« Ils refusent de nous payer en horaire de nuit » : journée de grève à 50% à l'UGC Les Halles
Sat, 28 Mar 2026 18:37:32 CET
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalLes salariés du UGC Les Halles de Paris, le cinéma le plus fréquenté au monde, se sont mis en grève début mars pour dénoncer une situation sanitaire désastreuse au cinéma, et pour obtenir de meilleures conditions de travail.

Avec ses 2,8 millions d'entrées en 2024, le cinéma UGC Ciné Cité Les Halles, au centre de Paris est le cinéma le plus fréquenté de la planète. Mais derrière cette vitrine du cinéma français, les conditions de travail de ses nombreux agent·es d'accueil et travailleur·euses sont désastreuses. Robin*, un gréviste interrogé explique à Révolution Permanente : « Derrière, on a des conditions encore pires que chez Pathé ou MK2 ».
En décembre, dans le cadre de la sortie d'Avatar 3, des salarié·es ont lancé un mouvement de grève pour être indemnisé·es contre la présence de punaises de lit, pour l'augmentation de leurs salaires et l'embauche de personnel. Dimanche 1er mars, 50% des effectifs de la journée, d'après la CGT, se sont à nouveau mis en grève. La mobilisation est partie de travailleurs sans expérience de lutte, et les grévistes se sont organisés pour construire le mouvement, préparer la grève et faire venir les médias.
Les agents se mobilisent avant tout pour de meilleurs salaires, qui ne sont actuellement pas adaptés aux contraintes du métier. « On est payé quasiment au SMIC, à peine plus », explique-t-il. À cela s'ajoute l'absence de majoration pour les horaires atypiques : « On n'est pas payé plus le weekend, et on n'est pas payé en horaires de nuit quand on finit à 00h30 ». Les grévistes revendiquent une augmentation immédiate d'au moins 5 %, une meilleure prise en compte de l'ancienneté, ainsi que la mise en place de primes sur la confiserie, déjà existantes dans d'autres chaînes de cinémas.
Le manque de personnel est également dénoncé. L'équipe permanente est réduite au minimum, tandis que des renforts en CDD courts, rarement renouvelés, viennent combler temporairement les périodes d'affluence. Cette situation, qui s'appuie en grande partie sur une main d'œuvre étudiante précaire, pèse directement sur les conditions de travail et sur la relation avec le public. « On a une collègue qui s'est pris une baffe, un collègue qui s'est fait pousser, on se prend des insultes des clients, etc. », témoigne Robin.
Les plannings, eux, rendent la vie personnelle presque impossible. Entre week-ends travaillés et impossibilité de poser des congés pendant les vacances scolaires, la contrainte est permanente. « Ça fait 4 ans que je travaille ici, je n'ai jamais eu de congés sur des vacances scolaires, j'ai jamais eu mon samedi », raconte Robin. Une situation qui touche particulièrement les étudiants : « Il y a beaucoup d'étudiants qui travaillent là, et qui ne peuvent pas voir leur familles ».
À ces difficultés s'ajoutent des conditions sanitaires alarmantes. Certaines salles ont déjà été infestées de punaises de lit. « J'ai vu parfois des dizaines de punaises de lit qui grouillaient sur des sièges », affirme un salarié. Plusieurs employés en ont ramené chez eux, avec des conséquences lourdes dans leur vie personnelle et des coûts importants pour s'en débarrasser. Pourtant, la direction refuse d'assumer : « elle nous a dit : « rien ne prouve que vous les avez eu chez nous » » et refuse d'aider financièrement le personnel touché.
Face à la mobilisation, la direction d'UGC a cherché à désamorcer la mobilisation en embauchant des contrats courts dès le premier jour de grève. Elle cherche à casser la grève et à intimider les collègues, notamment en convoquant une gréviste à un entretien préalable à licenciement.
Face à la précarité de l'emploi des métiers de la culture que mettent en place les grandes entreprises du cinéma français et le gouvernement, les grévistes de l'UGC montrent la voie à suivre pour se mobiliser contre un avenir de misère. Pour soutenir leur grève, partagez et contribuez à leur caisse de grève.