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À Sciences Po Bordeaux, les étudiant·es se mobilisent contre les VSS et la répression de la direction

Fri, 10 Apr 2026 21:43:28 CEST

Révolution Permanente

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Depuis plusieurs semaines, les étudiant·es de Sciences Po Bordeaux se mobilisent contre la mauvaise gestion des violences sexistes et sexuelles au sein de l'établissement. Alors que la direction de l'IEP tente de réprimer le mouvement, il doit continuer de se structurer et se lier à la mobilisation à Montaigne.

Mercredi 1er avril, les étudiant·es de Sciences Po Bordeaux ont bloqué leur établissement à l'issue d'une assemblée générale tenue sur le campus. Cette journée de mobilisation fait suite à une série de témoignages dénonçant l'inaction et l'opacité de la direction dans la gestion des violences sexistes et sexuelles au sein de l'IEP. En effet, celle‑ci a refusé de mettre en œuvre le plan de gestion des VSS voté en 2021, qui prévoyait notamment des rendez‑vous publics avec l'assemblée générale, et a finalement choisi de mettre en place un groupe de travail restreint et opaque. Un cadre que les étudiant·es accusent de canaliser les précédentes mobilisations sur la question sans leur apporter d'issue. À rebours, ils exigent un accompagnement effectif des victimes, des formations pour l'ensemble des membres de l'IEP mais surtout la mise en place d'une cellule de signalement indépendante de la présidence de Sciences Po.

Si le blocage s'est d'abord déroulé sans encombre, la situation a basculé lorsqu'un agent du Poste Central de Sécurité Incendie (PCSI) a insulté les étudiant·es mobilisés, avant de frapper l'un d'entre eux au visage.

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Dans la foulée, la répression s'est intensifiée, avec l'intervention illégale des forces de police nationale pour déloger le blocus, sans qu'elles n'aient été appelées par la direction. Par la suite, et cette fois-ci selon les étudiant·es, à la demande de la présidence, une dizaine de camions de CRS se sont déployés pendant plusieurs heures sur le site de l'IEP. Cette situation s'inscrit dans un contexte plus large de renforcement de la répression des mobilisations dans l'ensemble de l'enseignement supérieur, qui s'est particulièrement illustrée à Sciences Po contre le soutien des étudiant·es au peuple palestinien.

Si la mobilisation n'en est encore qu'à ses débuts, pour s'affronter à la répression et imposer les revendications elle devra mettre au centre la question de l'auto-organisation. Dans ce sens le mouvement doit se structurer sur le campus et convaincre les étudiant·es encore en retrait de rejoindre ce combat. De plus, la jonction avec la mobilisation des étudiant·es et personnel à Montaigne contre les coupes budgétaires apparaît décisive, alors que celle-ci fait aussi l'objet d'une répression conjointe de la direction et de la police. Une telle alliance serait un appui essentiel pour le mouvement à l'IEP alors que les étudiant·es de l'UBM avaient obtenu en 2024, à l'issue d'une lutte de plusieurs mois la mise en place d'une cellule de signalement des VSS indépendante de la présidence de la fac.

Plus profondément, c'est à travers des expériences où les différentes mobilisations se lient et se coordonnent qu'elles pourront entraîner d'autres universités à leurs côtés, reconstruire un mouvement étudiant capable de faire front contre les offensives austéritaires et répressives du gouvernement dans l'enseignement supérieur, et lutter pour une université débarrassée de l'ensemble des oppressions.

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