Élections des conseils centraux à Nanterre : qui se présente, et pourquoi voter Le Poing Levé ?
Thu, 02 Apr 2026 11:31:15 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalSix listes se présentent aux élections des conseils centraux à Nanterre : on revient sur les bilans et le programme de chacune, et on t'explique pourquoi voter Le Poing Levé, la liste contre la précarité étudiante, l'extrême droite et le génocide à Gaza.

La semaine du 30 mars au 3 avril se tient à Nanterre les élections des conseils centraux et d'UFR. Six listes se présentent au CA (Conseil d'Administration) et cinq en CFVU (Commission de Formation et Vie Universitaire) : retour sur chacune d'entre elles.
L'UNI, ou l'instrumentalisation élitiste et raciste de la précarité étudiante
L'UNI, qui ne se présente qu'au CA, défend les idées les plus réactionnaires dans le mouvement étudiant : soutien à Zemmour aux dernières élections présidentielles, propos homophobes, antisémites et islamophobes… La direction nationale du syndicat s'est affichée en faisant des saluts nazis et suprémacistes blancs.
Pour draguer les étudiants, encore largement opposés aux idées d'extrême droite, celle-ci essaie vaguement de les cacher derrière un programme qui fait porter le chapeau de la précarité étudiante aux plus pauvres. L'UNI propose ainsi d'instaurer une bourse au mérite, ou de lutter contre la « fraude » à la bourse des étudiants qui ne se rendent pas en cours. Un projet aligné sur celui du gouvernement, qui vise à restreindre l'accès à l'université aux jeunes des classes populaires, et à toute une frange, de plus en plus nombreuse, d'étudiants obligés de travailler en plus de leurs études pour subvenir à leurs besoins.
Contre l'extrême droite qui menace les étudiants dans nos facs, le Poing Levé a impulsé et soutenu des comités d'action et des villages antifascistes à Toulouse, Paris 1, Bordeaux ou Marseille, en faisant front au côté de dizaines d'autres organisations.
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Bouge ton campus, la liste « apolitique » de la macronie
Toutes les autres listes se présentent à la fois en CA et en CFVU. Parmi elles, Bouge ton campus est principalement représentée par la FAUN (Fédération des associations de l'université de Nanterre), et présente principalement des candidats de la FAGE (Fédération des associations générales étudiantes).
Bien que la FAGE déclare être un syndicat « apartisan », elle est en réalité étroitement liée à la macronie. L'ancienne ministre de l'Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, à l'origine de la loi ORE qui prévoyait la création de Parcoursup, avait notamment participé à l'un de leur congrès et à l'une de leurs épiceries solidaires. En 2017, la FAGE avait remué ciel et terre pour obtenir le soutien officiel de Macron. Autant dire que son « indépendance » n'est qu'une façade, qui cache mal un alignement total avec les politiques bourgeoises.
Si la FAGE organise des distributions alimentaires et dénonce parfois les conditions de vie des étudiants, elle soutient et accompagne, partout où elle se trouve, les politiques d'austérité. À Nanterre, la FAGE s'aligne sur la présidence et vote systématiquement les budgets d'austérité. À l'université Paris Cité où elle est majoritaire, elle soutient toutes les transformations néolibérales et élitistes de l'enseignement supérieur. L'année dernière, elle a activement soutenu le passage en force pour la transformation de l'université en « grand établissement », ouvrant la voie à sa privatisation… Autant de mesures qui précarisent les conditions d'études et de travail au sein des universités.
L'Union étudiante : l'impasse de la cogestion
L'Union étudiante (UE) est un syndicat créé en 2023 d'une scission de l'Unef, dont elle revendique l'héritage… et la méthode cogestionnaire. Et sur ce point, on ne peut qu'être d'accord : alors que le syndicat était arrivé en tête des élections CROUS en 2024, son seul bilan a été d'accompagner l'austérité, en se contentant d'une logique d'interpellation inoffensive des directions universitaires, dans l'idée de remplacer l'Unef. Ce qui explique son recul aux élections CROUS de 2026, perdant vingt-et-un sièges.
