Saint-Avold : face à un maire RN élu avec la complicité de la droite, il faut organiser la résistance
Mon, 30 Mar 2026 19:59:02 CEST
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalÀ Saint-Avold, l'élection du maire RN s'est déroulée sans accroc, avec la complaisance des « oppositions » de la droite locale. Pour résister aux politiques anti-sociales et racistes de l'extrême droite, il faudra structurer et élargir une opposition ouvrière et solidaire.

À Saint-Avold, le premier conseil municipal a vu l'élection sans surprise de Hervé Simon à la tête de la ville. Mais au-delà du résultat attendu, c'est surtout l'absence totale de contestation qui marque cette séance.
Aucune candidature alternative au poste de maire n'a été présentée par les oppositions de René Steiner et Tristan Atmania. Aucune prise de parole n'est venue s'opposer, même symboliquement, à la prise de pouvoir du Rassemblement national sur la commune. Une situation qui en dit long sur l'état des oppositions de la droite locales, dont l'effondrement du modèle clientéliste a permis au RN de remporter les élections.
Une opposition absente, silencieuse ou déjà prête à composer
Le fait le plus marquant est sans doute l'absence du maire sortant Steiner, qui ne s'est même pas présenté à la séance. Une absence lourde de sens, qui revient à abandonner purement et simplement le terrain politique au moment même où l'extrême droite prend les commandes de la ville.
Du côté de l'opposition de droite, qui a (co)dirigé la ville pendant des décennies, la situation n'est guère reluisante. La liste portée par Tristan Atmania, positionnée au centre droit et porteuse d'un programme encore plus sécuritaire que celui du RN, n'a tout simplement pas pris la parole. Silence total face à l'installation d'une majorité d'extrême droite.
Pire encore, un élu issu de la liste de René Steiner a affirmé être prêt à voter certaines mesures proposées par le RN. Derrière les discours d'opposition, c'est déjà une logique d'accompagnement qui se dessine.
Premières décisions : entre élargissement des postes et absence de transparence
Parmi les premières mesures, la nouvelle majorité a décidé de passer de 8 à 9 adjoints au maire, soit le maximum autorisé pour une ville comme Saint-Avold. Une décision qui augmente le nombre d'élus indemnisés, autour de 1 000 euros mensuels chacun.
Un choix en contradiction avec les discours habituels de l'extrême droite sur la « rigueur » et la réduction des dépenses publiques. Dans le même temps, aucune discussion n'a été engagée sur les indemnités du maire ni sur l'étendue de ses pouvoirs. Ces décisions essentielles sont renvoyées à plus tard, sans débat public immédiat.
La seule opposition qui compte faire face au RN est celle de la liste ouvrière et solidaire
Pendant toute la campagne municipale, une seule liste s'est clairement opposée à l'extrême droite : la liste Saint-Avold ouvrière et solidaire, dont j'ai porté les revendications avec mes 34 colistiers.
Face à une droite qui surenchérit sur le terrain sécuritaire et à des oppositions incapables d'assumer un affrontement politique avec le RN, cette liste a été la seule à défendre une position claire : refuser toute banalisation de l'extrême droite et défendre les intérêts des travailleurs et des classes populaires. Elle est restée totalement indépendante des politiciens et des notables locaux, y compris quand certains appelaient à former un « front républicain » avec les premiers responsables de l'aggravation des conditions de vies des travailleurs de la ville.
Aujourd'hui, alors que le RN est au pouvoir dans la ville et que les oppositions de la droite locale sont soit absentes, soit silencieuses, soit prêtes à composer avec l'extrême droite, cette orientation reste la seule capable de construire une véritable opposition.
Un symptôme d'une crise politique plus large
Ce qui s'est joué à Saint-Avold dépasse le cadre local. L'arrivée du RN à la tête de la ville ne vient pas seulement de sa progression électorale, mais aussi sur l'effondrement des forces de droite qui prétendaient s'y opposer, tout en reprenant et en radicalisant les thèmes sécuritaires de l'extrême droite.
Cette dynamique s'inscrit dans un contexte national de banalisation du RN, nourrie par des années de politiques antisociales et sécuritaires menées par les gouvernements successifs.
Construire une opposition sur des bases de classe
Face à cette situation, une évidence s'impose : aucune opposition institutionnelle ne viendra freiner les politiques de la nouvelle majorité. La seule perspective réside dans l'organisation indépendante des travailleurs et des habitants. C'est dans ce cadre que la liste Saint-Avold ouvrière et solidaire appelle à un premier rendez-vous pour s'organiser collectivement : ce samedi 11 avril à 14h au Side One Café, à Saint-Avold.
Une réunion pour discuter, s'organiser et construire une riposte face à l'extrême droite, sur des bases claires : celles des intérêts des travailleurs, contre les politiques antisociales et racistes.