CHU de Bordeaux : les travailleurs en grève ce mercredi contre une attaque sur les congés
Sat, 28 Mar 2026 21:45:17 CET
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalCe mercredi 25 mars, les agents du CHU de Bordeaux se sont mobilisés à l'appel de la CGT contre une nouvelle charte sur les plannings et l'absentéisme imposée par la direction. Entre restrictions des congés, manque de personnel et refus de dialogue de la direction, la colère monte dans les services.

Ce mercredi 25 mars, les travailleurs du CHU de Bordeaux ont répondu à l'appel de la CGT CHU de Bordeaux en se mobilisant lors d'un grève pour dénoncer de nouvelles attaques de la direction sur les congés. Un préavis de grève avait été déposé, avec des rassemblements organisés de 13h à 14h à Haut-Lévêque et de 13h à 15h sur le site de Pellegrin, réunissant plus d'une centaine de personnes.
La direction s'attaque aux congés pour pallier le sous-effectif
Au cœur de la mobilisation : la mise en place unilatérale par la direction d'une charte sur les plannings et l'absentéisme, sans aucune concertation avec les syndicats. Ces derniers dénoncent des mesures jugées inacceptables, notamment la limitation à 15 jours de congés consécutifs pour les hospitalier·es et un plafonnement à 25% des effectifs pouvant partir en congés simultanément.
Une attaque inédite alors qu'aucune restriction de ce type n'existait auparavant : de plus en plus, la direction cherche à pallier le manque d'effectifs en faisant peser cette charge sur les épaules des travailleuses. C'est la même logique que l'on constate avec la mise en place de la prime au mérite, qui vise à n'accorder des primes qu'aux hospitalier·es qui n'ont pas d'absentéisme. Le but de toutes ces mesures : faire tenir les services sans embaucher.
Pour la CGT, ces restrictions aggravent des conditions de travail déjà dégradées, dans un contexte de sous-effectif chronique. Depuis la mise en place du PRE (Plan de Retour à l'Équilibre), les initiatives qui font payer le manque de moyens aux travailleur·euses se multiplient et aucun véritable plan de recrutement n'a été engagé, accentuant la pression sur les agents.
Lire aussi : 30 millions d'économies, suppression des heures sup : le plan d'austérité XXL du CHU de Bordeaux
L'impasse du dialogue social : pour une riposte collective et organisée
Une délégation de la CGT Pellegrin à été reçue par la direction lors d'une négociation qui a duré 1h30. L'objectif était clair : obtenir le retrait de cette charte. Mais ces échanges se sont soldés par un refus catégorique de la direction, renforçant la colère des personnels mobilisés.
Face à ce blocage, la situation pose clairement la question du rapport de force. Les méthodes de la direction, imposant des mesures sans concertations, appellent une réponse à la hauteur. Il apparaît aujourd'hui nécessaire d'aller plus loin dans l'organisation collective, en construisant des assemblées générales réunissant l'ensemble des travailleurs dans tous les services, ainsi que les usagers. Une telle démarche permettrait de décider démocratiquement des suites du mouvement et de renforcer la mobilisation.
Dans ce contexte, la construction d'un front uni syndical mais aussi de cadres de discussion réunissant syndiqués et non-syndiqués est essentielle. Elle permettrait de peser davantage et engager un mouvement de grève plus large, capable de faire reculer la direction, d'imposer la suppression totale de cette charte et pas seulement sa négociation. Mais aussi, de poser les bases démocratique et organisationnelles pour des mobilisations contre l'austérité qui touche l'hôpital et l'ensemble des services publics au profit de la militarisation.
Crédits photo : Révolution permanente.