L'Union étudiante revendique une stratégie basée sur le dialogue avec les représentants des institutions. Bien qu'elle dénonce la destruction de l'Université, elle ne cherche pas à remettre en cause son fonctionnement. En effet, derrière un discours qui veut sembler radical, l'Union étudiante considère que c'est dans les institutions et par les élections que l'on pourra améliorer l'état des choses, et que c'est là qu'il faudrait mettre le principal de notre énergie. Or, sur les soixante-seize sièges des conseils centraux, vingt-deux seulement sont dévolus aux étudiants ! Les élus étudiants n'ont donc aucun pouvoir concret.
C'est parce que l'UE a conservé ses illusions dans les possibilités offertes par des conseils anti-démocratiques que sa profession de foi ne contient que des mesures minimales, comme l'ouverture de places supplémentaires plutôt que l'abolition de Parcoursup et MonMaster, une allocation d'autonomie plutôt qu'un salaire étudiant ou la baisse du prix des cafés… Si, en plus de ces miettes, l'UE revendique l'arrêt des partenariats avec les entreprises génocidaires, que nous partageons, elle ne mentionne pas la façon d'y parvenir.
En outre, si l'Union étudiante fait souvent valoir son fonctionnement fédératif, cela signifie dans les faits une absence d'homogénéité politique entre ses différentes sections locales. À Montpellier, le SCUM, syndicat affilié encore aujourd'hui, a essayé de faire taire les soutiens à la Palestine en les qualifiant d'« antisémites », au prétexte que la lutte contre le génocide ne concernerait pas les étudiants !
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La Fédération syndicale étudiante : quand la radicalité dissimule une logique cogestionnaire
La Fédération syndicale étudiante (FSE) est également issue d'une scission de l'Unef, en 2019, et en a gardé les illusions dans les instances universitaires. C'est ainsi qu'aux élections CROUS, le syndicat ne proposait qu'un programme minimal, entièrement limité aux prérogatives d'une institution dont l'unique rôle est d'administrer la précarité. Dans l'académie de Créteil, la FSE se contentait par exemple de réclamer un « appui du CROUS auprès de la préfecture pour la régularisation des étudiants », comme si le CROUS était une instance neutre.
Dans le même ordre d'idée, la profession de foi de la FSE revendique une « augmentation des moyens pour les cellules VSS » sans pointer l'impasse de telles cellules co-gérées par l'université, sans indépendance vis-à-vis de la présidence. Et après la venue de la Cocarde à Nanterre, la FSE avait interpellé cette même présidence pour lui demander d'interdire l'organisation d'extrême droite. Or, comme dans le cas des dissolutions de collectifs en dehors de l'université, mettre un tel pouvoir entre les mains des institutions est extrêmement dangereux : rien ne les empêcherait de s'en servir ensuite contre des organisations de gauche. Et c'est ce qui s'était concrètement passé, lorsque la Jeune Garde ou les Soulèvements de la Terre avaient été dissous après le GUD.
En somme, malgré son discours radical, la FSE a conservé un logiciel cogestionnaire. En témoigne sa candidature au CNOUS, où le syndicat fait liste commune avec… l'Union étudiante, dont on a vu la logique. Pire : la deuxième de liste de cette candidature est militante à la section montpelliéraine de l'UE, le SCUM, dont on a aussi vu qu'il lutte contre les soutiens à la Palestine ! Ce qui entre en totale contradiction avec ce que la FSE est censée défendre…
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L'Unef-Nanterre, un syndicat face à ses contradictions
Nous avons déjà expliqué ici en quoi l'Unef, au niveau national, est un appareil lié au PS qui a définitivement trahi le mouvement étudiant. À Nanterre, la section locale du syndicat est animée par des camarades du NPA-Révolutionnaires et a une tradition de luttes et d'opposition frontale à la présidence de l'université. Elle est habituellement au cœur des mobilisations contre les politiques du CROUS et du gouvernement, et de la lutte pour l'inscription des sans-facs. C'est pour sa combativité que le syndicat fait l'objet d'une répression policière et judiciaire de plus en plus forte.
Pourquoi, dans ce cas, militer sous le drapeau d'une organisation qui a voté un budget déficitaire à Aix-Marseille en 2023 ? Ou qui a soutenu la suppression des rattrapages au Mirail en 2024 ? L'Unef-Nanterre défend ainsi sa position : « À Nanterre, nous avons fait le choix de construire une section locale combative, ancrée dans les luttes, tout en étant membre du principal syndicat national, l'Unef ». Mais nous nous demandons ce qui permet d'affirmer que l'Unef est le « principal syndicat national ». Il y a deux mois, les élections CROUS, véritable cartographie du mouvement étudiant en France, ont acté de l'effondrement de l'Unef qui a perdu 15 000 voix en deux ans, dont plus de 3400 dans l'académie de Versailles … où s'est présentée l'Unef-Nanterre.
