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25 étudiants exclus de l'université : les dégâts de « Bienvenue en France » à Strasbourg

Sat, 04 Apr 2026 00:12:19 CEST

Révolution Permanente

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Le 31 Mars, la présidence de l'Université de Strasbourg a annoncé leur désinscription à 25 étudiants étrangers n'ayant pu payer les 4000€ de frais d'inscription prévus par « Bienvenue en France ». Une attaque xénophobe envers les étudiants étrangers, visant à exclure les plus précaires de la fac.

Le 31 Mars 2026, la présidence de l'Unistra (Université de Strasbourg) a annoncé à 25 étudiants qu'ils n'étaient plus inscrits à l'université, faute d'avoir pu payer les 3941€ de frais annuels d'inscription imposés aux étudiants étrangers hors Union Européenne (UE). Cette mesure s'inscrit dans l'application de la réglementation nationale de 2019, ironiquement nommée « Bienvenue en France », qui prévoit de faire payer des milliers d'euros aux étudiants non européens qui voudraient suivre des études au sein des Universités françaises. A Strasbourg, le dispositif visant à multiplier par seize l'inscription en master entre étudiants français et étudiants étrangers hors UE avait été voté en Conseil d'Administration à la rentrée 2023, pour une application l'année d'après. En décembre de l'année dernière, 400 étudiants en Master avaient fait face à des frais d'inscription similaires, parfois dans des délais de quelques jours, et 37 étudiants avaient déjà été désinscrits de force.

Une pétition lancée en Mars par l'intersyndicale, demandant la réinscription des étudiants exclus et l'abandon des frais pour tous les étudiant étrangers, a déjà reçu plus de 2000 signatures, montrant que les étudiants et personnels rejettent massivement ces mesures de sélection raciste. En effet, « Bienvenue en France » représente une attaque brutale et profondément xénophobe qui vise à exclure les étudiants étrangers et précaires des bancs de l'université. En instaurant une politique de droits différenciés entre les étudiants dits « communautaires » et « extracommunautaires », le gouvernement et les présidences complices ont mis en place une politique de préférence nationale. De même, « Bienvenue en France » plonge les étudiants capables de payer les frais dans une situation de précarité toujours plus importante, les forçant souvent à avoir recours à un emprunt étudiant ou à travailler en dehors de leurs études, ce qui est aujourd'hui la première cause d'échec scolaire à la fac.

Cette mesure s'inscrit dans un contexte plus large de privatisation de l'enseignement supérieur, un secteur qui subit depuis des années des attaques brutales de la part des gouvernements successifs. Ces politiques imposent une austérité croissante aux universités et, plus largement, à l'ensemble des services publics. Les étudiants étrangers se retrouvent en première ligne de ces attaques : confrontés à une forte sélection, ils sont également exclus des premiers tours d'attribution des logements CROUS et le budget 2026 du gouvernement Lecornu leur prévoit la suppression des APL. En leur faisant porter le poids des politiques d'austérité, ces mesures visent de fait à exclure les plus précaires de l'université et à restreindre l'accès à l'enseignement supérieur.

Face aux attaques austéritaires et racistes des gouvernements et des présidences d'universités envers les étudiants étrangers et précaires, il est nécessaire que les organisations de gauche fassent front commun pour revendiquer la réinscription des étudiants exclus de l'université, ainsi que l'abandon total du plan raciste « Bienvenue en France » et de tous les frais d'inscriptions imposés aux étudiants étrangers, mais également des investissements massifs dans une éducation gratuite et la régularisation de tous les sans-papiers.

L'université de Strasbourg, Wikimedia Commons

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