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Révolution Permanente, l'extrême-gauche et les élections municipales

Fri, 27 Mar 2026 17:39:28 CET

Révolution Permanente

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Malgré la volonté du régime de stigmatiser La France Insoumise en lui collant l'étiquette d'extrême gauche, ce terme recouvre en réalité, et depuis longtemps, une sensibilité politique bien précise en France : celle des courants se réclamant de la révolution et, en particulier, de la tradition trotskyste. En dépit d'un recul de l'espace électoral qu'ils ont pu occuper à d'autres moments, plusieurs scores montrent qu'il n'y a pas de fatalité à ce que le trotskysme soit marginal et que LFI s'accapare la radicalité de secteurs de la jeunesse et du monde du travail.

Si on s'intéresse de près aux résultats de l'extrême gauche dans une élection qui anticipe dans une grande mesure les enjeux de la présidentielle de l'année prochaine, toutes les listes confondues auront obtenu au total un peu plus de 117 000 voix, un chiffre en légère augmentation par rapport au scrutin de 2020 qui avait eu lieu en pleine crise Covid, avec une participation globale extrêmement faible. Ce chiffre prolongeait cependant la tendance globale à une forme de marginalisation de l'extrême-gauche par rapport à l'influence électorale que celle-ci a pu avoir dans le passé, et tout particulièrement dans la période allant de 1995 à 2008.

1995-2008 : L'extrême gauche n'a pas toujours fait 1%

Dans ces années-là, la séquence autour des grèves de 1995, la crise de la gauche plurielle et les très bons scores d'Arlette Laguiller et Olivier Besancenot aux présidentielles de 1995, 2002 et 2007 ont trouvé leur déclinaison aussi à l'échelle municipale, avec des résultats remarquables dans des villes importantes pour des listes de l'extrême-gauche malgré une présence dans un nombre moins important de villes qu'aujourd'hui. Ainsi, en 1995, la liste de Lutte Ouvrière avec Arlette à sa tête aux Lilas obtenait 15,63% des voix, tandis qu'en 2001 l'extrême gauche dans son ensemble obtenait 20% des voix à Gennevilliers, 9% à Lille ou 13% à Clermont-Ferrand.

L'élection de 2008 constitue un cas plus ambivalent. Si le nombre de listes avec des candidats d'extrême gauche a été plus élevé que jamais et les résultats non négligeables, ceux-ci ne correspondaient pas toujours à une politique indépendante des révolutionnaires et des courants réformistes. Le fait que la LCR constitue de nombreuses listes unitaires avec ces courants n'était pas réellement une nouveauté, mais cette fois-ci le courant lambertiste a joué la carte du « parti des maires des petites communes », derrière la figure de Shivardi, tandis que Lutte Ouvrière aura pour la première fois des candidats sur 70 listes d'union de la gauche.

Les partis d'extrême-gauche décrocheront à cette occasion un nombre inédit de conseillers municipaux (79 pour LO, une cinquantaine pour la LCR et 45, dont 40 dans de très petites communes, pour le POI) mais au prix de renoncements importants. Comme le rappelle Jean-Paul Salles, LO mobilise à l'époque le « contexte de droite dure gouvernante » pour justifier « d'intégrer dans le maximum de villes les listes d'Union de la Gauche (UG) ».

« Au total les militants de LO sont présents dans près de 200 communes : ils font cavalier seul dans 117 municipalités et sont représentés sur 70 listes d'UG. Cette stratégie, refusée par la minorité de LO qui sera exclue peu après, permet à l'organisation d'obtenir 65 élu(e)s, parmi lesquels Nathalie Arthaud, à Vaulx-en-Velin, la nouvelle porte-parole de LO, qui viennent s'ajouter aux 14 élu(e)s du premier tour » note l'historien. Assumant ainsi des alliances avec des partis comme le PCF mais également le PS, LO va jusqu'à s'engager « à voter les budgets de cette gauche majoritaire, au moins pendant deux ou trois ans. Jusqu'à ce que, Hollande étant parvenu à la présidence, cela devienne quand même insupportable aux élus LO eux-mêmes. »

Le mélenchonisme s'accapare le vote radical de gauche

À partir de 2014, l'émergence du Front de Gauche et de la figure de Mélenchon a commencé à occuper l'espace à la gauche du Parti socialiste au détriment de l'extrême gauche qui n'obtiendra qu'une dizaine d'élus pour LO et une dizaine pour le NPA, tendance qui n'a pas été modifiée fondamentalement en 2020, même si LO voit alors son nombre d'élus augmenter.

