Retour

Trump menace de « détruire une civilisation » : pour la défaite des États-Unis et d'Israël en Iran

Tue, 07 Apr 2026 18:59:56 CEST

Révolution Permanente

Ouvrir l'original

Trump a menacé de « détruire la civilisation » iranienne si Téhéran ne capitulait pas. Alors que les bombardements visent déjà ponts et infrastructures civiles, cette rhétorique évoque une menace nucléaire à peine voilée contre 90 millions d'Iraniens et souligne l'urgence de la défaite de l'impérialisme américain en Iran.

La guerre impérialiste lancée par les États-Unis et Israël contre l'Iran pourrait aujourd'hui entrer dans une phase d'escalade terrifiante. Après plusieurs semaines de bombardements et de tensions croissantes, Donald Trump a commencé à mettre à exécution son ultimatum en ordonnant une nouvelle vague de frappes contre des infrastructures stratégiques et civiles du pays. Dans un message publié sur les réseaux sociaux, le président étasunien a également posé un nouvel ultimatum, indiquant qu'« une civilisation entière pourrait être détruite » dans les heures qui viennent si l'Iran n'acceptait pas un accord de capitulation.

Menaces nucléaires à peine voilées, infrastructure civile : la guerre en Iran à un tournant tragique

Une menace à peine voilée d'utiliser des armes nucléaires contre une nation de 90 millions d'habitants, formulée dans la langue génocidaire qu'Israël n'a eu de cesse de manier depuis le début du génocide à Gaza. « J'espère qu'ils prendront la bonne décision » a ajouté le vice-président J.D. Vance, ajoutant que les États-Unis disposent encore de « nombreux outils dans leur arsenal qu'ils n'ont pas encore décidé d'utiliser ». Il a également averti que Donald Trump pourrait décider d'y recourir si l'Iran « ne changeait pas de cap ». Si la Maison Blanche a démenti dans l'heure une telle perspective, celle-ci continue cependant d'inquiéter au sein du cercle de conseillers de Trump comme le rapporte le Guardian. Après des décennies d'expérimentations nucléaires, même les ogives les plus petites représentent déjà plusieurs fois la puissance de la bombe larguée sur Hiroshima, en août 1945.

Ces déclarations terrifiantes laissent craindre le pire pour l'Iran et les peuples de la région alors que Vance a indiqué qu'il espérait obtenir une réponse – positive ou négative – avant huit heures du soir, heure de Washington, soit autour de 2h du matin. Du côté d'Israël, les menaces nucléaires montent depuis plusieurs jours alors que Ben-Gvir, ministre de la sécurité intérieure, discutait de la possibilité d'utiliser des armes nucléaires à neutron contre l'Iran sur un plateau de télévision, il y a quelques jours.

Dans l'immédiat, ce sont les bombardements contre les infrastructures stratégiques et civiles qui se sont intensifiés dans tout le pays. Une série de frappes coordonnées a eu lieu contre plusieurs sites stratégiques à l'intérieur de l'Iran, notamment contre l'île de Kharg, dans le Golfe Persique, un site essentiel pour l'économie iranienne où transite 90 % des exportations de pétrole du pays. Les forces étasuniennes ont mené des frappes contre plus de cinquante installations militaires sur l'île, visant notamment des bunkers de missiles, des systèmes de défense aérienne et des infrastructures de stockage militaire, tout en évitant, d'après les déclarations officielles, les terminaux pétroliers.

Parallèlement, d'autres bombardements ont visé des structures logistiques à l'intérieur du pays, notamment des ponts, des axes routiers ainsi que plusieurs lignes de chemin de fer. Des frappes ont notamment été signalées sur un pont ferroviaire à Kashan, des infrastructures entre Tabriz et Zanjan ainsi que des voies ferroviaires dans la région de Karaj.

L'Iran sous une pression énorme

Plusieurs attaques de drones et de missiles ont déjà été signalées contre des installations énergétiques dans le Golfe dans les heures qui ont suivi les bombardements américains du 7 avril. Selon plusieurs dépêches de presse, un complexe pétrochimique majeur à Jubail, en Arabie saoudite, a été visé par des drones, provoquant des explosions et des incendies dans certaines installations industrielles.

