Bienvenue en France 2.0 : vers la fin de l'exonération des frais d'inscription pour les étudiants étrangers ?
Sat, 11 Apr 2026 18:49:18 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalD'après les informations du Poing Levé, le gouvernement préparerait la suppression totale des exonérations des frais d'inscription pour les étudiants étrangers. Une menace à prendre au sérieux, alors que de plus en plus de facs décident d'appliquer la loi raciste Bienvenue en France.

Selon des sources de plusieurs directions d'université et représentants syndicaux, le ministère serait en train de préparer un durcissement de la loi raciste « Bienvenue en France » qui empêcherait de pouvoir exonérer de frais d'inscription les étudiants étrangers. Pour rappel, cette loi de 2018 impose que les étudiants étrangers « extra-communautaires » (hors UE) paient 2.895€ en licence et 3.941€ en master. Des frais d'inscription exorbitants pour des étudiants souvent en situation de précarité extrême et impossibles à payer pour nombre d'entre eux, ce qui fait que de nombreuses universités exonèrent les étudiants étrangers de payer ces frais d'inscription différenciés. Or c'est à cette exonération que voudrait s'attaquer le ministère, selon plusieurs sources qui font état d'une réforme en préparation. Si aucune information officielle n'a été communiquée, cette menace est à prendre au sérieux compte tenu des attaques en cours contre les étudiants étrangers.
Tri raciste à l'université : l'austérité comme outil d'exclusion des étudiants étrangers
En effet, alors que l'austérité organisée par le gouvernement pousse les facs vers la faillite, avec des déficits croissants dans quasiment toutes les universités et des menaces de mises sous tutelle par le ministère, la pression budgétaire amène déjà les directions d'universités à reculer sur l'exonération des étudiants étrangers. C'est le cas par exemple de l'université de Lyon 2 et Aix-Marseille Université, qui depuis la rentrée 2025 n'appliquent plus le programme Bienvenue en France, expulsant de fait de nombreux étudiants étrangers des bancs de l'université.
Certaines facs, comme Paul Valéry à Montpellier appliquent également la mesure pour les étudiants étrangers redoublant, renforçant ainsi la pression scolaire et l'angoisse pendant les études. L'application de la mesure est particulièrement brutale, comme le montre la situation à Strasbourg, où des étudiants étrangers ont été exclus en cours d'année car ils n'ont pas réussi à payer l'intégralité des frais d'inscription. À l'Université Paris 1 cette attaque est également en préparation, face à laquelle les étudiants et doctorants se sont mobilisés en janvier dernier pour contester la suppression des exonérations. Envahissements de conseils, rassemblements et rétention de notes, la mobilisation a durement été réprimée par la direction de l'université, faisant intervenir la police sur le campus.
Alors que l'exonération est remise en cause dans plusieurs facs, le gouvernement pourrait être tenté d'aller plus loin, et de forcer l'application de Bienvenue en France partout. C'est un danger à prendre au sérieux, tant cette mesure représenterait une entrave drastique au droit d'étudier des étudiants étrangers, pour avancer vers le projet du gouvernement de fermer progressivement les universités aux plus précaires, aux enfants d'immigrés et aux étudiants étrangers. Déjà ciblés par la suppression des APL, mesure du nouveau budget validé par le Conseil Constitutionnel le 19 février, les étudiants étrangers font face à un véritable tri raciste, pour leur empêcher de facto l'accès à l'université.
De plus, une attaque contre les étudiants étrangers risque de préfigurer une offensive plus large sur les frais d'inscription pour tous. Une hausse généralisée des frais d'inscription est en effet recommandée dans un rapport ministériel d'octobre dernier et le gouvernement réfléchirait à des moyens de le faire appliquer.
L'austérité organisée par le gouvernement sert ainsi de cheval de Troie pour faire passer des attaques que la bourgeoisie demande depuis longtemps, pour revenir sur l'accès des classes populaires à l'université. Pour s'affronter à ce plan, il est central de ne pas laisser passer les augmentations de frais d'inscription pour les étudiants étrangers, lutter contre Bienvenue en France et la menace d'empêcher les exonérations. A l'image de la lutte menée à Paris 1, professeurs, doctorants, personnels administratifs et étudiants doivent faire front contre le tri raciste et la précarisation massive des étudiants, et lutter pour une université ouverte à toutes et tous, sans conditions de nationalité ou de revenu.