« Grands singes », « tribu » : l'extrême droite surenchérit dans l'offensive raciste contre Bally Bagayoko
Wed, 01 Apr 2026 13:27:38 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalDepuis son élection à Saint-Denis – Pierrefitte, Bally Bagayoko est la cible d'une offensive médiatique d'une grande violence, avec la complicité du gouvernement. Face à l'extrême droite qui accentue l'offensive avec des parallèles rappelant la colonisation, il faut faire front contre le racisme d'État.

La surenchère raciste qui cible Bally Bagayoko n'en finit pas. Depuis son élection, le nouveau maire Saint-Denis – Pierrefitte a déjà été l'objet d'une campagne de fake news racistes provenant de l'extrême droite, puis d'une offensive visant sa proposition de retirer le LBD à la police municipale, sur fond de rhétorique complotiste d' « entrisme islamique ».
Le 27 et 28 mars, c'est deux interventions sur la chaîne CNews qui sont venues alimenter la campagne raciste qui cible le nouveau maire insoumis. Vendredi soir, le psychologue Jean Doridot était invité sur le plateau pour discuter de ses premiers jours de mandat. Lorsqu'on lui demande si le nouveau maire « essaie de pousser les limites », il rétorque : « Sûrement qu'il y a un peu de ça. Maintenant, c'est important de rappeler que l'Homo sapiens, nous sommes des mammifères sociaux et de la famille des grands singes. Et par conséquent, dans toute collectivité, dans toute tribu, nos ancêtres chasseurs-cueilleurs vivaient en tribus, il y a un chef qui a pour mission d'installer son autorité ».
Le lendemain, Michel Onfray, figure médiatique de l'extrême droite, décrivait dans son émission Bally Bagayoko comme un « mâle dominant » ayant appelé à faire « allégeance ». Il poursuit : « Ça, c'est très tribal. Mais on n'est pas dans une tribu primitive ». Des propos renvoyant clairement à un imaginaire raciste, avec les termes de « singe » ou de « tribu ».
Sur France inter ce lundi matin, Bally Bagayoko a dénoncé ces « propos racistes », soulignant le fait que « CNews est récidiviste », tout comme les « deux intervenants ». Il a également déploré l'absence de « condamnation au niveau de l'Élysée », tout bonnement « scandaleuse » selon lui. Après un week-end de silence, Laurent Nuñez s'est finalement dit « très choqué » par les propos tenus sur CNews, les qualifiant de « dérapage […] inacceptable ». De son côté, la ministre de la culture Catherine Pégard a condamné des « attaques ignobles, inadmissibles ». Mardi, devant les députés, le premier ministre Sébastien Lecornu déclarait que la « banalisation du mal et du racisme doit être combattue avec la même force et sans relâche », suivi une nouvelle fois par Laurent Nuñez qui a indiqué que le gouvernement « étudiait » la possibilité d'engager des « poursuites pénales ». Des condamnations hypocrites qui interviennent surtout sous la pression de l'opinion et visent à couper court aux accusation de complaisance avec l'extrême droite, qu'il n'a eu cesse d'encourager avec sa campagne de diabolisation du mouvement insoumis.
Une hypocrisie qu'on retrouve chez Olivier Faure, secrétaire général du PS, qui s'est également exprimé sur X : « Les dérapages racistes se multiplient à un rythme ininterrompu. Bally Bagayoko n'est pas critiqué pour ce qu'il porte mais à raison de sa couleur de peau ». Pourtant, c'est son candidat, le maire socialiste sortant Mathieu Hanotin, qui avait repris la rhétorique du gouvernement et de l'extrême droite envers Bally Bagayoko. Pendant la campagne municipale, il avait en effet sous-entendu que LFI serait soutenu par des dealers, allant jusqu'à établir des liens entre les insoumis et des « petits narcotrafiquants » de la ville, une calomnie reprise et agitée ensuite par Valeurs actuelles.
De son côté, Elsa Marcel, militante à Révolution Permanente et conseillère municipale de Saint-Denis – Pierrefitte, a dénoncé le « nouveau cap franchi dans l'offensive raciste contre Bally Bagayoko ». Elle souligne : « À travers lui, ils insultent la dignité de tous les habitants de Saint-Denis et des quartiers populaires ». « Nous exprimons à nouveau notre soutien plein et entier à tous ceux qui font les frais de cette déferlante de l'extrême-droite », conclue-t-elle.
Un nouveau cap est franchi dans l'offensive raciste contre Bally Bagayoko. Depuis 24 heures, ces éditorialistes ultra réactionnaires se déversent à grand renfort de références toutes plus immondes les unes que les autres. À travers lui, ils insultent la dignité de tous les… https://t.co/SarJxtAoRM
— Elsa Marcel (@Elsa_Marcel) March 28, 2026
Dorian Gonthier, également conseiller municipal de Révolution Permanente à Saint-Denis – Pierrefitte, a quant à lui a fustigé « une vague d'attaques racistes à vomir, réactivant le pire de l'imaginaire colonial et négrophobe associant notamment l'homme noir à un singe ou à un homme primitif ».
Tout mon soutien à Bally Bagayoko, nouveau maire LFI de Saint-Denis, qui subit depuis plusieurs jours une vague d'attaques racistes À VOMIR, réactivant le pire de l'imaginaire colonial et négrophobe associant notamment l'homme noir à un singe ou à un homme primitif... 🤮🤮🤮 https://t.co/mltR7SxYIk
— Dorian Gonthier (@dorian_moringue) March 28, 2026
Il est essentiel de condamner le racisme insupportable dont Bally Bagayoko est la cible. Depuis deux semaines, les nouveaux élus de La France insoumise font l'objet d'une campagne de diabolisation et de stigmatisation raciste, portée par l'extrême droite, les grands médias, avec la complicité de l'État. La multiplication de ces offensives montre avant tout le durcissement sécuritaire et raciste de ces dernières années, ainsi que la radicalisation des classes dominantes qui refusent toute remise en question du tournant autoritaire et du racisme d'État. Face à ces attaques, il est urgent d'opposer le front le plus large possible.
Ce samedi, la mairie de Saint-Denis appelle à un rassemblement à 14 h, sur le parvis de la mairie de Saint-Denis – Pierrefitte, contre le racisme et toutes les formes de discrimination. Un rassemblement qui doit être investi par l'ensemble des organisations antiracistes, politiques, associatives et syndicales pour faire front face à l'extrême droite et au gouvernement qui lui pave la voie. Nous y défendrons la nécessité d'une riposte ouvrière et populaire, par les méthodes de la lutte de classe, pour dénoncer le racisme d'État et le régime.
Appel à un grand rassemblement contre le racisme et toutes les formes de discrimination ce samedi 4 avril à 14h devant le parvis de la mairie de Saint-Denis / Pierrefitte ! pic.twitter.com/DcHRRMdJXw
— Bally Bagayoko (@BallyBagayoko) March 30, 2026
Crédits photo : Capture d'écran France Inter.