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Crise énergétique : l'Union Européenne étudie la possibilité de rationner le carburant

Tue, 07 Apr 2026 21:48:36 CEST

Révolution Permanente

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Alors que la guerre impérialiste provoque un choc énergétique prolongé, le commissaire européen à l'Énergie annonce que l'UE étudie « toutes les possibilités », y compris le rationnement des carburants. Une nouvelle fois, ce sont les classes populaires qui pourraient payer la crise.

La crise des carburants ne cesse de s'aggraver au fur et à mesure que la guerre impérialiste se poursuit. En particulier, c'est la fermeture par l'Iran du détroit d'Ormuz, où transite en temps normal près d'un cinquième des flux mondiaux de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL), qui devient le centre de gravité de la guerre et a ouvert à un « choc pétrolier » de grande ampleur.

Vers une crise énergétique majeure ?

Alors que la flambée des prix du carburant frappe déjà les travailleurs, la situation pourrait prochainement prendre une nouvelle ampleur : le commissaire européen à l'énergie a déclaré vendredi dernier que l'Union Européenne doit « envisager toutes les possibilités » pour faire face à la crise, y compris un rationnement possible de carburants comme le diesel et le kérosène. En effet, le prolongement du conflit impacte davantage que prévu les pays européens, qui restent très dépendants des importations d'énergie malgré une volonté de diversification depuis la guerre en Ukraine et les pressions inflationnistes engendrées. Ainsi, le directeur exécutif de l'Agence Internationale de l'Énergie (AIE) explique que « La crise actuelle est plus grave que celles de 1973, 1979 et 2022 réunies ».

Pour l'instant, la perspective d'une pénurie ne se pose pas encore de façon aiguë dans les principaux pays impérialistes européens. En France, si de premiers effets de manque ont été observés après le week-end de Pâques avec près d'une station-service sur cinq en « rupture de stock » d'au moins un carburant, notamment dans les stations TotalEnergies, elles restent essentiellement conjoncturelles. Elles sont liées à des problèmes de logistique et à la course des automobilistes pour profiter du plafonnement temporaire des prix chez Total, qui continue d'engranger des profits records. En Italie cependant, quatre aéroports internationaux connaissent une réelle pénurie de kérosène, si bien qu'une limite entre 2 000 et 3 000 litres de kérosène par avion doit être appliquée au moins jusqu'au 9 avril.

En Europe, c'est plus spécifiquement pour le kérosène que la crise est la plus avancée, avec un prix qui a plus que doublé en un mois, entraînant la suppression de milliers de vols à travers le monde par manque de rentabilité. Dès lors, l'exemple italien pourrait bientôt se généraliser et s'aggraver, comme en témoigne le patron de Ryanair qui explique : « Pour le moment, nos fournisseurs nous garantissent des livraisons jusqu'à mi/fin mai. Si la guerre d'Iran se termine bientôt alors l'approvisionnement ne sera pas perturbé. Si la fermeture du détroit d'Ormuz se poursuit en mai et en juin alors nous ne pouvons pas écarter les risques concernant les approvisionnements en carburants dans certains aéroports européens ». Ainsi, les grandes compagnies aériennes commencent à anticiper un été compliqué, marqué par de nombreuses suppressions de vols à cause de la pénurie : « Nous pensons qu'il existe un risque réel, même s'il est faible pour l'instant, que 10, 20 ou 25 % de nos livraisons de kérosène soient menacées en mai et juin », ce qui amènerait Ryanair à supprimer « 5 à 10% de ses vols en mai, juin et juillet ». En cas de fermeture durable du détroit d'Ormuz, la France pourrait être à court de kérosène d'ici 8 mois.

Des conséquences désastreuses pour les travailleurs

La fermeture du détroit d'Ormuz tend à générer une crise énergétique majeure aux conséquences considérables. Le directeur exécutif de l'IAE parle déjà d'un « avril noir » et prévient que « le mois de mars a été très difficile, mais avril sera bien pire ». Ces prévisions, couplées aux annonces d'un possible rationnement, laissent présager des conséquences dramatiques sur la vie de millions de travailleurs de nombreux pays.

En Asie, où est destiné 84 % du pétrole transitant par le détroit d'Ormuz, ce rationnement est déjà en place dans certains pays où les pénuries mènent à des politiques cauchemardesques : au Sri Lanka, les tarifs de l'électricité ont été augmentés jusqu'à 40%, et au Pakistan, le gouvernement a annoncé une hausse sans précédent de 43 % des prix de l'essence et de 55 % du diesel.

Alors que les prévisions sont déjà sévères, un rationnement enverrait ce choc inflationniste dans une autre dimension laissant présager des conséquences dramatiques sur la vie des travailleurs de nombreux pays. Gaz, électricité, produits alimentaires, biens industriels, transports : toute l'économie peut être touchée par contrecoup. En France, alors que les factures d'essence pèsent de plus en plus sur les familles, un rationnement des carburants entraînerait des difficultés à se déplacer pour aller travailler, aller à l'hôpital, etc, alors que des travailleurs partout alertent déjà sur le coût impossible de leur déplacement au travail.

Pendant que le gouvernement cherche à maintenir son budget austéritaire coûte que coûte, et que Total a réalisé un milliard de dollars de profit depuis le début de la guerre, ce sont encore les classes populaires et les travailleurs qui vont payer le prix de la guerre et subir les conséquences de la crise énergétique.

Face aux classes dominantes qui veulent nous faire payer la crise, les travailleurs comme ceux de la CGT-Total dénoncent cette flambée des prix et revendiquent leur plafonnement à 1,5 euros, tout en dénonçant « la machine à cash ». Les raffineurs montrent la voie, et il faudra construire un vrai rapport de force pour faire payer TotalEnergies. C'est par une riposte ouvrière massive qu'on pourra arracher la baisse et le plafonnement des prix et l'indexation des salaires sur l'inflation, et imposer la nationalisation sous contrôle ouvrier de Total et tous les profiteurs de guerre.

Source : chaîne YouTube eudebates.tv

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