L'Université de Tours réprime une réunion sur la Palestine
Fri, 03 Apr 2026 23:11:18 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalReprenant la rhétorique de « trouble à l'ordre public » de la circulaire Baptiste, la présidence de l'université de Tours a empêché une conférence sur la Palestine de se tenir dans un contexte de censure accrue et de répression du gouvernement envers les soutiens au peuple palestinien.

Le 2 avril, l'université de Tours devait accueillir une conférence sur les partenariats entre les universités françaises et les entreprises complices du génocide en Palestine, organisée par la FSE Tours, Solidaires étudiant-e-s et le collectif de solidarité Palestine 37. D'abord acceptée par la présidence, celle-ci s'est rétractée car la communication de l'événement sur les réseaux sociaux dénonçait le génocide et la complicité des entreprises en partenariats avec l'Université. La réservation de salle a été annulée et la présidence s'est rendue sur les lieux accompagnée des services de sécurité de l'établissement, mais aussi d'une sécurité privée, pour empêcher toute possibilité de passer au-dessus de l'interdiction émise le jour même.
La présidence de l'université utilise le motif de « risque de trouble à l'ordre public », présent dans la circulaire de Philippe Baptiste et Laurent Nuñez, respectivement ministre de l'Enseignement supérieur et ministre de l'Intérieur. Ce motif est un appui majeur de répression et de censure des voix progressistes et pro-palestinienne. La conférence devait accueillir un militant pro-Palestine qui fera partie du départ depuis la France des flottilles pour Gaza, pour témoigner depuis la conférence et parler de l'initiative. Considéré comme une personnalité extérieure, l'établissement s'en est servi pour appuyer la décision, reprochant aux organisateurs de ne pas avoir fourni de liste des invités extérieurs, masquant mal la volonté d'empêcher la venue de militants politiques. L'Université de Grenoble Alpes avait déjà censuré deux évènements antimilitaristes, utilisant les mêmes motifs.
La dénonciation des partenariats des universités françaises avec des entreprises d'armement complices du génocide concerne la faculté de Tours, qui entretient des partenariats avec STM Electronics, bien que ce soit une entreprise connue pour fournir des technologies militaires de pointe à l'État génocidaire. Aussi, pointer sa complicité serait user de « propos diffamants » selon l'administration, rapporte Le Parisien.
La circulaire Baptiste, publiée quelques jours après la mort du militant néofasciste, représente un nouveau cap franchi dans la répression et la censure des étudiants et de toute voix contestataire osant dénoncer le génocide à Gaza. Elle s'inscrit dans la continuité de la répression dans les facs et la criminalisation plus large des militants pro-Palestine. En plus des interdictions d'événements, ce sont des personnalités publiques qui sont aujourd'hui poursuivies en justice pour « apologie du terrorisme ». Ça a été le cas pour la présidente d'Europalestine, Olivia Zemor, condamnée à 24 mois avec sursis pour ce motif, ou pour les militants Anasse Kazib et Rima Hassan, dont les procès auront lieu les 26 juin et 7 juillet prochain.
Dans le même temps, l'État génocidaire a voté le recours à la peine de mort contre les Palestiniens le 30 mars dernier, par le biais d'une loi votée au Knesset et continue son invasion du Liban. L'État français est complice de cette barbarie, en réprimant les voix contestataires avec le projet de loi Yadan, qui vise à renforcer la répression des soutiens à la Palestine en instrumentalisant la lutte contre l'antisémitisme. Nous devons continuer à dénoncer cette complicité et à lutter contre la répression qui s'abat sur les militants politiques. Face à la barbarie de l'État génocidaire, il faut élargir la solidarité et défendre le droit à se mobiliser !
Crédits photos : capture d'écran chaîne youtube Université de Tours