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Fermeture du Bêta à Angoulême : une menace contre l'ensemble du milieu associatif angoumoisin

Mon, 30 Mar 2026 20:14:32 CEST

Révolution Permanente

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Le tiers-lieu culturel le Bêta vient d'être placé en fermeture administrative, suite à un contrôle durant un concert proposé par l'association, lors du grand Off du festival de BD. L'équipe vient de poser un recours devant le tribunal administratif de Poitiers et s'inquiète d'une offensive contre l'ensemble du secteur associatif angoumoisin.

C'est un contrôle aux contours flous qui justifie cette répression. Comme l'explique l'association sur son compte instagram, en plein Off du Festival de BD, une quinzaine de policiers sont venus bloquer les entrées et sorties du Bêta, au motif d'un contrôle de jauge : après avoir demandé aux organisations d'arrêter le concert et de faire sortir le public, l'association propose plutôt qu'une délégation entre dans la salle pour constater l'ambiance et procéder au contrôle. Après cette proposition et un coup de téléphone, la police s'est repliée sans en dire plus.

Quelques semaines plus tard, une lettre recommandée de la préfecture annonce une fermeture administrative de deux mois pour « manquements graves aux règles de sécurité » au motif que l'association n'aurait pas permis le contrôle de jauge et qu'un comportement agressif du public aurait forcé la police à se retirer. Des motifs fallacieux qui, selon nous, dissimulent mal une attaque politique.

Le contexte du contrôle n'est pas anecdotique. Le concert se déroulait pendant le Grand off du festival de la BD et le carnaval des luttes. Un moment politique marqué d'un puissant boycott qui a fait plier les organisateurs du festival, accusés d'avoir couvert un viol sous emprise chimique, tout en dénonçant les violences patriarcales dans le milieu de la bande dessinée ainsi que la dimension commerciale et inégalitaire du festival.

La répression contre le tiers lieu constitue ainsi un avertissement pour l'ensemble du milieu alternatif angoumoisin, au sortir d'élections municipales où le maire sortant, Xavier Bonnefont, vient d'être réélu sur une ligne très sécuritaire et répressive. L'association qui gère le lieu conteste et portera mardi 31 mars un référé devant le tribunal de Poitiers, face à cette décision qui donne aux pouvoirs publics le droit de vie ou de mort sur les lieux associatifs, en particulier ceux au modèle économique précaire. Face à ces mesures autoritaires et répressives qui visent à museler le secteur culturel et associatif, les habitant.es, usager.es et travailleurs.es du secteur doivent se battre côte à côte contre les menaces de la préfecture.

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