41% des voix : Le Poing Levé devient la première force à l'université Bordeaux Montaigne !
Tue, 31 Mar 2026 01:44:00 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalAux élections de l'Université Bordeaux Montaigne, Le Poing Levé arrive en première position avec près de 41% des suffrages et 1 486 voix, à l'issue d'une campagne contre l'austérité, l'extrême droite et pour la Palestine. Un score obtenu dans le cadre d'une participation historique, en pleine mobilisation contre l'austérité.

Ce jeudi 26 mars, après deux semaines de campagne politique à l'Université Bordeaux Montaigne, les résultats des élections aux conseils centraux sont tombés. Le Poing Levé arrive en tête en obtenant 40,94% des suffrages exprimés au Conseil d'administration : 1 486 étudiants ont voté pour une liste anticapitaliste et révolutionnaire, engagée pour la Palestine, contre l'extrême droite et l'austérité. Pour les élections de la Commission de la Formation et de la Vie Universitaire, Le Poing Levé obtient 36,79% et arrive également en première position. Le collectif révolutionnaire marque ainsi une percée et devient la première force de Bordeaux Montaigne.
Ces élections ont été marquées par une participation historique de près de 25% des étudiants – soit 9 points de plus qu'il y a deux ans – qui reflète une politisation en hausse. Avec un nombre d'électeurs multiplié par cinq depuis les dernières élections en 2024, Le Poing Levé obtient 2 élus au CA (soit 1 de plus) et 6 à la CFVU (4 de plus) et devient l'organisation ayant obtenu le plus de voix aux élections de Montaigne depuis au moins une décennie. Des résultats historiques pour l'extrême gauche, conséquence directe de la lutte à l'université et des victoires arrachées ces dernières années, en pleine période de mobilisation.
Cette avancée inédite se fait au prix d'un recul significatif de l'UNEF qui, si elle se maintient en nombre de voix grâce à l'augmentation de la participation, perd 15 points par rapport à 2024 et cède un siège au CA ainsi qu'un autre à la CFVU. Ce recul s'explique par l'absence du syndicat lors des dernières mobilisations contre l'austérité, mais surtout par sa politique de cogestion qui l'a conduit aux pires compromis avec la présidence – jusqu'à s'abstenir récemment lors d'un vote sur la suppression de 50 places en master – sur fond de crise interne, marquée par une scission récente autour de ce bilan. Un résultat qui s'inscrit dans la continuité du recul national du syndicat, conséquence des trahisons du mandat de Hollande et des politiques d'accompagnement de la casse de l'université publique.
Ces élections ont également été marquées par une première candidature de la FSE à l'université, qui recueille 643 voix et 17,71% des suffrages. Un résultat qui marque une recomposition des forces syndicales disposées à la co-gestion, où la FSE prend l'espace de l'Union Etudiante sur le campus suite à sa disparition totale.
De son côté, la liste réactionnaire de l'UNI progresse, passant de 6,2 % à 8,8 % (158 voix en 2024 contre 308 aujourd'hui), obtenant ainsi un siège au CA. Cette progression en termes de voix s'explique principalement par la hausse de la participation et, surtout, par le climat de polarisation politique sur le campus, qui a poussé une partie des étudiants de droite à davantage prendre part au vote. Elle ne traduit néanmoins pas une avancée de l'extrême droite. En effet, tout au long des élections, l'UNI a été empêchée de faire campagne par les étudiants à plusieurs reprises, comme mercredi dernier quand 300 étudiants ont fait fuir les militants d'extrême droite qui se sont retranchés dans la BU, avant d'être exfiltrés par la sécurité.
Avec un total de 91 % des voix revenant aux listes de gauche, les élections ont démontré un fort rejet de l'extrême droite. Néanmoins, ce résultat montre qu'il est nécessaire de poursuivre et d'intensifier la politique du Comité d'action contre l'extrême droite afin de fermer durablement l'université aux idées réactionnaires, qui progressent dans la société.
Parlant du niveau de politisation des étudiants de l'université Bordeaux Montaigne, les élections se sont tenues sur fond de mobilisation importante contre l'austérité, alors que la présidence a acté la suspension de deux licences, le non-renouvellement d'au moins 30 personnels contractuels et la suppression de 40 000 heures de cours à partir de 2027. La veille de la première journée de vote, près de 600 étudiants et personnels se sont réunis en assemblée générale pour discuter de ces attaques et de la manière d'y faire face, envahissant ensuite les bureaux du président qui a préférer éviter la discussion. Le lendemain, 800 personnes se sont retrouvées sur le parvis, tandis que la présidence tentait de tuer dans l'oeuf la contestation en faisant évacuer en amont de l'AG les bâtiments du campus pour déjouer un potentiel blocage. Malgré la tentative de la présidence, étudiants et personnels se sont retrouvés à près de 400, jeudi dernier, pour manifester sur les différents campus de Pessac (Montaigne, Montesquieu, Sciences Po, Béthanie).
Ce début de mobilisation révèles des dynamiques progressistes, notamment la volonté de convergence entre personnels menacés de perdre leur emploi et étudiants, comme l'illustre la pétition « Pas un poste, pas une place en moins à l'UBM » lancée ce vendredi. Dans le même sens, un an après le premier mouvement contre l'austérité, qui avait réuni jusqu'à 1 500 étudiants en AG à Bordeaux Montaigne, la reprise de la mobilisation marque l'installation d'une tradition d'auto-organisation forte au sein d'un large secteur d'étudiants. Celle-ci franchit un cap qualitatif : la reprise des cours ne signifie plus la fin des discussions, les revendications sont claires et les commissions, chargées d'appliquer les décisions.
Les résultats des élections montrent que face à l'austérité, les étudiants veulent se doter d'élus de combat dans les conseils centraux : des représentants qui utilisent leur position pour appuyer les mobilisations contre les réformes de la présidence et du gouvernement et qui refusent de négocier la régression sociale. Nous invitons toutes celles et ceux qui se sont reconnus dans le programme du Poing Levé à nous rejoindre, à venir militer à nos côtés pour faire face à l'offensive austéritaire de la présidence et pour reconstruire un mouvement étudiant fort et auto organisé, profondément anti-impérialiste et internationaliste, déterminé à faire reculer Macron et l'extrême droite aux côtés des travailleurs.