« Mon cou était dans la gueule du chien » : un jeune de 19 ans victime de violences policières près de Lyon
Thu, 26 Mar 2026 20:48:09 CET
Révolution Permanente
Ouvrir l'originalSamedi 21 mars, Islam, 19 ans, a été mordu à plusieurs reprises à la gorge par un chien lors d'un contrôle de la police municipale à Rillieux-la-Pape. Alors que de nouveaux cas de violences policières ont eu lieu partout en France ces derniers jours, celui-ci rappelle une fois de plus la brutalité de l'institution policière.

Samedi 21 mars, lors d'un contrôle d'un groupe de jeunes à Rillieux-la-Pape par la police municipale, Islam, 19 ans, a été grièvement blessé par un chien policier. Les vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux montrent plusieurs policiers cagoulés et armés, interpellant un groupe de jeunes hommes. À deux reprises, un policier pousse violemment un des jeunes interpellés. Cela excite le chien d'intervention, qui saute sur Islam. Ce dernier lui met un coup de pied pour se défendre. Un policier plaque Islam au sol, et l'animal le mord violemment au niveau du cou. « Mon cou était dans la gueule du chien. J'ai cru qu'il allait me tuer. J'ai fait mes prières. » raconte Islam à Médiapart.
Deux amis d'Islam, présents lors du contrôle, ont par ailleurs été poursuivis pour « outrages » et « violences ». Ils ont été jugés en comparution immédiate, et condamnés à six mois ferme pour l'un, et six mois avec sursis pour l'autre. Suite à cette agression, Islam a porté plainte pour « tentative de meurtre », et plusieurs rassemblements ont eu lieu à Rillieux-la-Pape et dans les communes alentour, en soutien au jeune homme.
Selon le maire de centre-droit de la ville, Alexandre Vincendet, les « coups [d'Islam] déplacent la muselière qui tenait jusque-là fermée la gueule de l'auxiliaire canin ». Il affirme qu'Islam « n'a pas été victime de violence policière », et dénonce la « fake news ». Pourtant, sur une autre vidéo, on aperçoit le policier enlever la laisse du chien, avant de le laisser foncer sur le jeune homme.
Ces violences ont lieu dans une ville où le maire nouvellement élu a fait de la surenchère sécuritaire un axe central de sa campagne pour les municipales. Il a notamment promis d'augmenter les effectifs de police, et d'installer davantage de caméras de vidéosurveillance ». Ce drame est une nouvelle démonstration de la violence de la police, qui s'en prend aux jeunes des quartiers populaires.
Le même soir, à Vitry-sur-Seine, alors que des jeunes participaient à un barbecue organisé après une maraude solidaire, la police est intervenue brutalement, provoquant un mouvement de panique. Plusieurs jeunes ont été poursuivis et frappés. Adel, 17 ans, a été violemment tabassé, laissé en sang devant le hall d'un immeuble, tazé malgré son épilepsie, puis placé en garde à vue après avoir fait un malaise, en plus de subir des insultes racistes.
Ces événements se sont déroulés moins d'une semaine après le drame survenu à Noisiel, en Seine-et-Marne, où, dans la soirée du 16 mars, Flavel a été tabassé par la police et grièvement blessé à l'œil, après l'explosion d'une grenade lacrymogène à quelques centimètres de son visage.
Partout en France, les exemples ne manquent pas : Aly, Abdoulaye, Nahel, Yanis, Adama, et tant d'autres, dont l'histoire témoigne de la gravité de la situation.
La brutalité des interventions dans les quartiers populaires participe d'une volonté de discipliner et d'intimider toute une génération de jeunes. Certains responsables politiques, y compris à gauche, continuent de promouvoir le renforcement de la police municipale au nom de la « proximité ». Sur le terrain, celle-ci se traduit pourtant par un contrôle renforcé et des violences graves. Nous exigeons la vérité et la justice pour Islam, comme pour toutes celles et ceux qui ont subi ou perdu la vie à la suite d'interventions policières. Comme Elsa Marcel le rappelait mercredi 25 mars sur BFM-TV en parlant de Saint-Denis, « il faut ôter [à la police municipale] la capacité de nuire et produire des violences qui peuvent conduire à la mort, on est contre le fait de mettre des barbelés sur la misère sociale, il faut des investissements massifs dans les services publics, des logements et des emplois dignes pour tous et toutes ».