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Université de Nanterre : Le Poing Levé s'impose comme troisième force aux élections

Tue, 07 Apr 2026 10:38:31 CEST

Révolution Permanente

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À l'issue des élections à Nanterre, Le Poing Levé a obtenu plus de 1600 voix et plus de 18 % des suffrages, devenant ainsi la troisième force de l'université, dans le cadre d'une hausse historique de la participation.

Ce vendredi 3 avril, à l'issue d'une semaine de votes, les élections des conseils centraux et d'UFR à Nanterre se sont achevées. Dans un contexte où l'université Paris-Nanterre est aux avant-postes de l'austérité dans l'enseignement supérieur – avec un déficit de 20 millions d'euros et un plan de retour à l'équilibre qui prévoit près de 70 millions de coupes budgétaires pour les prochaines années – et que les offensives répressives contre les étudiants mobilisés se sont multipliées, notamment par l'envoi de CRS, les étudiants de l'université ont envoyé un message clair en chassant définitivement l'extrême droite des conseils et en votant massivement pour des listes de gauche, dont en majorité pour deux listes totalement indépendantes de la présidence [1].

L'extrême droite quitte les conseils

En 2024, lors des dernières élections, l'UNI, organisation d'extrême droite connue pour ses saluts nazis et sa nostalgie de l'Algérie française, avait perdu son siège en Conseil d'Administration (CA), qu'elle occupait depuis plus d'une décennie. Mais elle en avait conservé un en CFVU, ayant recueilli 290 voix. Cette année, l'UNI s'est présentée uniquement en CA, et est arrivée en sixième et dernière position, recueillant 501 voix. Elle n'a donc obtenu aucun siège, sortant définitivement des conseils !

Si son nombre de voix absolu a augmenté (286 en CA en 2024), il faut mettre cela en perspective avec la hausse énorme de la participation : alors qu'elle stagnait autour de 10 % ces dix dernières années [2], elle a cette fois atteint 24,9 % ! Ce qui fait que le pourcentage de voix obtenues par l'UNI a baissé, passant de 7 % à 5,75 %.

Ce phénomène traduit la résistance des universités aux idées d'extrême droite, qui progressent dans le reste de la société. Alors que les organisations comme l'UNI, mais aussi la Cocarde, tentent de défendre un projet raciste d'université d'élite, fermée aux étranger·es et aux classes populaires, les étudiant·es leur font comprendre qu'elles n'ont pas leur place ici. Et pas seulement dans les urnes : tous les jours de la campagne, l'UNI a tenté de tracter sur le campus. Et chaque fois, les étudiant·es ont répondu en se regroupant nombreux et nombreuses, pour empêcher les militant·es de diffuser leur programme réactionnaire. Avec Le Poing Levé, nous défendons et construisons partout où nous sommes ces réponses politiques à l'extrême droite, qui sont l'unique moyen d'endiguer leur présence à l'université.

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L'Unef et la FAGE accusent leur recul

La FAGE, représentée à Nanterre par la FAUN, est un syndicat corporatiste aligné sur la macronie. Si ses scores ont, pendant des années, tourné autour de 30 % [3], les élections de 2024 ont acté une chute importante : la FAGE ne recueillait plus que 11,2 % des voix. Le déclin s'est poursuivi cette année, avec seulement 8,62 % des suffrages : la FAGE a donc conservé son siège en CA, et gagné deux sièges en CFVU, où elle ne s'était pas présentée la dernière fois. Ce recul témoigne de la politisation croissante des étudiant·es, qui comprennent l'importance de s'organiser collectivement face aux politiques d'austérité du gouvernement, contre lesquelles les distributions alimentaires de la FAGE sont impuissantes.

Quant à l'Unef, il s'agit du syndicat majoritaire à Nanterre ; il est même en majorité absolue depuis 2020, dépassant 50 % aux trois dernières élections. Si l'Unef conserve cette position et voit son nombre de voix absolu augmenter, passant de 2244 voix en 2024 à 3294 cette année, le syndicat accuse cependant d'un recul lors de ce scrutin, passant de son score maximal, 54,9 % en 2024, à 37,78 % en CA, soit une baisse de plus de dix-sept points de pourcentage. Ainsi, le syndicat passe de trois sièges (depuis 2020) à deux en CA, et de dix à six sièges en CFVU.

