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Seine-et-Marne : LAT Nitrogen arrête sa production et licencie 128 salariés

Wed, 01 Apr 2026 18:27:58 CEST

Révolution Permanente

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Le 26 mars, LAT Nitrogen a fermé son usine de Grandpuits (Seine-et-Marne), mettant 128 salarié·es au chômage. Après 80 suppressions en 2025, le chômage s'aggrave dans le bassin d'emploi déjà largement touché. Face à la dictature patronale, stop aux licenciements !

Une attaque de plus pour le bassin d'emploi de Nangis

L'usine de Grandpuits, près de Nangis en Seine-et-Marne, fonctionne depuis les années 1970 et produit principalement des engrais azotés, utilisés en agriculture (ammonitrate, urée, etc.) mais aussi d'autres produits comme de l'AdBlue. Le site, à un moment détenu par une filiale de Total, a été racheté par Borealis en 2023 par le groupe multinational tchèque Agrofert, dans le cadre du rachat de toute son activité azote, avec 3 sites en France, créant ainsi LAT Nitrogen.

Début 2025, l'entreprise avait décidé de stopper la production d'ammoniac sur site, produit indispensable à la fabrication d'engrais azoté, supprimant ainsi déjà 80 emplois. Selon le PDG de LAT Nitrogen, cette stratégie devait permettre de « sauvegarder le site » et « mettre un terme à une longue période d'incertitude pour le personnel du site ». A peine plus d'un an après ces premières suppressions d'emplois, et moins de 3 ans après le rachat, LAT Nitrogen veut mettre un terme définitif à la production sur son site de Grandpuits, invoquant une incapacité à atteindre « la rentabilité souhaitée » mais aussi « une flambée des coûts énergétiques due aux évènements géopolitiques ». Le groupe a annoncé, jeudi 26 mars, le licenciement de 128 personnes, soit 91% de leurs 140 salarié·es. La direction a dit vouloir échelonner les licenciements sur un an afin « d'assurer la transformation en site de stockage d'engrais ».

Avec le plan « social » à la raffinerie voisine de Total Grandpuits en 2021, qui a supprimé 200 emplois directs, les 80 licenciements de LAT Nitrogen en 2025 et cette nouvelle vague de 128 licenciements, sans compter tous les emplois chez les nombreux sous-traitants de cette plateforme et les emplois indirects créés par ces activités (commerces, écoles, restaurants, etc.), estimés à minimum 500 par la CGT dans le cas de Total Grandpuits, ce sont des attaques violentes sur ce bassin d'emploi Seine-et-Marnais. Une offensive dont la mairie sortante divers droite de Nangis s'est faite complice, comme en témoigne l'expulsion anti-démocratique des syndicats du territoire de la Bourse du Travail, qui a réduit davantage leurs possibilités de s'organiser face à de telles attaques.

Il faut un plan de bataille national contre les licenciements !

Ce plan s'inscrit dans un contexte national de multiplication des plans de licenciements. Selon un décompte de la CGT, près de 483 plans de suppression d'emplois sont en cours, qui menace jusqu'à 300 000 emplois depuis 2023. Ainsi, la fermeture de l'usine LAT Nitrogen à Grandpuits s'inscrit dans une crise plus large de l'industrie.

Ce n'est pas un hasard si la Seine-et-Marne est aujourd'hui l'un des départements franciliens les plus conquis par le Rassemblement national. Les vieilles régions ouvrières durement touchées par la désindustrialisation sont précisément celles où le RN réalise ses scores les plus élevés. C'est dans ce contexte que le député RN Julien Limongi est venu prendre la parole devant l'usine en train de fermer, tentant de coopter cette colère légitime. Mais cette récupération politique prospère avant tout sur le vide laissé par les reculs du mouvement ouvrier et l'absence de perspectives collectives à la hauteur des attaques subies.

Face aux suppressions d'emplois, le mouvement ouvrier doit construire un plan de bataille à la hauteur. En ligne de mire, l'obtention d'un rapport de force favorable, par une mobilisation nationale qui met au cœur de ses revendications l'interdiction des licenciements. Pour cela, il est nécessaire de chercher à se lier à d'autres secteurs du monde du travail. En Seine-et-Marne, 6 000 emplois agricoles côtoient les sites industriels de Grandpuits. Les petits paysans du département et les ouvriers de la chimie échangent trop peu, pourtant ils subissent les mêmes logiques, imposées par les mêmes grandes entreprises. Construire une alliance entre le mouvement ouvrier et le monde paysan dans ce département est possible. En 2021, la lutte de la raffinerie de Grandpuits avait montré le chemin en rassemblant grévistes, écologistes et paysans autour d'une même exigence : refuser que les travailleurs paient la crise !

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