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No Kings Italy : grande manifestation à Rome contre la guerre et le gouvernement d'extrême-droite

Thu, 02 Apr 2026 20:08:16 CEST

Révolution Permanente

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Samedi 28 mars dernier, l'Italie aussi s'est mobilisée contre les rois et leurs guerres. La manifestation, à Rome, a permis d'exprimer dans la rue l'opposition qui s'était exprimée dans les urnes contre la réforme constitutionnelle de Meloni, et pourrait offrir une continuité aux mobilisations d'octobre embarrassante pour le gouvernement d'extrême-droite.

Ce samedi 28 mars, à Rome s'est tenue une manifestation reprenant le mot d'ordre états-unien No Kings, contre les guerres et contre le gouvernement d'extrême-droite de Meloni et ses réformes anti-démocratiques. La manifestation, appelée à Rome au niveau national, se préparait depuis quelques semaines dans le contexte de la campagne autour du référendum constitutionnel de Meloni. Elle finit par se tenir le week-end suivant le rejet dans les urnes de la réforme, pire hypothèse possible pour le gouvernement, qui craint un retour des mobilisations dans ce moment délicat politiquement.

Dans ce contexte, l'exécutif a cherché à réprimer et à intimider les manifestants avant même la tenue de l'événement. La presse rapporte des contrôles particulièrement importants des convois de manifestants de rendant vers Rome, et, prenant pour prétexte la mort accidentelle de deux militants anarchistes il y a quelques jours à Rome, alors qu'ils auraient tenté de fabriquer une bombe artisanale, la Questura de Rome a mis en place un fort dispositif policier. Enfin, l'eurodéputée d'Alleanza Verdi Sinistra Ilaria Salis, qui avait été détenue quinze mois en Hongrie en tant que militante antifasciste a été perquisitionnée le matin de la manifestation dans sa chambre d'hôtel à Rome, clin d'oeil à l'orbanisation du régime tandis que les manifestants craignent les arrestations préventives légalisées par le dernier décret sécurité.

Dans sa note de préparation du dispositif policier à une semaine de l'échéance, la DIGOS, unité politique de la gendarmerie italienne, estimait le nombre de manifestants à attendre autour de 15 000, tout en prévoyant la possibilité d'une participation plus importante à la suite des résultats du référendum. Une participation de 15 000 manifestants, pour une date nationale préparée depuis des semaines aurait situé cette manifestation dans la moyenne des mobilisations nationales des premières années de la législature actuelle. Autrement dit, cela aurait été peu, alors que la CGIL, l'ARCI, le Parti Démocrate et tous les grands partis de gauche – à l'exception de l'USB et de Potere al Popolo - soutenaient et participaient à cette mobilisation.

La mobilisation a en effet été importante, et bien au-delà de mobilisations routinières, signe de la mobilisation de secteurs qui jusqu'ici ne participaient pas au manifestations politiques nationales. Il Manifesto relève par exemple une convergence exceptionnelle de tous les secteurs qui se sont mobilisés ces dernières années, CGIL, syndicats de base, Non una di Meno, Insorgiamo, étudiants, acteurs de centres sociaux, cercles ARCI… mais aussi la participation de jeunes du sud non organisés mais conscients d'avoir pesé dans la défaite au référendum de Meloni. Et ces éléments de massivité se conjuguent au caractère très politique de la mobilisation, qui exprime clairement une opposition au gouvernement en place, ce qui n'était pas toujours le cas dans les mobilisations italiennes des dernières années.

Signe des attentes politiques autour de cette date, les estimations de participation sont particulièrement disputées. La Questura de Rome, forcée d'admettre un phénomène, estime le nombre de manifestants à 25.000, tandis que les organisateurs revendiquent 300.000 manifestants, un rapport d'un à quatorze. Si les chiffres ne sont probablement pas aussi hauts que ceux revendiqués par les organisateurs, il y a toutefois clairement un espace pour donner une continuité politique aux mobilisations d'octobre et à la victoire du non à la réforme constitutionnelle, les deux premiers événements à mettre en crise Meloni sur le plan interne.

Cette opportunité est perçue assez largement, et cela d'autant plus que le niveau de vie de secteurs importants de la population, notamment dans le Sud de l'Italie, a baissé du fait de la suppression du revenu de citoyenneté par la majorité de Meloni, de l'inflation et des coupes austéritaires, et que la crise énergétique causée par les guerres impérialistes au moyen-orient risque d'approfondir cette situation. Des assemblées se maintiennent pour poursuivre la mobilisation. Les mobilisations pourraient approfondir la crise du gouvernement d'extrême-droite et produire des recompositions à gauche et sont donc à suivre. Dans ce cadre, il faut renforcer la mobilisation, en insistant sur la nécessité de la construire en indépendance du Parti Démocrate, formation politique qui a pavé la voie au gouvernement actuel par ses politiques austéritaires, racistes et sécuritaires, et autour d'une perspective anti-impérialiste claire, pour la défaite de l'agression des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran !

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