Parallèlement, des drones iraniens ont frappé des infrastructures énergétiques au Koweït, notamment dans la zone pétrolière de Shuwaikh, entraînant des dégâts et des perturbations dans certaines unités du complexe pétrolier. D'autres attaques de drones et de missiles ont également été signalées contre des installations énergétiques dans plusieurs États du Golfe, notamment aux Émirats arabes unis et à Bahreïn. Le Pakistan a annoncé qu'il pourrait se tenir aux côtés de l'Arabie saoudite dans le cadre de leur pacte militaire si Ryad venait à rejoindre la guerre impérialiste, une perspective qui accentue encore le risque d'un embrasement régional.

Pour l'heure, la stratégie terrifiante de Trump demeure imprévisible. Si l'utilisation de l'arme nucléaire reste incertaine, la menace de destruction du réseau électrique iranien pourrait à elle-seule présager d'une escalade sans précédent. En effet, les menaces de Trump pourraient ouvrir la voie à des raids aériens destructeurs contre des villes iraniennes, voire au début d'un déploiement terrestre.

Pour l'heure, les trois mêmes scénarios débattus depuis des semaines semblent toujours en vigueur : une invasion de Kharg pour prendre contrôle du terminal pétrolier ; une invasion partielle du littoral iranien pour rouvrir le détroit d'Ormuz ou une opération en plein cœur du territoire iranien pour enlever l'uranium enfoui dans les sites nucléaires partiellement effondrés suite aux raids impérialistes de la guerre des Douze jours, en juin 2025. Dans ce cadre, la menace de frappes d'anéantissement contre des positions iraniennes pourraient également relever d'une stratégie de pression diplomatique particulièrement hasardeuse, pour tenter de forcer l'Iran à accepter un accord ou pour mettre en scène un retrait de la guerre.

Trump menace la planète : il faut la défaite de l'impérialisme étasunien en Iran !

Rien n'est certain. Seule certitude : le peuple iranien est en danger de mort et les prochaines heures pourraient ouvrir un nouveau chapitre de l'histoire de la barbarie impérialiste. D'ores et déjà, les menaces de Trump suscitent une inquiétude majeure au sein de la société étasunienne tandis que la Maison blanche publie des démentis en série.

Quoi qu'il en soit, il y a une urgence extrême à se mobiliser en solidarité avec le peuple iranien face à l'escalade de la guerre impérialiste qui menace toute la région. L'impérialisme étasunien est prêt à tout, jusqu'à l'usage du nucléaire, pour trouver une issue ultra-réactionnaire à leur impasse stratégique en Iran qui met à nu la fragilité de son hégémonie. Pour sauver ce qu'il reste de sa crédibilité notamment militaire les États-Unis menace d'anéantir tout un peuple et de ravager le Moyen-Orient tout en menaçant l'ensemble des travailleurs et des classes populaires de la planète d'un nouvel âge de destruction et de barbarie.

Alors que Trump menace l'ensemble des travailleurs de la planète, l'hypocrisie totale des dirigeants européens et de notre propre impérialisme apparait dans sa nudité : après avoir justifié le génocide à Gaza au nom de la lutte contre le terrorisme et la dévastation de l'Iran au nom de la lutte contre la prolifération nucléaire, ils n'ont eu de cesse de soutenir, agression après agression, les plans de l'impérialisme étasunien qui ont pavé la voie à la catastrophe en cours.

Plus que jamais, il faut construire un grand mouvement anti-impérialiste, qui dénonce les crimes et les menaces de l'impérialisme étasunien et d'Israël dans la région et se prononce fermement pour la défaite des États-Unis et d'Israël en Iran, à l'heure où les bourreaux du peuple palestinien menacent d'élargir à la région toute entière les pratiques génocidaires élaborées dans l'enfer de Gaza. Tous ceux et celles qui se sont mobilisés contre le génocide en Palestine doivent se mobiliser à nouveau contre la barbarie impérialiste en cours, en lien avec le mouvement ouvrier qui peut jouer un rôle décisif dans la lutte contre la guerre impérialiste en cours.

/ / / / / / / /