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Mairie de Paris : Emmanuel Grégoire dévoile un exécutif pro-Israël et aligné sur Macron

Mon, 06 Apr 2026 22:13:57 CEST

Révolution Permanente

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À peine installé à la mairie de Paris, Emmanuel Grégoire dévoile un exécutif aligné sur une ligne pro-israélienne et sécuritaire. Sous couvert de barrage à l'extrême droite, la nouvelle équipe municipale s'inscrit dans la continuité du macronisme et de ses politiques répressives.

La semaine dernière, Emmanuel Grégoire a présenté la composition de son exécutif à la mairie de Paris, prétendument marqué par une volonté d'ouverture, de dialogue et de changement de méthode. Il s'est une nouvelle fois présenté comme un rempart à l'extrême droite et une alternative au macronisme. Cependant, le choix de ses adjoints raconte une autre histoire : avec la victoire de Grégoire, c'est l'aile la plus réactionnaire du Parti socialiste qui s'installe toujours plus fermement à la mairie de Paris.

Le nouveau maire de Paris avait déjà brisé les illusions d'une quelconque « rupture » à l'égard d'Anne Hidalgo en reprenant à son compte les accusations d'antisémitisme à l'égard de la France insoumise. Les nominations dans l'exécutif ne font que confirmer cette ligne. Plusieurs adjoints ont en effet signé, à la suite de Grégoire, une tribune du collectif sioniste Nous vivrons, comme François Vauglin ou la première adjointe Lamia El Aaraje.

Ce collectif, sous couvert de lutter contre l'antisémitisme et de défendre les droits des femmes et des personnes LGBTQ+, assimile les soutiens du peuple palestinien au Hamas et cherche à disqualifier toute solidarité internationaliste. Un discours nauséabond qui s'accompagne d'un amalgame scandaleux entre les personnes de confession juive et la politique criminelle de l'État d'Israël, instrumentalisant la lutte contre l'antisémitisme pour défendre le projet colonial d'Israël.

Cette même première adjointe, Lamia El Aaraje, a même animé une réunion avec ce collectif le 15 mai 2024. Derrière ses discours où elle appelle à la paix et à une solution à deux États, El Aaraje affiche un soutien inconditionnel à Israël et dénonce les actes de soutien à la cause palestinienne. Dans une interview au média pro-israélien i24News, elle a en effet estimé que certains membres de LFI, comme Rima Hassan, dénonceraient le génocide en Palestine par calcul électoraliste : « Je dénonce l'importation d'un conflit qui n'est pas un conflit français, d'une manipulation à visée électoraliste. LFI n'est pas un parti de gauche mais un parti populiste avec lequel je souhaite ne rien avoir à faire ». Pleinement alignée sur Grégoire, Lamia El Aaraje utilise comme prétexte la lutte contre l'antisémitisme pour diaboliser ses adversaires politiques, participant ainsi à la campagne de criminalisation menée par le régime et l'extrême droite contre LFI.

Avec la nomination de Lamia El Aaraje, Emmanuel Grégoire rompt définitivement avec son image de médiateur pour afficher son affiliation à l'aile la plus droitière du PS, incarnée par Nicolas Mayer-Rossignol. Avec la plateforme « Changer pour gagner », il avait tenté de s'imposer à la tête du PS lors de leur congrès de juin 2025 avec une ligne autoritaire, anti-LFI, pro-Israël et prête à collaborer avec le gouvernement. Parmi les figures de ce courant, on retrouve donc Lamia El Aaraje, mais aussi Jérôme Guedj, qui n'avait pas hésité à traiter Jean-Luc Mélenchon de « salopard antisémite » et qui, tout comme Grégoire, a signé la proposition de loi Yadan qui assimile toute critique d'Israël à de l'antisémitisme. Ce même courant avait lancé une tribune pour s'opposer à l'usage du terme d'islamophobie, soutenant l'offensive à l'égard des musulmans que le gouvernement alimente depuis plusieurs années.

Cette orientation politique du nouvel exécutif d'Emmanuel Grégoire se retrouve aussi dans l'importance donnée au sujet de la sécurité et de la répression policière. La sécurité est désormais une prérogative de la première adjointe, alors que ce domaine n'avait été attribué qu'au 19e adjoint sous la mandature d'Hidalgo, un signe des priorités du nouveau maire. Le choix de Lamia El Aaraje à cette fonction n'est pas non plus anodin puisque celle-ci avait déjà assuré des fonctions similaires à la mairie du 20e et avait publiquement soutenu les forces de l'ordre lors d'une manifestation de policiers en 2021.

Autre témoignage significatif du projet politique de Grégoire à la tête de Paris : la nomination au poste de secrétaire générale de la mairie de Paris de Marie Daudé, une énarque qui a travaillé dans les cabinets de ministres macronistes comme Olivier Véran et Agnès Buzyn.

Pour faire face aux politiques austéritaires du gouvernement et à l'extrême droite, il n'y a rien à attendre des promesses démagogues du PS, qui n'a cessé d'attaquer les plus précaires, de criminaliser les soutiens à la Palestine et qui a pavé la voie à l'extrême droite. Face à la nouvelle mairie, il est nécessaire de construire une riposte par en bas, qui s'appuie sur les luttes locales des travailleur·euses et des habitant·es de Paris. Dans la continuité de notre campagne réussie aux municipales du 13e arrondissement de Paris, nous organisons une Assemblée ouverte le 16 avril à 19h au Digital Village. À l'issue des élections, cette assemblée peut être un premier pas dans ce travail de construction de la résistance aux futures attaques que ne manquera pas de préparer Grégoire et son nouvel exécutif.

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