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Garde-à-vue de Rima Hassan : l'État a fait fuiter des informations pour salir la militante palestinienne

Wed, 08 Apr 2026 17:47:44 CEST

Révolution Permanente

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Selon Le Canard enchaîné, Sacha Straub-Kahn, porte-parole du ministère de la Justice, aurait échangé avec des journalistes sur le « contenu de la garde-à-vue » de Rima Hassan, au moment même où celle-ci avait lieu le 2 avril dernier. Une violation du secret de l'instruction qui a indubitablement alimenté la campagne de désinformation ciblant l'eurodéputée insoumise.

Le jeudi 2 avril, Rima Hassan était placée en garde-à-vue après la publication d'un tweet sur un militant pro-palestinien. Une nouvelle fois, le prétexte d'« apologie du terrorisme » a été mobilisé pour tenter de faire taire les militants pro-palestiniens. Ce n'est par ailleurs pas la première fois que l'eurodéputée insoumise est ciblée pour ce motif, puisqu'elle avait déjà été convoqué pour un interrogatoire de plusieurs heures en 2025.

Alors que Rima Hassan était toujours en garde-à-vue, plusieurs médias ont relayé des informations sur la procédure en cours, quasiment en temps réel. Ces informations, comme la détention de « quelques grammes de drogue de synthèse », ont alimenté une offensive médiatique visant l'eurodéputée. Les heures passant, le parquet de Paris a finalement démenti ces informations, d'abord en parlant de « matières s'apparentant à du CBD et du 3-MMC », puis finalement en indiquant que les analyses n'ont révélé aucune présence de drogue dans son corps au moment de l'arrestation, tout en précisant que d'autres analyses étaient toujours en cours. En attendant, ces informations ont abondamment été reprises et amplifiées sur de nombreux plateaux télés, ainsi que par plusieurs responsables politiques de droite et d'extrême droite. Une véritable campagne de désinformation, et pour laquelle la France insoumise a annoncé saisir l'ARCOM.

Dans un communiqué paru au lendemain de son arrestation, Rima Hassan dénonçait l'« acharnement politique et médiatique » dont elle était la cible et pointait « le mépris total du secret de l'enquête et de la présomption d'innocence ». La séquence médiatique a contraint l'IGPN à ouvrir une enquête pour « violation du secret de l'instruction », à la lumière de « la temporalité et le degré de précision des informations qui ont été publiées dans les médias » le même jour.

Ce mardi, Le Canard enchaîné a révélé que la police judiciaire du commissariat du Xème arrondissement parisien ne serait pas la seule à avoir communiqué des informations aux médias. Selon le journal, le porte-parole du ministère de la Justice, Sacha Straub-Kahn, pourrait être directement impliqué dans les fuites d'informations et aurait échangé avec plusieurs journalistes du contenu de la garde à vue de Rima Hassan. Si l'intéressé dément fermement avoir communiqué des informations sur la procédure en cours, Gérald Darmanin a néanmoins annoncé ce matin avoir saisi l'inspection générale de la justice.

Si les faits étaient avérés, cela constituerait un véritable scandale pour l'exécutif : un porte-parole du gouvernement aurait directement alimenté l'offensive médiatique contre Rima Hassan en brisant le sercret de l'instruction par la révélation à la presse d'informations fallacieuses. Mais quoi qu'il en soit, l'arrestation puis la campagne de désinformation dont Rima Hassan a été la cible s'inscrit déjà dans la continuité de la politique menée par le gouvernement depuis le début du génocide en Palestine : criminaliser les voix pro-palestiniennes pour les intimider et tenter de les faire taire.

A l'image de la récente condamnation à 2 ans de prison avec sursis d'Olivia Zemor, présidente d'Europalestine, ou du projet de loi dit « Yadan » visant à instrumentaliser l'antisémitisme pour mieux réprimer les critiques d'Israël, l'offensive contre Rima Hassan est un nouveau témoignage des efforts du gouvernement pour soutenir l'État génocidaire par la répression et la diabolisation des soutiens de la Palestine en France.

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