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« Non à la fermeture des classes ! » : de nombreuses mobilisations à Lavaur et dans le Tarn

Fri, 03 Apr 2026 20:06:15 CEST

Révolution Permanente

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Alors que 28 suppressions de classes ont été annoncées par la Direction Académique des Services de l'Education Nationale du Tarn, de nombreuses mobilisations ont éclaté à Lavaur et dans plusieurs communes pour s'y opposer.

Ce jeudi 2 avril à Lavaur, dans le Tarn, ils étaient une centaine d'enseignants, élèves et parents à se retrouver à l'école élémentaire Arnaud Beltrame pour s'opposer aux suppressions de classes dans les écoles de Lavaur. On pouvait lire sur les pancartes « Non à la fermeture des classes ! », dont trois sont menacées dans la ville pour la rentrée 2026 - 2027.

Les parents d'élèves mobilisés pour le bien-être des enfants

Ce rassemblement fait suite à l'annonce du projet de carte scolaire pour la rentrée 2026-2027 présenté par la Directrice Académique des Services de l'Education Nationale (DASEN) du Tarn en commission et qui annonce la fermeture de 28 classes dans le département. Les parents d'élèves ont décidé de se mobiliser en apprenant cette nouvelle et ont lancé une pétition : « L'équilibre de notre école est menacé. Les conditions de travail de nos enfants, pour un apprentissage de qualité, vont se détériorer ».

Comme ils l'expliquent, ces suppressions de classes auront des conséquences sur le bien-être des enfants : « Aujourd'hui, l'école compte sept classes et accueille le dispositif ULIS pour des élèves à besoins particuliers. Nous observons une augmentation constante des besoins d'accompagnement (PAP, PPRE, PPS). Voir [être] réduites les capacités d'accueil et d'encadrement suscite chez nous une profonde angoisse et une vive colère ».

Des suppressions de postes loin d'être isolées

C'est la même colère qui anime les parents d'élèves et les enseignants du collège Les Clauzades, toujours à Lavaur, qui ont manifesté le 27 mars dernier contre la suppression de 6 postes d'enseignants. Au micro de France 3, Nicolas Cabrolier, professeur d'histoire-géo et délégué syndical SNES-FSU, déclarait qu'« on prétexte une légère baisse démographique à Lavaur pour remplir des classes et faire des économies ».

C'est toujours le même argument qui est avancé par l'Etat pour réduire le nombre de postes. Ces annonces ne sont pas les premières dans le département du Tarn, déjà durement touché par de nombreuses suppressions de postes et de classes ces dernières années, ainsi qu'à la fermeture d'une quarantaine d'écoles depuis plus de 20 ans. Au-delà des effectifs qui explosent dans les classes, ces fermetures ont pour conséquences de revoir le réseau scolaire, ce qui allonge les trajets des élèves le matin et le soir, entraînant souvent plus de fatigue pour les enfants.

C'est pour ces mêmes raisons que la mobilisation de Lavaur n'est pas isolée, et que de nombreux rassemblements ont déjà eu lieu dans d'autres communes du département, comme Castres, Arthès, Cagnac-les-Mines, au Garric, ou encore à Briatexte, comme le rapporte 100% Radio.

Ces mobilisations ont lieu alors que les grèves se sont multipliées partout en France dans les établissements scolaires (primaire et secondaire) depuis le mois de février en réaction au budget austéritaire de Lecornu et aux annonces de fermeture de 4 000 postes, la plus grosse attaque contre l'éducation nationale depuis les 16 000 suppressions de postes sous Sarkozy en 2011.

Dans le Nord, les pays de la Loire et en Île-de-France en février, puis durant le mois de mars à Nantes, Orléans, Tours, Lille, Amiens, Angers, Marseille, Paris, Pau, en Gironde… La liste est longue et témoigne de l'ampleur de la colère qui s'exprime à la base, ce qui a poussé les directions syndicales à appeler à une première grève nationale le 31 mars, alors qu'elles s'y étaient jusque-là refusées.
Il y avait ainsi 500 personnes à Albi, ce mardi 31 mars, date qui a été très suivie à l'échelle nationale. Selon le SNUipp-FSU, 30% des enseignants du premier degré du public se sont mis en grève, tandis que le Snes-FSU annonce 25% d'enseignants grévistes dans le second degré. Des manifestations et rassemblements ont eu lieu dans plusieurs villes, avec plusieurs milliers de manifestants à Paris.

Face à l'austérité et la militarisation, il faut opposer une stratégie gagnante et élargir le mouvement

Toujours ce 31 mars, les lycéens du lycée Bellevue d'Albi affichaient fièrement sur leur piquet le slogan : « Moins de porte-avions, plus d'éducation ». Un slogan repris par les manifestants et un lien entre l'offensive austéritaire et la hausse massive du budget de l'armée qui s'est exprimé ailleurs en France. Un signe qu'au-delà des revendications locales autour des suppressions d'heures des différents établissements, la colère commence à pointer le rôle que joue la préparation à la guerre menée à marche forcée par le gouvernement actuel - qui vient d'annoncer 8,5 milliards d'euros supplémentaires pour l'achat de munitions - dans la casse des services publics.
Alors que la colère monte dans les établissements et que enseignants, élèves et parents s'organisent pour contester la politique gouvernementale, la question de la stratégie syndicale se pose de plus en plus frontalement. Face à un pouvoir macroniste inflexible, les appels à de simples négociations que lancent les directions syndicales apparaissent insuffisants pour nombre d'acteurs mobilisés. Dans de nombreux endroits, l'idée d'un mouvement plus structuré et coordonné gagne du terrain, avec l'ambition de dépasser les revendications locales pour construire un rapport de force à l'échelle nationale, capable de peser réellement sur les choix budgétaires et les orientations éducatives.

À mesure que la mobilisation s'organise, des formes d'auto-organisation émergent, comme les assemblées générales de personnels, qui rassemblent de plus en plus largement et cherchent à coordonner les luttes entre établissements. Ces dynamiques traduisent une volonté de dépasser les mobilisations isolées et locales, jugées insuffisantes face à l'ampleur des suppressions de postes et des restrictions budgétaires. L'enjeu est désormais d'élargir les revendications pour massifier le mouvement, en portant des exigences communes à l'ensemble du secteur éducatif — annulation des suppressions de postes, baisse des effectifs par classe, titularisation des personnels — mais aussi en s'adressant à d'autres secteurs touchés par l'austérité, l'inflation sur fond de guerre, en revendiquant des augmentations de salaires générales de 400 euros pour tous les personnels ainsi que leur indexation sur la hausse des prix, dans un contexte de retour de l'inflation où les hausses proposées restent dérisoires face à l'explosion du coût de la vie. Tout en continuant de porter des revendications antimilitaristes, en lien avec la jeunesse mobilisée contre le retour du service militaire et avec les militant·es qui dénoncent les génocides et les guerres en cours, nous devons exiger l'abrogation totale du budget 2026, un budget d'austérité et de guerre qui sacrifie l'école, la santé et les services publics au profit des dépenses militaires et des cadeaux aux plus riches.

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