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Toulouse. Les étudiants envahissent la présidence du Mirail pour dénoncer sa complicité avec l'austérité

Wed, 08 Apr 2026 14:39:32 CEST

Révolution Permanente

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Pour faire face aux attaques austéritaires imposées par le gouvernement et la direction du Mirail, une centaine d'étudiants ont envahi le bâtiment de la présidence et ont confronté la direction de l'université et de l'UFR de Philosophie lors d'une réunion d'information.

Ce mardi 7 avril 2026, un rassemblement était organisé devant la présidence de l'Université Toulouse Jean Jaurès pour protester contre l'austérité et les coupes budgétaires imposées au Mirail. Appelé depuis une assemblée générale, il a réuni plus d'une centaine d'étudiants ainsi que diverses organisations. Après plusieurs prises de parole et slogans, le rassemblement a évolué vers un envahissement du bâtiment de la présidence. Les étudiants mobilisés se sont ensuite rendus au bâtiment du Gai Savoir, où la direction de l'UFR de philosophie organisait une prétendue « réunion d'information » sur les conséquences des restrictions budgétaires.

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Cette mobilisation s'inscrit dans un contexte plus large d'attaques brutales contre l'université publique. La présidence de l'université y joue son rôle de laquais fidèle du gouvernement à la perfection. Elle s'applique à mettre en place les mesures austéritaires qui lui sont demandées et se cache derrière la hiérarchie pour justifier ses décisions antisociales, tout en affirmant que « nous sommes tous dans le même bateau ». Sauf que pendant que la présidente cumule les privilèges, les étudiants eux sont 85% à vivre sous le seuil de pauvreté, et plus de la moitié sont forcés de travailler en dehors de leurs études.

En colère face à cette hypocrisie, les étudiants rassemblés devant le bâtiment de la présidence ont donc pris la décision d'y entrer. Depuis des années, le bâtiment de la présidence du Mirail est strictement fermé aux étudiants, les élus eux-mêmes n'y sont tolérés que lors des conseils. Aussi, il s'agissait du tout premier envahissement depuis des années de ce lieu d'ordinaire complètement fermé. Aux slogans de « l'austérité on n'en veut pas ! » et « même si Garnier [le nom de la présidente du Mirail, ndlr] le veut pas nous on est là ! », les étudiants ont donc défilé dans le bâtiment.

Constatant que la présidente s'était déjà éclipsée, les étudiants ont ensuite pris la décision de se rendre collectivement à la réunion d'information de l'UFR de psychologie, qui se tenait en parallèle dans le bâtiment Gai Savoir. L'occasion de démasquer clairement le rôle joué par les directions d'UFR.

En effet, ces dernières, loin d'être de simples intermédiaires, participent activement à la mise en œuvre de l'austérité. En bricolant avec les miettes de budget épargnées, elles incitent les enseignants à produire des maquettes pédagogiques profondément déconnectées des besoins réels de l'enseignement supérieur. Ces maquettes incluent notamment la mise en place d'heures de cours en autonomie, c'est-à-dire sans professeur, des mutualisations de cours avec la suppression de TD, la suppression de postes d'ATER ainsi que des places en moins dans les filières pour les étudiants. Lors de cette réunion, la direction de l'UFR de philosophie s'est une nouvelle fois illustrée par un discours hypocrite et fumeux, affirmant qu'il n'y aurait pas de conséquences sur les formations. Ce discours a été rapidement contesté par les étudiants présents. Plusieurs étudiants ont interpellé les directions sur place démasquant leurs mensonges et leur rôle au sein de l'université. Un moment fort qui a montré de manière nette la distinction d'intérêts de classe qui existe entre la présidence et ses relais à l'université et les étudiants précaires qui subissent de plein fouet les politiques austéritaires du budget Lecornu. Dans le même temps, les étudiants ont exigé de la direction qu'elle organise et informe massivement d'une assemblée générale pour prouver par les faits sa soit disant opposition aux coupes budgétaires. Une mesure d'auto-organisation et de démocratie simple à laquelle les directions ont refusé de répondre, allant jusqu'à fallacieusement prétendre ne pas disposer des moyens pour contacter les enseignants et personnels.

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Ces politiques d'austérité sont profondément liées au contexte national de militarisation et de surenchère sécuritaire. Alors que des milliards sont investis dans l'armée, la police ou des projets comme un nouveau porte-avions au service des intérêts impérialistes français, l'enseignement supérieur et les services publics sont méthodiquement sacrifiés. Les universités sont poussées à se serrer la ceinture, et à multiplier les partenariats avec des entreprises privées, complices du génocide en Palestine, ou directement avec l'armée.

Face à cela, la mobilisation étudiante montre qu'il est possible d'arracher des victoires concrètes, comme l'a déjà prouvé le remboursement intégral des frais d'inscription de plusieurs milliers d'euros imposés aux étudiants en reprise d'étude du master MISS, obtenu par la lutte. Il est plus que jamais nécessaire que les personnels et professeurs de l'université rejoignent la mobilisation et qu'elle s'élargisse à toutes les université du pays, seule réponse possible face aux sacrifices des services publics que la bourgeoisie veut imposer au profit des politiques guerrières.

Les étudiants mobilisés déambulent dans les couloirs du bâtiment de la présidence

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