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Austérité à Paris 1 : la BU de Lourcine va fermer le samedi à cause des coupes budgétaires

Mon, 30 Mar 2026 17:15:39 CEST

Révolution Permanente

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La bibliothèque du campus de Lourcine sera fermée le samedi à partir du 18 mai, suite au budget 2026. Une offensive austéritaire qui prépare de nouvelles attaques contre les travailleurs de la fac et une double peine pour les étudiants en droit de Paris 1, confronté à une forte pression scolaire et à la réforme de la licence.

À partir du 18 mai 2026, la bibliothèque Jean-Claude Colliard (campus Lourcine) restera fermée les samedis jusqu'à septembre. En raison des coupes budgétaires imposées par le ministère et appliquées par la présidence, le Service commun de la communication (SCD) ne peut plus maintenir l'ouverture à plein régime des 3 grandes bibliothèques dans les centres Tolbiac, Lourcine et la Chapelle.

La BU de Lourcine était déjà en difficulté depuis la rentrée 2025, le budget austéritaire imposé par la présidence étant déjà largement en dessous des besoins réels. Fait symptomatique, la bibliothèque a été contrainte de s'appuyer sur des dons de plusieurs maisons d'éditions pour avoir des manuels à jour. Il a même été nécessaire de rediriger le budget de la CVEC, censé financer des services culturels, sociaux, médicaux pour les étudiants, pour acheter les codes juridiques actualisés. Ces solutions ne servent qu'à pallier les conséquences de l'austérité et demeurent insuffisantes. Cette situation pénalise directement les étudiants qui ne peuvent pas se permettre d'acheter chaque année les manuels et les codes actualisés.

Cette fermeture va avoir des conséquences concrètes pour les étudiants. Elle va surtout empêcher les étudiants devant passer des examens au rattrapage, déjà fragilisés dans leur parcours, mais aussi les étudiants en préparation de l'ENM ou du CRFPA, de réviser dans de bonnes conditions. Comme toujours, ce sont les plus précaires qui seront les plus impactés. Ceux qui ne peuvent pas travailler chez eux, qui ne peuvent pas s'acheter leurs manuels, et à qui on impose déjà depuis un an une réforme favorisant le tri social à l'université.

Pour justifier cette décision, le SCD invoque l'ouverture de la nouvelle BU du campus La Chapelle. En réalité, cette décision met en lumière les conséquences concrètes des politiques du gouvernement dont la présidence s'est faite le relais local : dégradation des conditions d'études, d'une part, et des conditions de travail des personnels des différents services, d'autre part. La fermeture, le samedi, de la BU Lourcine est une illustration de l'orientation austéritaire de la présidence de Paris 1 et un élément parmi d'autres d'une offensive plus large. En effet, la BU de Lourcine est loin d'être l'unique cible des coupes budgétaires de l'administration. Depuis septembre, des frais d'inscription racistes ont été mis en place jusqu'à 4000€ l'année pour les étudiants étrangers, les professeurs vacataires sont payés au compte-goutte et des formations sont supprimées sans solution de repli pour les étudiants. L'architecte de ce désastre : la présidence, qui impose l'austérité tout en accueillant les discours militaristes et les entreprises génocidaires en grande pompe.

Depuis quelques mois, les étudiants de Paris 1 se mobilisent contre le budget raciste et austéritaire de l'université. Les professeurs vacataires sont également mobilisés, notamment en pratiquant la rétention de notes, preuve de l'opposition large aux mesures sélectives et austéritaires de la présidence. Dans la continuité de ces mobilisations, l'ensemble des personnels de la fac appellent à la grève ce jeudi 2 avril pour protester contre les coupes budgétaires et la casse des conditions d'études et de travail dans l'université. Dans ce contexte, la présence d'un mouvement étudiant fort pourrait être un élément déterminant dans la construction d'un rapport de force favorable. Un mouvement organisé par les étudiants et les personnels de l'université eux-mêmes, déterminé à défendre une université ouverte à tous et à toutes, résolument antiraciste, et prêt à riposter face aux projets de casse de l'université défendu par le gouvernement et la présidence.

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