Mariona Tasquer, étudiante à Barcelone et membre du CRP-QI, embarquera sur la Global Sumud Flotilla
Fri, 10 Apr 2026 18:47:06 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalÉtudiante en histoire à Barcelone, elle a participé aux mobilisations de solidarité avec la Palestine ainsi qu'aux récentes grèves des universités. Elle milite au sein de l'organisation du Courant Révolutionnaire des Travailleurs (CRT), organisation sœur de Révolution Permanente dans l'État Espagnol.

Cet article est initialement paru sur le site Esquerra Diari, journal du CRT en Catalogne.
Le dimanche 12 avril prochain, la nouvelle Global Sumud Flotilla quittera le port de Barcelone en direction de Gaza. Pour cette nouvelle mission, près d'une centaine de bateaux et 2 000 participants se joindront aux flottilles au départ d'autres ports de la Méditerranée. En parallèle, un convoi terrestre se dirigera vers le poste-frontière de Rafah en partant de la Tunisie.
L'objectif reste le même : briser le blocus imposé par l'État d'Israël et dénoncer la complicité des différents gouvernements de l'UE dans le génocide du peuple palestinien. Les organisateurs dénoncent également les plans de réarmement européens, la guerre impérialiste contre l'Iran, déclenchée le 28 février, par Netanyahou et Trump, ainsi que la nouvelle offensive coloniale et génocidaire menée par Israël au Sud-Liban.
Mariona Tasquer sera l'une des plus jeunes participantes à la flottille. À seulement 20 ans, cette étudiante en histoire à la faculté du Raval de l'Université de Barcelone représente une partie de la jeunesse qui a fait de la lutte contre le génocide la cause de toute une génération. Pour Mariona, « il n'y a pas d'autre choix que de prendre parti et de s'organiser. Pour arrêter le génocide, nous devons lutter contre nos gouvernements complices, y compris le gouvernement espagnol, qui multiplie depuis des années les gestes symboliques et les discours, tout en poursuivant ses relations commerciales et diplomatiques et en maintenant des contrats avec l'industrie militaire israélienne ».
« Ce qui se passe à Gaza, en particulier depuis octobre 2023, a mis en évidence que le capitalisme et les différents États impérialistes n'ont à nous offrir qu'un avenir de barbarie » ajoute-t-elle. « Nous le voyons de nouveau ces jours-ci au Liban ou avec les menaces de Trump de vouloir effacer toute une civilisation en une seule nuit ». Une situation qui suppose d'agir : « Soit nous nous soulevons partout dans le monde, avec la classe ouvrière en tête, comme l'ont montré les dockers de Gênes, soit il n'y aura d'avenir ni pour ma génération ni pour personne. Nous, la classe ouvrière, celle qui fait tourner le monde, nous pouvons arrêter la machine de guerre et commencer à construire un monde nouveau. »
Mariona milite au sein de l'organisation de jeunesse Contracorrent, du collectif féministe Pan y Rosas et du Courant Révolutionnaire des Travailleurs (CRT). Elle fait aussi partie, au niveau international, du Courant Révolution Permanente (dont fait partie Révolution Permanente en France), aux côtés d'autres participants de la flottille, comme Leandro Lanfredi, travailleur du secteur pétrolier et militant du Mouvement Révolutionnaire des Travailleurs (MRT) au Brésil, ainsi qu' Iara Salerno, médecin et militante du Parti des Travailleurs Socialistes (PTS) en Argentine.
Son engagement dans le mouvement étudiant catalan est constant depuis le lycée. Ces dernières années, à l'université, elle a participé activement au mouvement de solidarité avec la Palestine. Elle a pris part aux campements du printemps 2024 qui ont contraint la présidence de l'Université de Barcelone à rompre avec des institutions liées à Israël, ainsi qu'aux grèves et manifestations de septembre et octobre 2025 en soutien à la flottille et contre le génocide.
Elle embarquera au sein de la délégation catalane, qui compte également des enseignants, des animateurs, des soignants et des militants, aux côtés desquels elle s'est mobilisée ces derniers mois. Née à Santa Coloma de Gramenet, une ville ouvrière de l'aire métropolitaine de Barcelone, Mariona est issue d'une famille de travailleurs et a concilié ses études d'histoire avec des emplois, dans l'animation ou comme caissière dans un supermarché, témoignant des conditions de vie précaire d'une grande partie de la jeunesse espagnole, contrainte de travailler pour pouvoir poursuivre des études
Elle a également pris part aux mobilisations pour le droit au logement, contre l'extrême droite, en solidarité avec des luttes ouvrières, ou pour l'éducation, comme les récentes grèves de l'éducation en Catalogne. Pour elle, « ce ne sont pas des luttes séparées : nos ennemis sont une minorité sociale qui est à l'origine des principaux problèmes, ici comme à l'international. Quand nous luttons contre les grands propriétaires, beaucoup relèvent de capitaux israéliens. Ainsi, le groupe bancaire Banco Santander, qui détient un record d'expulsions locatives, figure parmi les institutions financières les plus liées à la course à l'armement ».
Lors des dernières grèves de l'éducation, explique-t-elle, « je discutais avec de nombreuses enseignantes ou travailleuses de l'éducation, comme des AESH ou des animatrices. Il devient de plus en plus clair pour beaucoup qu'il existe un lien entre l'escalade militariste et les attaques contre nos conditions de vie ». Selon elle, « si l'on regarde la lutte pour la défense des services publics, comme les grèves de l'éducation elles-mêmes, il est impossible de dissocier la diminution croissante du financement de l'école publique des plans de dépenses extraordinaires pour l'achat d'armes approuvés par les gouvernements dits “progressistes” ces quatre dernières années ».
Quand on l'interroge sur la mission de la flottille et l'objectif de briser le blocus, Mariona Tasquer répond avec conviction : « C'est ce que nous allons essayer de faire, même si nous savons que l'État d'Israël et ses alliés voudront nous en empêcher, comme lors des précédentes tentatives. Mais ce que nous faisons en mer doit surtout servir à provoquer la même chose sur terre qu'en septembre dernier : que la classe ouvrière et les peuples du monde se soulèvent, en particulier dans les pays impérialistes. Il faut un grand mouvement international contre le génocide et les guerres impérialistes. Si l'exemple de la classe ouvrière italienne se propage, les grèves pour la Palestine ou contre le réarmement, ou encore les grèves ici dans l'éducation ou au Pays basque en octobre… alors nous serons plus près d'arrêter la course vers la barbarie et, comme le dit le refrain de L'Internationale, de “changer la base du monde”. »
Crédits photo : Esquerra Diari