Conseil municipal de Saint-Denis : Elsa Marcel appelle à construire une riposte contre l'offensive raciste
Mon, 06 Apr 2026 19:22:32 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalDans un contexte marqué par une déferlante raciste de l'extrême droite, les élus de Révolution Permanente ont exprimé leur solidarité avec Bally Bagayoko tout en appelant à la construction d'une riposte ouvrière et populaire pour faire front face au racisme d'État et arracher par la mobilisation des mesures à la hauteur de l'urgence sociale.

Dans un contexte politique marqué par une offensive politique raciste d'ampleur menée par l'extrême droite à l'encontre du maire de Saint-Denis, Bally Bagayoko, les élus au conseil municipal de la ville se sont réunis pour la deuxième fois ce samedi 4 avril. À l'ordre du jour, les élus ont dû voter centralement pour l'élection des adjoints au maire, ainsi que pour les conseillers de territoire qui siégeront au sein de Plaine Commune et au conseil d'administration du Centre communal d'action sociale (CCAS) de la commune de Saint-Denis. Enfin, ils ont dû voter les montants des frais de représentation du maire de la ville.
Sans surprise, l'ensemble des dix-sept adjoints au maire sont membres de l'équipe majoritaire de La France insoumise et du Parti communiste français. Concernant les conseillers qui siégeront au sein de Plaine Commune Habitat, ces derniers sont membres de la liste LFI-PCF, mais des membres du groupe dirigé par le Parti socialiste y siégeront également. En outre, Bally Bagayoko a annoncé sa candidature à la présidence de l'établissement public territorial. Enfin, Dorian Gonthier, élu Révolution Permanente, s'est fait élire aux côtés d'élus des différentes listes au sein du CA du CCAS de la commune de Saint-Denis. Une position qui permettra au militant de RP d'être les yeux et les oreilles des travailleurs au sein de cette instance au cœur de la politique sociale de la commune, dans la continuité de son mandat au sein du conseil municipal de Saint-Denis.
Lors du vote des frais de représentation du maire et du maire délégué de la ville de Pierrefitte, Elsa Marcel, tête de liste lors des élections municipales et dorénavant élue pour Révolution Permanente au sein du conseil, a d'abord exprimé son opposition à la mesure prise par la préfecture de Seine-Saint-Denis visant à interdire l'arrêté anti-expulsion récemment pris par le nouveau maire de Saint-Denis. « Je dénonce l'intervention de la préfecture du 93. Du côté de Révolution Permanente, on voit que chaque mesure, même minimale, qui va dans le sens de la défense des habitants, des plus précaires, des familles, rencontrera la résistance de l'État qui, lui, a un pouvoir de contrainte. On se tiendra prêts à défendre toutes ces mesures dans la rue » a-t-elle déclaré.
Les élus RP ont ensuite annoncé leur intention de voter contre les frais de représentation demandés par Bally Bagayoko. L'enveloppe globale de 13 000 euros consacrerait 10 000 euros aux frais du maire de Saint-Denis et 3 000 euros pour le maire délégué de Pierrefitte. Pour Elsa Marcel, cette somme constitue une dépense « non nécessaire » qui mériterait d'être consacrée au budget des services publics : « Les frais de représentation s'ajoutent aux indemnités et aux salaires. C'est une mesure opaque dont on ne sait pas à quoi elle sert concrètement. D'où les grands débats nationaux sur la question, notamment à Paris. Les élus doivent vivre dans des conditions qui ne soient pas au-dessus du niveau de vie de la majorité de la population. Il y a tout un tas de maires du PCF qui ont défendu la suppression des frais de représentation », tout comme le maire La France insoumise de la ville du Tampon, à La Réunion, qui a supprimé ses propres frais de représentation pour les reverser dans le budget des services publics. Une disposition « intéressante qu'il aurait éventuellement fallu reproduire ici » a-t-elle conclu. Finalement, en dehors des deux élus de Révolution Permanente, l'ensemble des membres du conseil ont voté en faveur de la proposition de la majorité municipale.
