Communiqué : 2 suicides d'étudiants en logement CROUS, solidarité avec la famille et les proches !
Tue, 31 Mar 2026 21:55:08 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalAprès le suicide de deux étudiants en résidence CROUS de l'académie de Créteil dont l'un d'entre eux à Saint-Denis, nous relayons le communiqué du Poing Levé Paris 8.

C'est avec un profond effroi que nous avons appris le suicide de deux étudiants en résidence CROUS de l'académie de Créteil dont l'un d'entre eux à Saint-Denis ce lundi 30 mars 2026. Nous adressons tout notre soutien à leurs familles et à leurs proches, avec une compassion profonde et une colère immense face à un système structurellement défaillant.
Ces drames s'inscrivent dans un contexte de détresse profonde : selon une enquête que nous avions menée en 2024, 80% des étudiants se déclarent anxieux, à 88% en raison directe de leurs études, et à 56% à cause de difficultés financières. Une enquête de l'Inserm et de l'Université Paris-Cité révèle qu'un tiers des jeunes de 11 à 24 ans présentent des signes de troubles anxieux ou dépressifs. Le CNOUS lui-même a recensé 320 incidents graves nécessitant une intervention médicale d'urgence sur l'année 2023-2024, dont 10 suicides, et entre septembre et octobre 2025, six nouveaux suicides d'étudiants ont été comptabilisés.
Ces chiffres sont la conséquence directe des conditions de vie imposées aux étudiants en logement CROUS : des appartements insalubres, sans chauffage, infestés de cafards et de moisissure, une pression scolaire importante pour ne pas perdre sa bourse, l'obligation de travailler à côté des études pour survivre. Mais les étudiants ne sont pas les seuls à subir ces conditions : les personnels du CROUS et de l'université travaillent également dans des conditions dégradées, en sous-effectifs, avec des moyens insuffisants pour accompagner les étudiants en détresse. Ce n'est pas une fatalité, c'est le résultat de choix politiques délibérés : le gouvernement et les directions du CROUS portent une responsabilité dans cette situation.
Pour 2025, l'État a supprimé 1 milliard d'euros de dotations à l'enseignement supérieur, et 60 universités sur 75 ont terminé l'année en déficit. Pour 2026, Lecornu et son ministre Philippe Baptiste sont allés encore plus loin avec 400 millions de coupes supplémentaires. Le budget 2026, passé en force par 49.3, prévoit la suppression des APL pour les étudiants étrangers à partir du 1er juillet 2026, frappant en priorité les plus précaires. Et, il y a pas longtemps, le CA du CROUS a voté l'augmentation des loyers. Le gouvernement organise méthodiquement la casse des services publics et de l'université : nous dénonçons avec colère ces décisions, prises en pleine connaissance de leurs conséquences, qui aggravent la précarité étudiante et rendent ces drames inévitables.
Face à cela, il est nécessaire de s'organiser et de lutter ensemble, étudiants et personnels. C'est pourquoi nous soutenons la grève de jeudi des travailleurs et des travailleuses du CROUS, qui subissent elles et eux aussi les conséquences de cette austérité et qui se battent pour plus de moyens et pour des conditions de travail dignes.
Si une cellule psychologique a été mise en place par le CROUS, elle ne constitue que le strict minimum et reste largement insuffisante, faute de moyens structurels à la hauteur des besoins réels des étudiants.
Face à la détresse psychologique grandissante des étudiants, les réponses proposées par le CNOUS sont profondément inadaptées. Ce manque de moyens n'est pas accidentel : il découle directement de choix politiques qui sacrifient l'accompagnement des étudiants. Seul un véritable rapport de force permettra d'obtenir des solutions à la hauteur de cette situation alarmante : un logement décent pour tous et toutes, des conditions de vie et d'étude dignes, un revenu étudiant à hauteur du SMIC financé par les grandes fortunes, pour une université émancipatrice et ouverte à toutes et tous. Pour qu'aucun autre drame ne se produise.
Crédit photo : résidence Guynemer à Créteil, Révolution Permanente