La section nanterroise de l'Unef continue de figurer, cependant, comme exception au niveau national, due à la spécificité de la section locale, animée par des militant·es du NPA-R ; dans le reste du pays, l'Unef a dégringolé suite à ses multiples trahisons du mouvement étudiant, conséquences nécessaires de sa politique cogestionnaire, alignée sur le Parti socialiste. Aux dernières élections du CROUS, l'Unef a ainsi perdu 15 000 voix par rapport à 2024, dont plus de 3000 dans l'académie de Versailles, où l'Unef-Nanterre s'était présentée en alliance avec la Coordination étudiante. Ces scores, à l'échelle de la fac comme de l'académie, traduisent l'émergence d'autres forces à gauche

La recomposition à gauche du mouvement étudiant

Lors de ces élections, les listes de gauche ont recueilli plus de 85 % des voix. Après l'Unef, l'Union étudiante arrive en deuxième position, avec 20,42 % des suffrages. Elle conserve donc son siège en CA et passe de trois à quatre sièges en CFVU. Or, l'UE sera confrontée à Nanterre au même problème qu'au niveau national : l'impasse de sa stratégie institutionnelle, selon laquelle il est possible d'arracher des victoires à l'intérieur des conseils, en dépit de leur anti-démocratisme.

La FSE, qui se présentait pour la première fois, est arrivée juste devant la FAGE en CA, et derrière elle en CFVU ; elle obtient un siège dans chacun des conseils. Comme l'UE, elle devra faire face à ses illusions dans les instances universitaires : pour rappel, son programme comporte par exemple une « augmentation des moyens pour les cellules VSS » sans pointer l'impasse de telles cellules co-gérées par l'université, sans indépendance vis-à-vis de la présidence. En somme, rien d'étonnant à ce que le syndicat s'associe à l'UE pour les élections des représentants du CNOUS, quitte à faire liste commune avec des militant·es du SCUM, la section montpelliéraine de l'UE, qui lutte contre les soutiens à la Palestine…

Enfin, Le Poing Levé, dont c'était la deuxième candidature, fait plus que tripler ses résultats de 2024 : 1639 voix pour 18,8 % des suffrages en CA, et 1513 voix pour 20,29 % des suffrages en CFVU [4]. L'organisation s'impose donc comme troisième force de la fac dans les conseils centraux, sur la base d'un programme ouvertement anticapitaliste et révolutionnaire, sans concessions vis-à-vis de la présidence, et d'un autre projet pour l'université comme pour la société.

En outre, pour sa première candidature aux conseils d'UFR, Le Poing Levé obtient des élu·es dans chacun de ceux où il s'est présenté : un siège en DSP et en Phillia, et deux sièges en SSA et en SITEC ! Des positions qui permettront de poursuivre notre travail de lanceurs d'alerte, contre les suppressions d'heures et de formations à l'échelle des UFR.

Ces scores reflètent les aspirations de la jeunesse à se battre contre l'extrême droite, la précarité et le génocide en Palestine, en s'appuyant sur la force et les traditions du mouvement étudiant plutôt que sur les négociations avec les présidences. Nous remercions l'ensemble des personnes qui ont voté pour nous, et les invitons à militer à nos côtés si elles se sont reconnues dans notre programme. Pour imposer une autre trajectoire à l'avenir que la guerre préparée par les classes dominantes, nous devrons être le plus nombreux et nombreuses possible : alors, rejoignez-nous !


[1] Les voix cumulées de l'Unef et du Poing Levé représentent plus de 56 % des suffrages.

[2] 10 % en 2014, 11,7 % en 2016, 8,9 % en 2018 ; 9,5 % en 2020 ; 6,7 % en 2022, 12,3 % en 2024.

[3] 35,9 % en 2014, 30,3 % en 2016 ; 30 % en 2018, 28,1 % en 2020 ; 33,7 % en 2022.

[4] Contre 445 voix en CA et 429 voix en CFVU en 2024.

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