En réalité, les militants du NPA-R ne s'attachent à l'Unef que par habitude, parce que leur organisation évolue dans ce cadre depuis des décennies. Mais il est parfaitement anachronique de continuer à revendiquer l'Unef aujourd'hui, après sa dégénérescence et son déclin. Malgré tout, l'Unef accuse, dans sa profession de foi et dans ses mails, de calomnies « certaines listes [...] allant jusqu'à dire que nous serions “le syndicat du PS” ». Pourtant, si aucune liste ne compare les militants de l'Unef-Nanterre à ceux du PS, nous dénonçons l'incohérence pour une organisation révolutionnaire de militer dans un cadre dont la direction n'a eu de cesse de trahir le mouvement étudiant, et de le renforcer, in fine, en tant que caution de gauche.
L'autre principal argument avancé par l'Unef est la dénonciation de la division syndicale : dans sa profession de foi, le syndicat avance que les autres listes préféreraient « construire leur propre organisation » et que « c'est pour ça qu'elles n'ont jamais proposé de liste commune et ont refusé lorsque nous avons voulu en discuter. » La phrase est, en tant que telle, exacte, mais l'Unef-Nanterre a pris soin de ne pas préciser le contexte. Le mardi 17 mars, à midi, toutes les listes devaient avoir été déposées. Le lundi 16 mars, à huit heures, l'Unef-Nanterre nous a invités, ainsi que la FSE et l'UE, à discuter le jour même, à dix-huit heures. À moins d'une journée du dépôt des listes, alors que celles-ci étaient déjà bouclées, le syndicat nous a donc proposé de faire liste commune, ce que nous avons évidemment refusé. Pas par refus de principe des alliances et amour de la division : mais parce que tels accords ne peuvent être conclus la veille de la date butoir. Ils nécessitent des discussions stratégiques approfondies ; surtout, l'unité ne se décrète pas lors des périodes électorales, elle se construit dans la lutte tout au long de l'année. Et si l'Unef-Nanterre prenait part aux cadres unitaires tels que les comités Palestine et antifa, si elle ouvrait la campagne des sans-facs aux autres organisations, nous pourrions discuter sur de meilleures bases.
Le Poing Levé, pour des élus de combat et un autre projet d'université
Avec Le Poing Levé, nous savons que la défense des étudiants et d'un modèle d'université ouverte à toutes et tous, sans conditions de diplômes, de revenus ou de nationalité, ne se fera que si le rapport de force est en notre faveur. Et que ce rapport de force sera le produit d'une reconstruction du mouvement étudiant comme acteur politique indépendant, organisé et anti-impérialiste. C'est pourquoi nous revendiquons des mesures de lutte, qui ne pourront pas être arrachées dans les conseils, mais pour lesquelles nos positions seront des points d'appui afin de lancer l'alerte et d'organiser les mobilisations. Comme nous l'avons fait à Nanterre contre la fermeture des CMI, à Paris 1 contre l'augmentation des frais d'inscription pour les étudiant·es étranger·es, à Bordeaux contre les coupes budgétaires.
- – Pour une université gratuite et ouverte à toutes et tous, nous revendiquons la fin de Parcoursup et MonMaster, l'inscription de tous les sans-facs, la régularisation et l'inscription de tou·tes les étudiant·es étranger·es, l'abrogation de la loi raciste « Bienvenue en France » et le rétablissement des APL
- – Pour une université solidaire de la Palestine et des peuples opprimés, nous revendiquons la fin des partenariats avec les entreprises complices du génocide
- – Contre l'extrême droite et la violence d'État, nous revendiquons la création de comités d'action contre l'extrême droite et la défense des libertés politiques, alors que la répression des militant·es qui ne cesse de s'intensifier dans les facs
- – Contre la précarité étudiante, nous revendiquons un revenu étudiant au niveau du SMIC, financé par les grandes fortunes, la rénovation des logements CROUS, le gel des loyers et la réquisition des logements vides
Alors, du 30 mars au 3 avril, vote et fait voter le Poing Levé aux conseils centraux et d'UFR de Nanterre !