États-Unis : des millions de manifestants attendus pour défier Trump ce samedi 28 mars
Fri, 27 Mar 2026 20:51:29 CET
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalDes millions de manifestants sont attendus le 28 mars à travers les États-Unis pour une nouvelle journée « No Kings ». Alors que Trump est en grande difficulté dans la guerre en Iran et après sa défaite à Minneapolis, cette mobilisation pourrait contribuer à fragiliser un Trump affaibli.

Au moins un million de manifestants est attendu dans les rues de plus de 3000 localités étasuniennes ce samedi 28 mars. Une mobilisation qui s'inscrit dans la continuité des deux précédentes manifestations No Kings, qui avaient eu lieu en juin et octobre 2025 afin de dénoncer la politique austéritaire et raciste ainsi que le saut autoritaire du gouvernement de Donald Trump.
Ces deux précédentes itérations avaient démontré la possibilité de construire des véritables mobilisations de masse contre le régime d'extrême-droite. Néanmoins, le mouvement avait été pour l'essentiel dirigé et canalisé par la bureaucratie du Parti Démocrate, qui avait cherché à le détourner vers ses objectifs électoraux. Cette fois néanmoins, les coordonnées sont quelque peu différentes.
En effet, il y a tout juste deux mois, la mobilisation populaire et ouvrière à Minneapolis après l'assassinat policier d'Alex Pretti et Renee Nicole Good est parvenue à infliger une cuisante défaite à Trump. Après plusieurs semaines de grèves et manifestations dans la capitale du Minnesota, Trump avait ainsi été forcé de limoger Gregory Bovino et finalement de retirer l'ICE de l'État.
De plus, les États-Unis sont désormais empêtrés dans la guerre impérialiste contre l'Iran, qu'ils mènent conjointement avec l'État colonial d'Israël, et pour laquelle ils déploient des milliers de troupes au Moyen Orient. Cette offensive impérialiste arrive quelques mois après l'enlèvement de Nicolas Maduro et alors que le blocus contre Cuba se poursuit. Des opérations qui pourraient réveiller le spectre des mobilisations pro-palestiniennes des dernières années, mais qui provoquent également le mécontentement d'une part croissante des classes populaires attirées par les promesses de Trump de mettre fin aux « guerres sans fin » lors des élections présidentielles de 2024.
Aussi, ce nouveau contexte pourrait bien pousser de nouveaux secteurs à prendre part à la mobilisation de ce week-end. Pour cette raison, il est fondamental que les revendications qui y seront portées s'appuient sur l'expérience de Minneapolis et dénoncent avec force la fuite en avant guerrière de l'impérialisme étasunien.
Or, le Parti Démocrate, qui dirige jusqu'à présent les mobilisations No Kings, a tout intérêt à limiter au maximum le développement de telles revendications. En effet, c'est le président Obama, avec le soutien enthousiaste d'Hillary Clinton et de l'ensemble du Parti Démocrate, qui a expulsé plus d'immigrants que tout autre président. Quelques années après, c'est Joe Biden qui a armé Israël jusqu'aux dents pour commettre un génocide contre le peuple palestinien.
Aussi, l'une des tâches fondamentales de la période est non seulement de continuer de massifier la mobilisation No Kings, d'élargir ses revendications en dehors du seul sujet de l'autoritarisme de Trump, mais aussi de lutter pour son auto-organisation et son indépendance totale du Parti Démocrate.
C'est ce que cherchent à faire les militants de Left Voice, organisation sœur de Révolution Permanente aux États-Unis, qui appellent à manifester avec le slogan Abolissons l'ICE, accordons les pleins droits aux immigrants, contre l'offensive impérialiste en Iran et le blocus de Cuba !
Manifestants de Left Voice, organisation sœur de RP aux US, lors de la manifestation No Kings en octobre