SUD Educ 93 : première victoire, la justice invalide le congrès pour violation des statuts
Thu, 09 Apr 2026 22:37:09 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalCe 9 avril, la justice a invalidé le congrès de SUD Éducation 93, suite à la plainte d'adhérents exclus du syndicat. Un véritable camouflet pour la direction, qui tente néanmoins de repartir à l'offensive en cherchant à imposer dans les faits l'exclusion des militants antiracistes.

Ce 9 avril, le tribunal judiciaire de Bobigny a invalidé le congrès extraordinaire de juin 2025 de SUD Education 93 [1]. Le délibéré [2] explique : « le tribunal déclare recevables l'action des demandeurs et leurs demandes » et « annule les délibérations du congrès du syndicat SUD EDUCATION 93 du 12 Juin 2025 par lesquelles ont été adoptés les textes » modifiant les statuts. Dit autrement, la justice juge que l'ensemble des décisions prises dans ces textes et qui ont conduit à l'exclusion des antiracistes, et plus largement de l'aile gauche, sont anti-statutaires. Un jugement qui constitue un énorme camouflet pour SUD Educ 93 et une première victoire pour les adhérents exclus.
Une victoire judiciaire qui met à nu l'offensive bureaucratique de Sud Educ 93
Depuis juin 2025, Sud éducation 93 a lancé une offensive anti-démocratique majeure pour exclure l'aile anti-raciste et des militants critiques de l'orientation de la direction, dont certains étaient également membres de Révolution Permanente. Celle-ci a abouti à la dissolution des commissions, notamment antiraciste, et à l'exclusion de fait de l'aile gauche du syndicat, privée de l'accès aux listes mails du syndicat mais aussi pour certains des capacités d'exercer leurs mandats.
Cette purge a été minutieusement préparée : la direction assumait ouvertement dans un texte préparatoire au congrès, intitulé « Pistes de réflexions pour un scénario de séparation », l'exclusion d'une partie du syndicat, en indiquant : « à l'issue de ce vote, les personnes signataires des textes minoritaires sont radiées du syndicat ». Elle s'était d'ailleurs accompagnée d'un tour de vis antidémocratique au sein du syndicat, puisque le congrès a dissout des moyens de communication interne et a supprimé les AG départementales.
Cette décision de justice représente une première victoire importante pour les adhérents exclus. Après avoir mis en lumière l'adaptation du syndicat au racisme d'Etat, à travers la plaidoirie scandaleuse de son avocat, le procès met à nu les méthodes anti-démocratiques brutale de la direction de Sud Educ 93.
SUD Educ 93 lance une nouvelle procédure pour entériner l'exclusion : il faut faire front !
Se préparant vraisemblablement à une défaite, la direction du syndicat s'était lancée dès le 1er avril dans une nouvelle offensive antidémocratique pour tenter d'entériner par les faits l'exclusion de la commission antiraciste. Ces derniers jours, plusieurs adhérents, notamment de la commission antiraciste, ont été exclus des listes de diffusion internes au syndicat, mais aussi des listes fédérales et ont été convoqués devant la commission de résolution des conflits de SUD Éducation, au motif d'« avoir attaqué le syndicat en justice pour contester le congrès de juin ».
Il est même reproché aux membres visés d'avoir « mainten[u] l'attaque judiciaire contre le syndicat malgré la reconnaissance par la fédération de la légitimité du congrès de juin et un courrier du syndicat demandant d'arrêter ». Un moyen pour la direction anti-statutaire d'entériner son coup de force par une nouvelle procédure scandaleuse qui sonne comme une démonstration de plus que le syndicat est prêt à aller jusqu'au bout en durcissant son offensive contre les militants exclus.
Pour tous les militants sincères de SUD Éducation 93, et plus largement au sein de SUD, il y a urgence à dénoncer cette purge brutale qui va à rebours des traditions démocratiques du mouvement ouvrier. Ces méthodes scandaleuses, sur fond d'adaptation à la répression et au racisme d'État, sont d'autant plus inacceptables que se multiplient aujourd'hui les procédures de dissolution et la criminalisation de la gauche. À l'heure où les offensives racistes s'intensifient, il est indispensable de se solidariser avec les militants exclus et de dénoncer fermement cette purge bureaucratique qui n'a pas sa place au cœur de nos pratiques syndicales.
[1] Il s'agit d'un jugement de première instance qui n'est pas définitif et peut faire l'objet d'un appel de la part du syndicat.
[2] Dans le détail, le délibéré explique : « le tribunal déclare recevables l'action des demandeurs et leurs demandes » et « annule les délibérations du congrès du syndicat SUD EDUCATION 93 du 12 Juin 2025 par lesquelles ont été adoptés les textes "s'autoriser à expérimenter" et "pour sortir du conflit et sauver notre outil syndical : recentrer le syndicat sur l'échelon local" ». En effet, les motivations précisent que « selon l'article 9 des statuts du syndicat les décisions du congrès sont prises aux deux tiers des adhérents présents pour les votes statutaires et réglementaires et à la majorité simple pour les orientations. Le texte "s'autoriser à expérimenter [...] constitue en lui-même une modification statutaire. Il est constant que le texte "Pour sortir du conflit et sauver notre outil syndical : recentrer le syndicat sur l'échelon local" contient des modifications "expérimentales" des statuts pour une durée de un an » et conclut donc à « une violation des statuts par la soumission à un vote à la majorité simple de propositions contraires aux règles de majorité édictées par les statuts » .