Au conseil municipal de Saint-Denis ce matin, j'ai voté contre l'attribution de 10 000€ de frais de représentation au maire. La suppression de ces frais est déjà appliquée par certains maires : les élus doivent vivre au même niveau que la population ! J'ai également tenu à… pic.twitter.com/Y9MNbtrxSh
— Elsa Marcel (@Elsa_Marcel) April 4, 2026
Pour la fin du conseil, l'ensemble des groupes siégeant ont pu effectuer une déclaration. Du côté des élus de La France insoumise, Diangou Traoré a déclaré « prendre la parole avec gravité et détermination » pour soutenir Bally Bagayoko face aux offensives racistes qu'il subit. Un soutien partagé par l'ensemble des groupes qui se sont exprimés. Dans sa déclaration, après avoir annoncé la réouverture de l'espace jeunesse à Gabriel Péri ainsi que l'ouverture d'un espace jeunesse à Pierrefitte, Bally Bagayoko s'est exprimé sur la situation politique, réagissant notamment aux polémiques sur la police municipale. Il a notamment démenti l'information selon laquelle 90 agents de police auraient quitté la ville, avant d'expliquer « avoir une haute estime de ces personnels, après avoir patrouillé avec eux ». « Le temps de l'apaisement est arrivé » a-t-il encore annoncé.
Du côté de Révolution Permanente, Elsa Marcel a exprimé sa « solidarité pleine et entière à Bally Bagayoko face à la déferlante raciste et négrophobe qu'il subit », ajoutant que, de son point de vue, la réaction des classes dominantes à l'annonce de la suppression des LBD pour la police municipale et de l'arrêté anti-expulsion est l'expression de leur fébrilité face au rejet massif de la population de Saint-Denis et Pierrefitte « d'une politique bourgeoise et sécuritaire qui était celle de Mathieu Hanotin pendant six ans ».
Elle a ainsi appelé à la construction d'un « front de résistance des organisations politiques, associatives et syndicales contre l'extrême droite » tout en soulignant que ceux qui ont pavé la voie à ces offensives racistes, à savoir le macronisme et la gauche bourgeoise, « ne peuvent être des alliés dans ce combat », rappelant le rôle clé de Mathieu Hanotin dans les calomnies sur les prétendus liens entre la campagne de Bally Bagayoko et les narcotrafiquants qui nourrissent l'offensive raciste actuelle contre le maire. Dans le même temps, l'élue en a profité pour revendiquer la régularisation de toutes et tous les sans-papiers, déclarant que « personne n'est illégal, n'importe où sur le territoire ».
Dans la déclaration du groupe Revolution Permanente au conseil municipal ce matin, nous avons exprimé notre solidarité pleine et entière avec Bally Bagayoko face à la déferlante raciste et négrophobe. Elle s'inscrit dans une offensive politique plus large contre l'ensemble des… pic.twitter.com/RngbvRnnNh
— Elsa Marcel (@Elsa_Marcel) April 4, 2026
Dans la deuxième partie de son intervention, Elsa Marcel a appelé à faire le lien entre l'offensive raciste en cours et la répression contre les voix solidaires du peuple palestinien, rappelant la complicité du Parti socialiste à cet égard. « À l'heure où le génocide se poursuit, Israël et les États-Unis pilonnent l'Iran, le Liban avec le soutien des puissances impérialistes » a poursuivi la conseillère, appelant à militer depuis Saint-Denis « pour l'abandon de toutes les poursuites, à commencer par celles qui visent Rima Hassan, mais aussi Anasse Kazib et Nicolas Shahshahani », vice-président d'Europalestine.
Pour conclure, elle a expliqué que « face à l'extrême droite et au régime, il faudra se préparer à s'organiser et à résister dans la rue », rappelant qu'à Saint-Denis et Pierrefitte, « on a la force du nombre » face à un État qui a montré sa détermination à attaquer la moindre mesure progressiste prise dans la ville. C'est en ce sens qu'elle a notamment insisté sur l'enjeu de construire des mobilisations dans la continuité de la grève dans l'éducation nationale, mardi dernier, appelant à des « grèves antiracistes » et à s'inspirer de la révolte de Minneapolis, qui a obligé Trump à retirer les forces de l'ICE hors du Minnesota. « Si c'est possible à Minneapolis, c'est possible à Saint-Denis et Pierrefitte ! » a-t-elle conclu, avant d'être applaudie par la salle.