Mélenchon assume d'ailleurs ouvertement dans un entretien de 2024 (cf à partir de la minute 46) que ce qui l'a convaincu de rompre avec le PS c'était en partie l'espace électoral gagné par Arlette Laguiller et Besancenot aux présidentielles car ces 10% des voix n'étaient pas selon lui acquise au trotskisme et pouvait être le socle d'un projet de gauche radicale : Le Front de gauche (qui fait 12% lors de sa première participation électorale), puis La France insoumise.

Le scrutin de 2026 a donc eu lieu dans ce contexte de marginalisation croissante des courants se réclamant du trotskysme au profit de la France Insoumise, au point où même l'appellation extrême gauche désigne désormais de plus en plus dans la bouche des représentants du régime le courant de Jean-Luc Mélenchon.

Deux phénomènes nouveaux s'y sont cependant manifestés. D'abord, la dissolution presque complète du courant issu de la LCR, et incarné par la figure d'Olivier Besancenot, dans des listes d'union de la gauche (ou d'une partie de la gauche), finissant de liquider leur indépendance politique, cette fois à l'échelle des municipales. Ensuite, l'émergence de Révolution Permanente comme nouvelle force politique et électorale, capable là où elle se présente de disputer une frange de l'espace arraché par le mélenchonisme à l'extrême gauche ces dernières années.

Triste fin du NPA-L'anticapitaliste

Après l'intégration complète du Parti ouvrier indépendant (POI) à La France insoumise, nous assistons actuellement à un nouvel épisode du processus de liquidation d'une famille historique du trotskysme en France, avec sa dissolution dans la gauche institutionnelle. Pire encore, la politique menée par le NPA-L'Anticapitaliste dans ces élections s'est menée sans la moindre délimitation vis-à-vis de la gauche bourgeoise et de gouvernement que représentent le PS, EELV ou Place publique, avec lesquels ils n'ont pas hésité à faire liste commune, parfois contre LFI, ces derniers étant jugés insuffisament unitaires. Rare exception, la candidature de Philippe Poutou à Bordeaux, en raison d'un différend avec LFI localement, sans que ni l'un ni l'autre ne réussisse finalement à accéder au second tour et au conseil municipal.

Les élus du NPA-A ne s'inscrivent donc pas dans le cadre d'une politique anticapitaliste indépendante mais comme la cinquième roue du carrosse de la gauche institutionnelle, voire bourgeoise, avec laquelle ils partagent désormais des majorités locales. Ceci constitue une véritable débâcle politique pour ce courant historique du trotskysme français, mais aussi une avancée supplémentaire de la gauche institutionnelle sur l'espace politique de l'extrême gauche.

Sauf exceptions très partielles, ni le NPA-Révolutionnaires, ni le Parti des travailleurs, issus respectivement de scissions avec le NPA-L'Anticapitaliste et le POI, n'ont pu récupérer, malgré un effort important pour la constitution de listes dans ce but, l'espace électoral qui était celui du NPA ou du courant lambertiste. Les deux organisations réalisent en effet des scores très faibles : 18 445 voix (14 767 si on ne tient pas compte des voix d'arrondissement là où ils se présentaient également dans toute la ville) pour les 29 listes du NPA-R dans 26 villes, un peu plus de 11 000 voix pour les 59 listes du PT.

