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Des heures décisives dans le Golfe

Tue, 07 Apr 2026 19:11:01 CEST

Révolution Permanente

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Ultimatum, représailles et menaces contre le pétrole. Le Golfe entre dans une phase décisive, guidée par la logique guerrière de Trump et d'Israël qui a déjà prouvé son échec.

Des heures décisives. Alors que l'ultimatum lancé par Donald Trump à l'Iran arrive à expiration, le monde assiste à une dangereuse chorégraphie de menaces, de représailles et de gestes oscillant entre la diplomatie de dernière minute et le précipice. La scène est d'un dramatisme extrême : des chaînes humaines encerclant des infrastructures critiques en Iran, des attaques croisées entre Téhéran, Israël et l'Arabie saoudite, et une économie mondiale qui commence à ressentir le tremblement de chaque explosion dans le Golfe.

Mais derrière le bruit et la fureur, il y a une constante stratégique que l'histoire ne cesse de confirmer : la futilité du bombardement comme instrument pour forcer des décisions politiques. La menace de détruire en une nuit l'infrastructure électrique iranienne n'est pas un signe de force, mais de l'impuissance stratégique de Trump. C'est la vieille illusion selon laquelle une punition massive infligée à une société peut briser sa volonté. Cela n'a jamais fonctionné. Ni au XXe siècle, ni lors des guerres récentes, et cela fonctionnera difficilement aujourd'hui.

Frapper des centrales électriques, des ponts ou des complexes industriels ne favorise pas la capitulation de l'adversaire, cela renforce plutôt sa résistance. Les populations sous le feu des attaques ne se rebellent généralement pas contre leurs gouvernements, elles se replient sur elles-mêmes, resserrent leurs liens et, surtout, radicalisent leur perception de l'ennemi extérieur. En ce sens, chaque bombe qui tombe risque de consolider précisément ce qu'elle prétend affaiblir.

Les échanges récents l'illustrent clairement. L'attaque contre le complexe de South Pars a été suivie par une riposte iranienne contre le cœur industriel saoudien à Jubail, un nœud clé du système énergétique mondial. Il ne s'agit pas seulement d'une escalade militaire, mais d'une spirale qui commence déjà à se répercuter sur les prix, les chaînes d'approvisionnement et la stabilité économique mondiale. La guerre, avant même de s'étendre, est déjà en train de se mondialiser.

Le paradoxe est évident. Alors que l'Iran fait parvenir des propositions, jugées insuffisantes par Trump, par l'intermédiaire de médiateurs, la réponse dominante reste la menace d'une dévastation totale. Or, plus l'objectif militaire est maximaliste, plus l'objectif politique devient inatteignable. Les actions contre les infrastructures civiles risquent de renforcer le discours du régime et de lui permettre de présenter le conflit comme une guerre contre la nation iranienne, plutôt que contre ses dirigeants.

À ce stade, la question centrale n'est donc pas de savoir qui peut infliger le plus de dégâts dans les prochaines heures, mais qui peut proposer une issue crédible. Sans garanties minimales, en matière de sécurité et pour une véritable fin des hostilités, un cessez-le-feu ne sera qu'une pause avant une escalade plus importante. Et rien n'indique que Téhéran, qui se perçoit en position de force malgré de graves dommages économiques, soit sur le point de capituler, que ce soit sur l'uranium enrichi, sur son rayonnement régional ou sur son contrôle stratégique du détroit d'Ormuz.

Nous sommes bien à un moment critique. Si l'ultimatum se concrétise, le risque d'une catastrophe humanitaire et d'une escalade régionale hors de contrôle est immédiat. Face à cette situation, il est plus que jamais impératif, comme face au génocide à Gaza, de mettre sur pied un mouvement mondial contre les principaux responsables de cette dérive vers la barbarie en Iran et dans le monde : les États-Unis et Israël.

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