Le Havre : les jeunes de Claude Monet bloquent leur lycée contre l'austérité, la police réprime brutalement
Thu, 02 Apr 2026 20:01:54 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalMardi 31 mars, le lycée Claude Monet au Havre a été bloqué contre l'austérité, avant d'être brutalement réprimé par la police. Les lycéens de François 1er ont répondu de manière exemplaire par un nouveau blocus, contre la répression et les coupes budgétaires.

Le mardi 31 mars 2026 et après s'être réunis en assemblée générale, des lycéens de divers établissements du Havre ont pris la décision d'organiser un nouveau blocus au lycée Claude Monet contre l'austérité, après ceux réussis du 20 mars. Cette mobilisation est intervenue dans un contexte où, depuis plusieurs semaines, divers établissements du Havre sont concernés par des mobilisations en ordre dispersé contre les coupes budgétaires dans l'éducation, se matérialisant notamment par la baisse des dotations horaires. L'un d'entre eux témoignait : « Y a beaucoup trop d'élèves par classe, ils sont en train de fermer des classes, c'est inadmissible, on n'arrive déjà pas à travailler. Ils donnent toujours moins d'argent à l'éducation et toujours plus à l'armée ».
Une mobilisation contre l'austérité, la militarisation et pour un avenir digne
Au lycée Claude Monet, les élèves étaient vent debout contre le risque de suppression d'un certain nombre d'options et de spécialités comme Histoire de l'art, Langues, Littérature et Civilisations étrangères Espagnol, Chinois et Arabe, mais aussi Paramédical. Ils ont également dénoncé la suppression des dédoublements de classes en histoire-géographie dans les filières technologiques, et le manque de surveillants et d'infirmières scolaires, comme l'explique une lycéenne mobilisée : « L'infirmière qui est seule n'est jamais disponible car elle est surchargée, c'est insupportable par exemple pour les élèves qui ont des maux de ventre et de l'endométriose ».
S'ils se mobilisaient sur la question des moyens dans leur établissement, celle plus large de leur avenir était également au cœur de la mobilisation. Les lycéens en effet, aussi voulu parler de la pression scolaire et l'inégal accès aux études supérieures, ce qui les a amenés à revendiquer la suppression de Parcoursup et Mon Master. Enfin, ils ont fait le lien entre austérité dans l'éducation et militarisation réclamant la fin du service national universel.
Les lycéens les plus actifs du blocus ont été entourés par des centaines d'autres lycéens qui soutenaient les revendications et partageaient la colère. Au micro de Révolution Permanente, tous avaient quelque chose à dire. Lucie expliquait : « Cette mobilisation, ça va nous supporter pour plus tard, si on ne le fait pas maintenant, il sera trop tard pour nous ». Toutes et tous liaient leurs revendications à celles des enseignants : « Depuis que je suis au lycée, on est toujours plus par classe, les professeurs n'en peuvent plus. Nos profs, franchement, ils gagnent peu et avec la suppression des options ça va être pire ».
Une mobilisation marquée par la violence de l'administration et de la police
Dès tôt le matin, la police suréquipée était présente aux abords du blocus. En effet, pendant plus de deux heures, des dizaines de policiers casqués avec bouclier se sont tenus prêts à intervenir. Un d'eux était même armé d'un lanceur de balles de défense.
Alors que tous les élèves étaient devant la grille principale de l'établissement, à 9h, sur ordre de la direction de l'établissement, les policiers sont intervenus pour dégager l'entrée. Sans aucune sommation, la police a chargé le groupe de lycéens et soutiens présents devant la grille. Elle a utilisé des sprays de gel irritants à bout portant, un lycéen est tombé au sol, un autre a fait un malaise. Une institutrice et un professeur ont reçu le gel irritant en plein dans les yeux et sont restés incapacités pendant plus d'un quart d'heure.
Plus tôt, plusieurs membres de l'administration s'étaient par ailleurs permis d'attraper vigoureusement des lycéens pour tenter de dégager, physiquement, l'entrée de l'établissement. L'académie de Normandie a hypocritement sorti un communiqué pour soutenir le chef d'établissement, expliquant que l'intervention était liée à des impératifs de sécurité.
Cet épisode a choqué tout le monde aux abords de l'établissement. Des élèves, jusqu'alors passifs autour du blocus, se sont exprimés et ont spontanément commencé à s'envoyer les vidéos de la scène, déterminés à ce que cette répression soit dénoncée et visibilisée. La CGT educ'action 76, Sud éducation 76, FSU 76 et FNEC FO 76 ont immédiatement réagi par un communiqué pour dénoncer la violence et réclamer qu'aucune sanction ne soit prise à l'encontre des jeunes.
Après cet épisode, l'onde de choc s'est répandue dans les groupes des lycéens du Havre. A François 1er, les élèves ont alors décidé de répondre de manière exemplaire, ils ont organisé un nouveau blocus, pour continuer à dénoncer l'austérité et soutenir leurs camarades de Claude Monet.
Malgré cette nouvelle journée de blocus réussie qui est le fruit d'une coordination de l'avant-garde des lycéens du Havre ; en réalité, face à l'ampleur des attaques austéritaires et la radicalité de l'État pour tenter de mater toute mobilisation plus subversive , il faudrait massifier le mouvement, le lier aux travailleurs de la ville et aux secteurs les plus combatifs.