Accusation de « communautarisme » contre LFI, « blague » sexiste : Fabien Roussel est de retour
Thu, 09 Apr 2026 16:45:57 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalLe secrétaire national du PCF a enchaîné deux sorties réactionnaires en une semaine. A quelques mois du congrès du parti, le « communiste » préféré des plateaux tv et des éditorialistes de droite est bien de retour.

Fabien Roussel, le « communiste » préféré de la droite et du patronat, a encore frappé et il est particulièrement en forme. Le principal dirigeant du Parti communiste français a enchaîné ces derniers jours deux sorties réactionnaires. D'abord sur France Inter le mercredi 1er avril dernier. Invité à réagir au concept de « Nouvelle France » avancé par La France insoumise, il a affirmé « ne pas s'y retrouver du tout » et a accusé LFI de « fracturer la France ». Reprenant presque mot pour mot les éléments de langage répétés en boucle par la droite, l'extrême droite et le gouvernement, il a accusé LFI d'« essentialiser les citoyens selon leur couleur de peau » et de faire du « communautarisme ».
Une prise de position qui intervient dans un contexte marqué par un déchaînement raciste contre plusieurs maires de la France insoumise, récemment élus dans des villes populaires. En particulier, Bally Bagayoko, nouveau maire de Saint-Denis, a subi une campagne médiatique marquée par racisme décomplexé. Des attaques dénoncées par Fabien Roussel, qui s'est cependant bien gardé de se rendre au rassemblement de solidarité du week-end dernier, et participe à alimenter la rhétorique qui permet de légitimer l'offensive raciste.
Mais Roussel ne s'est pas arrêté là et a encore fait parler de lui avec sa deuxième polémique de la semaine. Cette fois, il s'agit d'une « blague » d'une misogynie crasse visant Marine Tondelier, et rendue publique sur le plateau de C à vous dans l'émission du 1er avril dernier. Selon Patrick Cohen, Fabien Roussel aurait ironisé sur la grossesse de la dirigeante des écologistes en affirmant avoir « fait un don de sperme il y a un mois et demi ».
Une sortie qui a suscité l'indignation, y compris dans son propre parti, après la publication de l'extrait de l'émission de France 5 sur X par Marine Tondelier ce mercredi. Roussel a d'ailleurs fini par présenter ses excuses sur X.
Pourtant, ces deux exemples sont moins des « dérapages » que des incarnations de la stratégie adoptée par le secrétaire du PCF depuis 2018 pour tenter d'exister, et consistant à flatter le sens commun réactionnaire pour apparaître comme le « politicien de gauche » préféré de la droite. De quoi expliquer le long pedigree de sorties réactionnaires de Roussel, qu'on a vu ces dernières années courir derrière les obsessions de la droite et de l'extrême droite, quitte à hurler avec les loups à chaque nouvelle polémique réactionnaire : reprises des thèses d'extrême droite sur un prétendu « racisme anti-blanc », attaques contre le port du voile, surenchères sécuritaires sur la répression policière ou contre l'immigration, allant jusqu'à parler de « frontières passoires ».
Plus largement, Roussel s'est montré toujours prêt à fournir une caution « de gauche » aux mesures pro-patronales de tout ordre, comme lorsqu'il proposait en février dernier de subventionner les profits des grandes entreprises, de supprimer le RSA, ou appelait à éviter une grève contre la réforme des retraites, démontrant son alignement sur les intérêts patronaux au détriment des classes populaires. À l'approche de la séquence pré-présidentielle ouverte après les municipales, les deux polémiques évoquées plus haut montrent que Roussel est de retour et tente de ré-exister médiatiquement.
Une stratégie d'autant plus réactionnaire qu'elle est fréquemment justifiée par une prétendue proximité avec les préoccupations des classes populaires. Face à l'escalade autoritaire du régime et aux offensives de l'extrême droite, ces dernières n'ont rien à attendre des opportunistes professionnels, toujours prêts à brosser le régime et le patronat dans le sens du poil. À l'inverse, il est urgent de construire la riposte par l'organisation indépendante de notre camp social, dans les lieux de travail, d'étude et les quartiers populaires, pour lutter contre les attaques anti-ouvrières et contre le racisme qui joue un rôle central pour les imposer.