Opération Orion : un rassemblement contre la propagande militaire réprimé à Lyon 1
Tue, 31 Mar 2026 18:59:05 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalAlors que l'opération Orion de propagande militaire à destination de la jeunesse a débuté le 23 mars, plusieurs exercices ont eu lieu ce lundi 30 mars à Lyon. Un rassemblement, organisé pour les dénoncer, a été durement réprimé.

Une répression scandaleuse
Un rassemblement a été organisé ce lundi 30 mars à l'appel du CRAAM (Collectif Régional Anti-Armement et Militarisme), du Poing Levé, de la FSE, de Young Struggle, de Solidaires et de la CGT FERC SUP, pour dénoncer la tenue d'un exercice militaire organisé par l'armée sur le campus de Laënnec (Lyon 1). Le rassemblement a été durement réprimé pour faire taire ceux qui refusent la militarisation.
Dès le début du rassemblement, plusieurs personnes se sont présentées comme « agents de sûreté » employés par la fac. Armés de gazeuses et de tasers, ils ont empêché des étudiant.es de circuler dans le campus, avant d'y interdire totalement l'accès. Ils ont ensuite filmé les manifestant.es après les avoir menacés.
Un agent a ainsi tenté d'intimider un manifestant en le menaçant directement : « Pour l'instant c'est resté pacifique, mais maintenant vous partez tout de suite, ou sinon ça va mal se terminer ! ». Après avoir complètement interdit l'accès au bâtiment principal, les agents ont ensuite expulsé les manifestant.es du campus.
La police nationale est également intervenue dans l'établissement pour procéder à des contrôles d'identité sur les manifestants·es, avec l'assentiment des présidences de Lyon 1 et Lyon 2. Ces directions, qui n'hésitent pas à dérouler le tapis rouge aux militaires pour leur permettre de faire leur propagande au cœur de nos campus, répriment ensuite celles et ceux qui dénoncent les liens entre l'université et l'armée.
Les étudiant.es de psychologie embrigadé.es
120 étudiant.es en Licence et Master de psychologie de Lyon 2, soignant.es et étudiant.es en médecine étaient impliqué.es dans cet exercice de simulations d'urgences médico-psychologiques. Les étudiant.es nous ont confié que leur participation à cette opération militaire est très fortement recommandée pour leur CV et leur passage en Master. Clairement, il s'agit ici de pousser une jeunesse toujours plus précaire à s'impliquer dans des formations militaires, par un système de valorisation universitaire comme c'est le cas à l'université d'Aix-Marseille avec le Bonus Défense. Le service national « volontaire » voulu par le gouvernement vise les mêmes objectifs.
Dans la même sinistre logique, les seuls débouchés pour les filières de psychologie à être épargnés par l'austérité sont ceux en lien avec l'armée. En effet, les services de psychiatrie subissent de plein fouet les coupes budgétaires. Par exemple, l'hôpital lyonnais du Vinatier vient de fermer son service de pédo-psychiatrie, alors que ce secteur est déjà connu pour ses maltraitances. L'accès à des psychologues est de plus en plus complexe, souvent coûteux et avec de longs délais, cela alors que la jeunesse est sujette à une crise de la santé mentale.
Une opération militaire sur plusieurs campus lyonnais
L'opération Orion vise la jeunesse sur de multiples volets. La semaine dernière, c'était le jeu vidéo « Bellatrix » qui visait les 18-25 ans. Autre facette de l'embrigadement, des « villages défense » avec de nombreuses démonstrations (drones, infanteries, intervention cynophile, renseignements, décollage d'hélicoptères…) étaient organisés dans les universités de Nancy et Bordeaux les 26 et 27 mars derniers.
Plus localement, ce lundi 30 mars, les étudiant.es du Master « relations internationales » de Lyon 3 ont participé à une simulation de crise nucléaire en lien avec l'autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ANSR). Des étudiant.es de Polytech et de l'INSA ont eu été impliqués dans un exercice de cybersécurité militaire en plein cœur de l'Hôpital Edouard Herriot. Dans ce même hôpital, des étudiant.es en médecine ont suivi des démonstrations de réaction en cas d'attaque à l'arme biologique. C'est donc un large spectre de cursus qui sont touchés par cette opération, signe que l'État met beaucoup de moyens pour mobiliser le nombre le plus large possible d'étudiants, même dans des formations semblant de prime abord éloignées de l'armée.
L'opération Orion, notamment son volet jeunesse, est un rappel de la course à la guerre que les classes dominantes ont enclenché. La semaine dernière, le gouvernement annonçait 8,5 milliards en plus pour l'achat de munitions. L'embrigadement de la jeunesse est au cœur des préoccupations du gouvernement, qui cherche à étouffer toute voix contestataire. Les rassemblements symboliques sont un début, mais seule une grande mobilisation de la jeunesse peut permettre d'empêcher la mainmise de l'armée sur nos formations universitaires et leurs débouchés. Nous devons prendre exemple sur les lycéen.nes allemand.es qui ont été 55 000 à exprimer leur rejet du service militaire.
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