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Strasbourg : le restaurant universitaire FEC menacé de fermeture à cause de l'austérité

Tue, 31 Mar 2026 17:16:28 CEST

Révolution Permanente

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À Strasbourg, le Foyer de l'Étudiant Catholique (FEC), restaurant universitaire historique, est menacé. Faute de moyens et de subventions suffisantes, l'établissement pourrait être contraint de fermer ses portes le soir. Une situation alarmante qui illustre les conséquences concrètes de l'austérité sur la vie étudiante.

Le Foyer de l'Étudiant Catholique de Strasbourg (FEC), bâtiment historique qui a fêté ses cent ans l'année dernière, est menacé de fermeture le soir, par manque de moyens. Il dispose en effet de budgets inférieurs à ceux des CROUS, déjà insuffisants, mais doit assurer une mission similaire. « Depuis 2017, on avait la même subvention annuelle de 170 000 euros, sachant que sur cinq ans on a dû augmenter de 80% le nombre de repas servis » explique le directeur adjoint Bruno Mathias. Le déficit annuel est aujourd'hui d'environ 250 000 euros.

Les étudiant·es et les travailleur·euses paient le prix de l'austérité

Chaque année, les conséquences de l'austérité au FEC sont de plus en plus grandes : fermeture le week-end, lors des vacances scolaires puis récemment la réduction du temps de service (fermeture 15 minutes plus tôt le midi et le soir), une baisse de la diversité des repas, et l'impossibilité de proposer systématiquement des options végétariennes. Désormais, la fermeture en soirée est envisagée.

La fermeture en soirée du FEC, un des derniers à ouvrir le soir, limiterait encore l'accès à une alimentation abordable, alors que 2 étudiants sur 3 sautent des repas chaque semaine.Comme le déplore le directeur de l'association, Etienne Troestler, face à l'inflation, l'association subit un « désengagement progressif de l'État ». Elle se retrouve alors contrainte de réduire sa plage d'ouverture puisque « plus de repas servis c'est malheureusement des repas déficitaires » résume le directeur adjoint.

Derrière la question des repas se profile également celle du logement : le FEC accueille aussi des logements étudiants et le système de compensation entre restauration et hébergement pourrait pousser à de nouvelles hausses de loyers dans les résidences étudiantes afin de compenser les pertes sur la restauration. Malgré les alertes répétées, la direction du CROUS reste sourde. Une indifférence qui en dit long sur les priorités actuelles : peu importe que les étudiant·es mangent moins bien ou renoncent à des repas, tant que les budgets sont tenus.

La situation est également subie de plein fouet par les travailleur·ses : salaires au minimum, sous-effectif chronique, conditions de travail de plus en plus difficiles. Certaines employées travaillent au FEC depuis des décennies, mais sont encore payées au SMIC, comme l'explique le directeur.

À cela s'ajoute un effectif déjà réduit d'un tiers, ce qui expose d'autant plus les salariés aux accidents du travail. La perspective de servir davantage de repas, avec la généralisation du tarif à 1 euro, sans renfort de personnel, ni financement suffisant, accentue la pression et creuse les déficits. Les travailleur·ses décrivent une peur croissante : celle de ne plus pouvoir assurer un service de qualité, faute de moyens ; ainsi qu'une incertitude sur l'avenir : « on a peur de perdre notre travail » explique Maïté salariée au FEC depuis 38 ans.

Construire la mobilisation le 2 avril

Face à cette situation, les travailleur·euses du FEC ont commencé à s'organiser en alertant les étudiant·es en déposant un mot « pour que les étudiants voient notre situation et que ça bouge » explique Maïté. Une première étape essentielle, pour rappeler aux étudiant·es que les restrictions sont contraintes par l'État, et que travailleur·ses et étudiant·es ont les mêmes intérêts.

Si le FEC subit de plein fouet l'austérité, c'est en réalité tous les restaurants universitaires qui trinquent. En 2024 déjà les travailleur·ses du Crous à Paris 1 témoignait des conséquences de l'austérité Pour le FEC, c'est aussi la fin des contrats aidés payés en partie par l'État qui vient alourdir la charge des salaires.

De manière générale, le gel des embauches voté par le CNOUS alors que la généralisation du repas à 1€ laisse à prévoir une augmentation de l'affluence, promet nationalement de dégrader le service ainsi que les conditions de travail. Ainsi, si le FEC venait à fermer, c'est l'ensemble des restaurant universitaire de la ville qui se verrait devoir accueillir les étudiant·es en plus, sans pour autant avoir plus de moyens. Dans ce cadre, la menace sur le FEC porte sur tous les restaurants universitaires et les étudiant·es.

Dans le même temps, les politiques d'austérité se poursuivent, avec des coupes budgétaires dans les services publics, tandis que toujours plus de millions sont débloqués pour la militarisation. À Strasbourg, l'annonce récente d'un partenariat avec le Cercle des armées dans la restauration collective fait craindre un durcissement des conditions de travail et un pas de plus vers la militarisation de la jeunesse.

Pour mettre fin à cette casse des services publics, il est nécessaire d'imposer un véritable plan d'urgence : embauches massives, augmentation des salaires, financement public à la hauteur des besoins, ouverture de restaurants universitaires partout, rénovation des logements, gel des loyers, accès à une alimentation de qualité pour toutes et tous.

Ces revendications ne pourront être arrachées que par la mobilisation. Dans ce cadre, l'appel à la grève nationale des personnels des CROUS le 2 avril constitue une échéance centrale. Étudiant·es et salarié·es ont tout intérêt à se retrouver dans cette mobilisation pour exiger les moyens nécessaires à la mise en place effective d'un repas à 1 euro. Face à l'offensive austéritaire, il faudra construire un rapport de force, par l'auto-organisation, sur les lieux d'étude comme dans la rue.

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