Pour ce qui est du NPA-Révolutionnaires les quelques scores un peu plus élevés correspondent à des implantations très anciennes de l'ex-LCR, dans les banlieues bordelaise (Lormont et Cenon), et rouennaise (Saint-Etienne-du-Rouvray), et marquent un recul par rapport au passé, avec la conservation d'un seul poste d'élu à Saint-Étienne-du-Rouvray, une ville où la LCR puis le NPA siègent depuis 1983. En même temps dans des villes importantes de son implantation comme Gennevilliers, le NPA-R réalise un résultat assez catastrophique : 108 voix alors que la liste comptait 45 membres, soit un total de seulement 63 voix arrachées. Une réalité que cette organisation cherche à masquer en présentant souvent leurs voix additionnées à celles de LO ou en mélangeant sectarisme et déni, comme dans cet article critiquant sans beaucoup d'arguments certaines campagnes de RP tout en oubliant comme par hasard le résultat à… Saint-Denis.

Lutte ouvrière, beaucoup de listes pour des résultats modestes

Seule organisation d'extrême gauche en capacité de se présenter à une échelle nationale, Lutte ouvrière bat son record en termes de nombre de listes et de candidats, avec 266 listes dans 243 communes et plus de 11 000 candidats, ce qui reflète sans aucun doute les capacités matérielles et le maillage national de cette organisation, ainsi que plus de 50 ans d'expérience de participation aux élections municipales. Les résultats atteints en termes de voix sont variables selon les réalités locales mais globalement modestes, avec un total de moins de 80 000 voix et un pourcentage inférieur à celui de 2020.

Si ses résultats dans des petites villes ouvrières du Nord et de l'Est sont parfois importants et reflètent des implantations historiques, mais aussi des situations où la liste LO constitue la seule opposition à la mairie sortante, dans les plus grandes concentrations urbaines les pourcentages sont souvent bas, même là où LO présente ses figures nationales comme Nathalie Arthaud à Pantin (3,19%) ou Jean-Pierre Mercier à Poissy (1,1%). Ils maintiennent un total de 24 élus, chiffre se situant dans leur moyenne historique, si on met de côté le cas particulier de l'élection de 2008 auquel nous nous sommes déjà référés, qui varie entre 10 (2014) et 34 élus (2001). Cette stagnation n'a pas l'air de préoccuper la direction de l'organisation qui voit dans la « montée des idées réactionnaires » l'explication des faibles scores de la gauche révolutionnaire et voit le seul fait de présenter des listes et exister comme un acquis.

Le fait nouveau : la percée de Révolution Permanente

Fondée il y a seulement trois ans, Révolution Permanente participait pour la première fois aux élections municipales. Après avoir entamé sans succès une démarche pour des listes communes auprès de Lutte Ouvrière et du NPA-Révolutionnaires, le pari a été de présenter un nombre limité de listes, 9 au total, autour de quelques implantations clé, et de se donner les moyens de mener de véritables campagnes de terrain, qui permettent au travers d'une forte agitation politique, d'entamer un dialogue et de chercher à influencer une frange (réduite) des masses populaires. Derrière des candidats ouvriers, étudiants ou avocats au service des travailleurs, chaque campagne a porté des revendications partant des besoins et des aspirations de la population, en soulignant l'impasse des illusions institutionnelles portées notamment par la France Insoumise et l'enjeu de préparer une riposte par en bas autour d'un programme de combat et pour un changement de société.

Celui-ci articulait revendications nationales brûlantes sur le terrain des salaires, des retraites et des lois racistes, mots d'ordre anti-impérialistes, contre la militarisation, le génocide à Gaza mais aussi pour la défaite de l'agression impérialiste étasunienne et israélienne contre l'Iran, revendications démocratiques radicales et réponses anticapitalistes à des enjeux tels que le logement, l'accès à la santé ou l'éducation, liés à la nécessité de s'attaquer aux profits patronaux et de placer ces services essentiels sous le contrôle des travailleurs. Les campagnes ont également mis au centre le pouvoir du grand patronat sur les villes, en posant la question de l'affrontement avec Xavier Niel à Paris 13, Rodolphe Saadé à Marseille, de l'expropriation de l'industrie aéronautique à Toulouse ou encore des fortunes bâties sur l'esclavage à Bordeaux, mais aussi la dénonciation frontale du consensus sécuritaire et l'adaptation de la gauche institutionnelle sur cette question.

