148 classes supprimées en Gironde : 500 personnes manifestent à Bordeaux contre l'austérité
Fri, 03 Apr 2026 21:43:10 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalAprès plusieurs semaines ponctuées par de nombreux rassemblements devant des établissements contre les fermetures de classes partout en Gironde, près de 500 personnes ont manifesté à Bordeaux contre les coupes budgétaires dans l'Éducation nationale.

Près de 500 personnes ont manifesté le 31 mars à Bordeaux face aux coupes budgétaires et aux fermetures de classes en Gironde dans une journée de mobilisation nationale appelée par l'intersyndicale. La manifestation, qui s'est dirigée vers l'inspection de l'académie à Grand Parc, a réuni des parents d'élèves et l'ensemble des secteurs des travailleurs de l'Éducation nationale qui sont en lutte depuis des mois en Gironde contre la nouvelle carte scolaire, qui sera validée dans les prochains jours. Si 25 % des enseignants étaient en grève à l'échelle nationale, dans certains établissements girondins la mobilisation a été largement suivie, comme au collège Capeyron à Mérignac où 96% des enseignants étaient en grève.
Comme nationalement, la Gironde est largement attaquée dans le projet de nouvelle carte scolaire. Elle pourrait conduire à supprimer des classes dans de nombreuses communes à la rentrée 2026, dans le premier et le second degré. Dans le département, ce sont 148 classes qui pourraient être supprimées à la rentrée 2026 et 230 postes qui pourraient alors être menacés.
La colère qui s'est exprimée mardi monte en réalité depuis des mois avec de multiples mobilisations locales. En effet, partout en Gironde ces dernières semaines, dans le Libournais, Tonneins, ou encore à Podensac, des rassemblements ont eu lieu devant les écoles pour exiger la fin des coupes budgétaires et des conditions de travail dignes pour tous. Les petites communes et les quartiers populaires bordelais comme la Benauge sont en effet les plus durement touchés par des fermetures de classes.
Mais alors que le gouvernement tente de masquer sa politique austéritaire par l'argument d'une baisse démographique, Tanguy Dassonville, Co-secrétaire de la CGT Educ'action33 dénonce un argument fallacieux : « La baisse du nombre d'élèves par classe c'est un critère prédominant dans l'amélioration des conditions d'apprentissage des élèves. Donc pour nous la baisse démographique c'est plutôt un argument pour ne pas supprimer de postes, en créer là où on en a besoin, et faire baisser le nombre d'élèves par classe. » Il poursuit en dénonçant le gel du point d'indice et les conditions de travail pour revendiquer une hausse de salaire de 400 euros net. Enfin il conclut en constatant que « des moyens il y en a, le budget de l'armée dépasse celui de l'école, il serait peut être temps de refixer les priorités pour l'école et pas pour l'armée ».
Cette première journée de mobilisation reste néanmoins très en deçà de la colère accumulée. C'est ce dont témoigne le décalage entre, d'une part une multiplication des grèves locales ces deux derniers mois, avec une avant-garde marseillaise particulièrement mobilisée depuis le début du mois de mars, notamment au travers de nombreux blocus lycéens sévèrement réprimés, et l'absence de plan de bataille sérieux pour réellement nationaliser le mouvement, autre qu'une nouvelle journée isolée et sans perspective.
Pour élargir le mouvement et construire la grève, les lycéens bordelais doivent entrer dans la bataille, avec la même combativité qui s'est exprimée lors des mouvements de septembre. De plus, la multiplication d'initiatives locales démontre le potentiel de la mobilisation, mais pour s'attaquer sérieusement à l'austérité il faut coordonner l'ensemble des secteurs en lutte par des assemblées générales, comme à Paris avant les vacances de février ou à Marseille depuis le début du mois. Enfin, alors que gouvernement fait exploser le budget de l'armée, se battre contre la casse des services publics implique d'étendre les revendications pour dénoncer aussi la course à la militarisation.
Crédits photo : Révolution Permanente