« Ils nous ont réprimé pour nous discipliner » : Abel, lycéen au Havre, dénonce les violences de la police
Sat, 04 Apr 2026 14:23:02 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalLe matin du 31 mars, les lycéens du lycée Claude Monet au Havre, qui ont bloqué leur lycée contre l'austérité, se sont fait violemment réprimer. Abel, lycéen et militant au Poing Levé, dénonce la violente répression subie par la police et l'administration de l'établissement.

Je souhaite dénoncer les violences de l'administration et de la police, le matin du mardi 31 mars, que mes camarades et moi avons subi, devant le lycée Claude Monet au Havre. Ce matin-là, c'était une journée de grève nationale dans l'Éducation nationale. J'étais au lycée avec mes camarades, dans le cadre d'un blocus décidé en assemblée générale. Lors de cette mobilisation, nous nous sommes placés devant l'entrée de l'établissement pour organiser le blocus. Dès le début, à 9h, l'administration de l'établissement, dont le proviseur, se sont permis de nous attraper, de nous tirer et de nous pousser.
Plus tard, alors que nous étions des dizaines devant l'établissement, à refuser d'y entrer, le proviseur du lycée, avec l'appui du rectorat, a sollicité l'intervention des CRS, afin de dégager l'entrée de l'établissement. Nous avons alors été chargés par des policiers armés de casques, de boucliers et de gazeuses. Un policier, au loin, tenait un lanceur de balles de défense. Ces charges ont été réalisées dans la violence la plus totale, et sans sommation.
Aussi, les CRS ont utilisé du « gel anti-émeute » à bout portant. Il s'agit d'un nouveau gel rouge et collant, très puissant, qui a des vertus hautement irritantes et incapacitantes. Certains en ont reçu directement dans les yeux, plusieurs personnes se sont écroulées, moi-même j'étais dans l'incapacité de bouger pendant plusieurs minutes. Nous étions tous choqués.
La violence et les outils utilisés contre une manifestation, afin de réprimer les plus actifs du blocus, dans un contexte où des centaines d'autres lycéens étaient réunis devant le lycée, a été inouïe. Elle avait clairement pour objectif de discipliner tout le monde et cela montre une chose : que le gouvernement a peur d'un mouvement lycéen plus large. Car il sait que, nous lycéens, nous refusons l'avenir de guerre et de misère qu'il nous promet. Il veut nous effrayer pour que nous rentrions à la maison et que nous acceptions le triste sort qu'il nous promet. Mais nous ne rentrerons pas, car nous savons que notre avenir est en jeu.
Avec mes camarades, nous continuerons à lutter contre ce système, dans la rue et dans nos lieux d'étude, qui nous réprime et veut nous mettre au pas.