À Saint-Avold, une liste d'indépendance de classe et anticapitaliste soutenue par Révolution Permanente a permis d'organiser autour de Christian Porta, militant ouvrier et figure locale, de nombreux travailleurs, syndicalistes combattifs, anciens gilets jaunes, pour aller défier l'extrême-droite dans un de ses fiefs, et dialoguer avec les travailleurs tentés par le RN, représenté par le chef de la gendarmerie locale ayant réprimé à maintes reprises les ouvriers de Neuhauser, l'usine de Christian Porta. La campagne a suscité un écho important dans la population et été à l'origine d'un rassemblement qui a mis en échec la visite qui se voulait triomphale de Marine Le Pen dans le département. Les plus de 6% des voix récoltées et le collectif militant qui s'est forgé seront des atouts importants pour faire face à la nouvelle mairie RN et continuer le combat contre l'extrême-droite.

En termes de résultats, le pari a été payant. Les 9 listes ont pu recueillir au total plus de 12 000 voix, un chiffre global évidemment modeste mais qui exprime un ratio très élevé par rapport au reste de l'extrême-gauche, avec des pourcentages remarquables dans des villes importantes, et ce dans un contexte de forte concurrence politique. Dans ce cadre, il est à noter que partout où les électeurs ont eu à choisir entre une liste RP et des listes LO, NPA-R ou PT, celle de RP est arrivée largement en tête, parfois réunissant même plus de voix que toutes les autres réunies. Trois de ces listes ont recueilli plus de 6% (Saint-Denis, Marseille 4ème/5ème et Saint-Avold, respectivement 150 000, 95 000 et 15 000 habitants) et deux conseillers municipaux RP ont fait leur entrée dans le conseil municipal de la deuxième ville d'Île-de-France.

Le centre de gravité de la stratégie de Révolution Permanente ne se situe ni dans les élections ni dans les institutions, et notre participation à celles-ci s'inscrit dans la tradition révolutionnaire. Elle consiste à se servir de chaque brèche du semblant de démocratie qui recouvre la dictature de la bourgeoisie pour faire de l'agitation révolutionnaire et conquérir des positions utiles à la lutte de la classe ouvrière et des secteurs populaires pour le renversement du capitalisme. Si les voix et les élus ne sont donc pas pour nous une fin en soi, ils constituent cependant un thermomètre de l'efficacité de l'agitation politique et de la capacité, en tant que révolutionnaires, à expliquer et convaincre une partie de notre classe de notre programme.

Ces bons résultats sont d'autant plus encourageants qu'ils ont lieu précisément dans un contexte très différent de celui du cycle 1995-2008, lorsque l'extrême gauche a pu bénéficier de la crise des organisations traditionnelles de gauche après l'expérience de la gauche plurielle. Depuis le milieu des années 2010 la situation est différente car il existe une force politique à la gauche du Parti socialiste qui cherche à dialoguer avec une certaine radicalité et qui est diabolisée par le régime : La France insoumise. Ce que montrent donc les résultats de RP à une toute petite échelle, c'est qu'il n'y a pas de fatalité à ce que le trotskysme soit un courant marginal et que LFI s'accapare dans les urnes la radicalité qui s'exprime dans des secteurs de la jeunesse et du monde du travail.

Le cas de Saint-Denis est de ce point de vue emblématique car, malgré la dynamique électorale puissante de la France Insoumise, RP a pu capter une frange non négligeable (plus de 7%) de la politisation anti-Hanotin, en menant une campagne en bataille avec la politique du maire sortant et les demi-mesures du programme et de la liste LFI-PCF. L'émergence fulgurante d'Elsa Marcel comme personnalité politique de la ville offrira une position très intéressante dans le conseil municipal de la principale ville dirigée par LFI, à partir de laquelle faire de la politique en toute indépendance pendant 7 ans. Dans son premier discours au conseil municipal, elle a souligné : « Dans le conseil municipal, nous mettrons nos mandats au service de ces combats. On l'a dit, nous ne sommes pas des politiciens professionnels et nous ne sommes pas là pour faire carrière.

