Retrait d'une plaque pro-Palestine : le RN traite Georges Abdallah de « terroriste » mais honore l'OAS
Thu, 02 Apr 2026 20:31:57 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalLe 30 mars, des élus RN du Pas-de-Calais ont retiré une plaque en hommage à Georges Ibrahim Abdallah, en le qualifiant de « terroriste ». Une volonté de s'attaquer au soutien à la Palestine, alors que les maires RN honorent régulièrement l'OAS.

Lundi 30 mars, Daisy Duveau (maire RN) et Bruno Bilde (député RN du Pas-de-Calais et conseiller de Marine Le Pen) ont décroché une plaque en l'honneur de Georges Ibrahim Abdallah, dans le square de l'Amitié de la ville de Grenay dans les Hauts-de-France. Une vidéo des deux élus retirant fièrement la plaque est partagée sur le réseau social X du député RN, expliquant dans la description : « En retirant cette plaque aujourd'hui, nous rendons à Grenay sa dignité, son honneur et sa fierté française. ».
Une semaine après son élection, la priorité de la mairie Rassemblement National à Grenay est d'effacer les expressions de soutien à la Palestine anse la commune. En effet, installée en février 2020 par Christian Champiré, alors maire communiste de Grenay, la plaque commémorative était un hommage au citoyen d'honneur de la ville. Pour justifier cette offensive contre un symbole de la solidarité avec le militant communiste libanais, Georges Ibrahim Abdallah, libéré après plus de 40 ans d'incarcération et d'acharnement judiciaire, Bruno Bilde a évidemment repris la vieille rhétorique qualifiant le militant de « terroriste ».
Une remarque à laquelle Elsa Marcel, avocate au barreau de Seine St Denis et militante à Révolution Permanente, n'a pas manqué de réagir, dénonçant l'hypocrisie du député, en rappelant : « Ils sont fiers de retirer une plaque en l'honneur d'un militant pour la libération de la Palestine en le traitant de "terroriste". Pendant ce temps, leurs maires inaugurent des places en l'honneur de fondateurs de l'OAS qui a tué entre 1600 et 2400 personnes pour défendre la domination coloniale en Algérie. »
Et pour cause, à Perpignan, par exemple, la politique « culturelle » du maire RN Louis Aliot inclut des initiatives mémorielles en faveur des pires soutiens du colonialisme français en Algérie. La municipalité a ainsi soutenu le congrès du Cercle algérianiste et ses journées « Perpignan, capitale des Français d'Algérie », avant d'inaugurer une esplanade Pierre Sergent, en mémoire de l'ancien dirigeant de l'Organisation de l'Armée Secrète (OAS), groupe pro-Algérie française, responsable de plus de 20 000 attentats et des centaines de morts en France et en Algérie dans les années 1960.
A ce titre, le tribunal administratif de Montpellier a d'ailleurs annulé le nom donné au lieu, en février 2025, soulignant que Pierre Sergent était « connu pour ses actions au sein de l'OAS métropole, lesquelles ont entraîné sa condamnation à mort par contumace en 1962 et 1964 pour des faits de terrorisme ». Des hommages qui ne sont pas réservés au RN, puisqu'en 2013 déjà, le maire UMP de Aix-en-Provence avait rendu hommage à l'OAS en inaugurant une stèle pour les « martyrs de l'Algérie française ». De quoi rappeler que ce qui guide l'extrême-droite c'est d'abord l'amour du colonialisme et la haine de ceux qui s'y opposent.