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« Bouton d'alerte », 740 000 contrôles : le gouvernement attaque une fois de plus les arrêts maladie

Fri, 10 Apr 2026 19:13:44 CEST

Révolution Permanente

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Le gouvernement lance un plan contre l'« absentéisme » au travail, avec contrôles renforcés et « bouton d'alerte » pour les employeurs. Derrière la prétendue « lutte contre les abus », ces mesures s'inscrivent dans une logique d'austérité et de dégradation des conditions de travail.

Le gouvernement a annoncé ce 9 avril un « plan destiné à lutter contre l'absentéisme au travail ». S'il inclut quelques clauses, particulièrement floues, censées aider à la prévention des risques sanitaires, le gros du projet vise avant tout à faciliter la surveillance et la répression des employés. En effet, le gouvernement reprend tel quel le discours du MEDEF, affirmant qu'il faudrait « lutter contre les abus » et « mettre fin aux arrêts de complaisance ». Avec un discours infantilisant, le gouvernement propose donc de lutter contre cet « absentéisme » en renforçant le nombre de contrôles, qui s'élèveront à 740 000 en 2026 et en mettant en place un « bouton d'alerte » sur le site de l'Assurance-maladie, permettant « en un clic » aux employeurs de dénoncer un arrêt maladie « suspect ».

Le 7 avril, une loi interdisant les seconds renouvellements d'arrêts maladie en téléconsultation et permettant aux médecins des employeurs de faire invalider les arrêts des salariés avait déjà été votée.
Des mesures répressives, qui visent à faire des économies sur le dos des travailleurs, au prix de leur santé, et à renforcer le pouvoir du patronat. Le plan répond, selon le gouvernement, au fait que le nombre d'arrêts maladie aurait augmenté de 50% ces cinq dernières années. Mais derrière la rhétorique patronale autour d'une supposée hausse de la fraude se cache en fait une réalité toute autre : la dégradation brutale des conditions de travail, de vie et d'accès à la santé des classes populaires françaises ces dernières années, sur fond d'offensive austéritaire et de crise économique.

En conséquence de cadences toujours plus intenables, ce sont chaque année plus de 600 000 salariés qui sont victimes d'accidents de travail et le nombre de burn-out explose. En parallèle, le déremboursement progressif des soins et la répression des arrêts maladie poussent justement davantage de travailleurs malades à se rendre malgré tout au travail, contaminant leurs collègues et créant ainsi un cercle vicieux dans lequel la répression contre les arrêts de travail fait paradoxalement exploser le nombre de travailleurs malades… et donc d'arrêts de travail.

De plus, l'objectif du plan s'inscrit dans la lignée des offensives austéritaires successives menées par les différents gouvernements macronistes. Depuis des années, ces derniers multiplient les offensives sur ce terrain, main dans la main avec la droite et le RN. Selon les ministres du Travail, de la Santé et des Comptes publics, l'augmentation des dépenses de l'Assurance-maladie depuis le COVID, dont la hausse s'élevait à 6.5% entre 2019 et 2023 est « non soutenable ». En parallèle, le patronat continue d'être arrosé d'argent public, plus de 200 milliards d'euros par an, un des rares postes de dépenses de l'État à ne pas connaître l'austérité, avec l'armée et la police.

Derrière le mythe du « trou de la sécu » et la rhétorique mensongère du « dérapage des dépenses de la santé », la dégradation de la santé publique est donc la conséquence d'une volonté consciente du gouvernement de démanteler la Sécurité sociale et l'ensemble du système de santé. Alors que les politiciens bourgeois rivalisent d'annonces austéritaires pour courtiser le grand patronat à l'approche de l'élection présidentielle de 2027, il y a urgence à défendre nos acquis sociaux et à refuser que la santé des travailleurs soit sacrifiée pour financer les ambitions militaristes du gouvernement.

Crédit photo : Capture d'écran TF1

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