Nous voulons être les yeux et les oreilles de la jeunesse, des travailleurs et des quartiers populaires et un levier pour chaque mobilisation, chaque grève, chaque lutte. »

Tirer des leçons et reconstruire une extrême gauche à la hauteur des enjeux

Loin de toute « guerre de boutiques », l'examen des différentes campagnes et résultats électoraux de l'extrême-gauche montrent qu'en brisant le routinisme il est possible de sortir les révolutionnaires de la marginalité et d'aller disputer la conscience d'une frange non négligeable de notre classe. Sur ce plan, nous regrettons que le choix majoritaire du reste de l'extrême-gauche consiste à « planter son drapeau » dans les élections, en se satisfaisant de sa simple présence, sans mener de véritables campagnes, et en défendant des programmes qui ne cherchent que rarement à dialoguer avec les préoccupations concrètes (y compris locales) des travailleurs et habitants à qui ils s'adressent.

À l'inverse, alors que la dynamique d'accélération de la lutte de classes internationale et les tendances lourdes à la guerre ne font qu'accentuer cette nécessité, les élections peuvent être un outil parmi d'autres dans le travail des révolutionnaires. Malgré nos désaccords, une dynamique commune de l'extrême gauche, avec les forces et faiblesses des implantations respectives de chaque courant, serait plus à même d'incarner une ambition de ce type et de faire entendre des idées anticapitalistes et anti-impérialistes que 3 ou 4 listes concurrentes, supposant un grand effort et un coût certain pour des scores souvent infimes.

Cela a déjà été fait dans le passé, par exemple pour les municipales de 1977 et 1983. Encore selon Jean-Paul Salles, « après plusieurs élections législatives partielles que l'extrême gauche affronte dans la division (…) trois groupes d'extrême gauche se présentent unis aux élections municipales des 13 et 20 mars 1977. Dès janvier 1977, LO, la LCR et l'OCT concluent un accord, se démarquant à la fois de la droite et de la gauche du Programme commun (PS, PCF et MRG). Elles seront capables de présenter 56 listes, dans 30 villes importantes (27 villes et 3 listes à Lyon, 6 à Marseille et 20 à Paris) sous la dénomination “ Pour le socialisme, le pouvoir aux travailleurs ”. » Il rappelle que Lutte ouvrière se félicitait le lendemain des élections de 1977 dans son « journal qui titre son éditorial : “ Succès de l'extrême gauche révolutionnaire ”, reconnaissant que l'accord de “ front unique ” (sic) a été incontestablement positif . »

Dans la période actuelle, une telle politique existe dans d'autres pays comme l'Argentine où les principales organisations trotskystes du pays maintiennent depuis 15 ans un front électoral, le FIT-U, tout en gardant l'indépendance de chacune et la liberté de critique mutuelle. Ce front a permis entre autres d'élire à plusieurs reprises des députés liés aux luttes des travailleurs et de la population pauvre et de forger des référents qui jouent aujourd'hui un rôle essentiel face à l'offensive brutale de l'extrême droite de Milei et la complaisance du péronisme. Myriam Bregman, la candidate à la dernière présidentielle, est en train d'émerger comme la principale opposante à Milei aux yeux des masses et certaines enquêtes d'opinion la font apparaître en tête du classement de l'opinion sur les hommes et femmes politiques du pays.

Un bilan que la gauche révolutionnaire devrait regarder en face si elle veut être à la hauteur des tâches brûlantes de la situation face à la crise du capitalisme, à la progression de l'extrême-droite, à la militarisation et à la nécessité d'y apporter une réponse d'indépendance de classe en préparant les affrontements à venir. En ce sens, après ces municipales, Révolution Permanente réitère, une fois de plus, sa proposition d'ouverture d'un processus de discussion et d'exploration en vue d'une participation commune ou concertée des partis d'extrême-gauche aux prochaines échéances électorales.

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