidarité à la flottille qui partira de Barcelone ce week-end. Des combats dans lesquels le mouvement ouvrier a un rôle central à jouer, en alliance avec les organisations de solidarité avec le peuple palestinien et antiracistes, et avec tous ceux qui refusent l'offensive en cours.
Crédits photo : Capture d'écran BFMTV.