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Bordeaux Montaigne : 600 étudiants et personnels en AG pour défendre la convergence face à l'austérité

Wed, 25 Mar 2026 20:42:46 CET

Révolution Permanente

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600 étudiants et travailleurs de l'UBM se sont réunis contre les suppressions de poste et la casse des conditions d'étude. Une AG réussie pour commencer à construire une unité des différents secteurs de la fac et un plan de bataille face à l'austérité.

Ce mardi 24 mars, 600 étudiants, personnels BIATSS et enseignants se sont réunis en assemblée générale sur le parvis de l'Université Bordeaux Montaigne. À l'initiative des travailleurs du campus, notamment de la CGT FERC Sup, cette AG s'est tenue autour du mot d'ordre clair : « 0 suppression de postes, 0 suppression d'heures de formation ». Un appel largement suivi, qui exprime un refus net de l'austérité qui frappe aujourd'hui l'université.

Car le budget 2026 voté par la présidence en janvier est brutal. Il acte un déficit de 5,3 millions d'euros, qui se traduira concrètement par la suppression de 30 postes et de plus de 40 000 heures de formation d'ici 2027. Une attaque d'ampleur qui menace directement les conditions de travail et les conditions d'étude à l'Université Bordeaux Montaigne.

« Pas un euro, pas un poste, pas une place en moins »

Cette AG unitaire fait suite à deux assemblées générales de personnels et d'enseignants ayant chacune rassemblé près de 400 personnes, soit environ un tiers des effectifs de l'université. Une mobilisation significative, ancrée dans l'inquiétude face aux suppressions de postes, en particulier pour les travailleurs précaires en CDD. Alors que 30 contractuels pourraient ne pas être renouvelés, la présidence maintient l'opacité la plus totale, refusant de communiquer aux syndicats la liste des postes concernés. Une situation qui place l'ensemble des travailleurs précaires sous une véritable épée de Damoclès.

Dans ce contexte, l'AG du 24 mars marque un saut qualitatif en réunissant massivement étudiants et personnels dans un cadre unitaire. Directement après l'AG, le ton est donné par 250 étudiants et personnels qui ont envahi les bureaux de la présidence, dénonçant sa politique du silence maintenue jusque dans la réunion de dialogue social qui avait lieu le jour même.

Les discussions de l'AG ont mis au centre la nécessité de construire une alliance solide entre étudiants et travailleurs de l'université, une tension qui s'exprimait particulièrement chez ces derniers. Cette convergence repose sur une compréhension commune : la suppression des 30 postes et le gel de nombreux autres, qui touchent d'abord les travailleurs précaires, entraîneront inévitablement une dégradation des formations, une hausse de la sélection et une détérioration des conditions d'étude.

« Si on accepte la suppression des 30 postes, c'est juste un début », partage Antoine, régisseur plateau, dont le poste prendra fin en juin à cause des restrictions budgétaires. Les étudiants en théâtre se retrouveront donc privés de suivi pédagogique et de la pratique qui constitue le cœur de leur cursus. Ce cas symptomatique a poussé de nombreux étudiants de la filière à se mobiliser et est un exemple parmi d'autres.

L'intervention d'une étudiante indépendante à la tribune résume la détermination qui a parcouru l'AG : « Il vaut mieux sacrifier un semestre que notre vie ».

Tirer le bilan des dernières mobilisations

L'affluence étudiante dans cette assemblée témoigne d'un niveau d'opposition élevé aux politiques d'austérité. Elle est le produit direct des mobilisations de l'année 2025 à Bordeaux Montaigne. En mars dernier, 2000 étudiants s'étaient déjà réunis en AG contre les coupes budgétaires, un fait inédit sur ce campus depuis des décennies. C'est aussi autour du Comité d'Action Contre l'Extrême Droite, qui a contribué à maintenir une dynamique d'organisation durable, qu'une partie des étudiants s'est structurée et a acquis le réflexe de se réunir en assemblée générale pour organiser collectivement les ripostes.

Mais le bilan de l'an dernier est aussi riche d'enseignements. Malgré une mobilisation massive, celle-ci n'avait pas permis d'arracher de victoires concrètes, faute de revendications suffisamment claires et d'une structuration dans la durée. Le mouvement avait également subi une forte répression menée par la présidence, avec des interventions policières à deux reprises contre des blocages.

Surtout, avec la participation toujours active de la présidence, une division importante s'était créée entre étudiants et personnels autour du blocage de l'université. Une partie conséquente des enseignants et personnels y étant opposés. Cette polarisation sur les méthodes à employer face à l'austérité avait entraîné l'isolement des blocages étudiants et permis à la présidence de légitimer leur répression. L'UNEF avait notamment mis sa pierre à l'édifice en signant un communiqué dans la presse pour s'opposer publiquement au blocage. C'est précisément cette division que la mobilisation actuelle s'attelle à dépasser.

Et construire un plan de bataille

Les échanges sur ces bilans ont ainsi permis de dessiner un plan de bataille. Le renouvellement immédiat de tous les CDD s'est imposé comme revendication centrale. Une orientation qui consiste à faire bloc derrière les travailleurs les plus précaires, ceux qui font fonctionner l'université au quotidien tout en étant les premiers sacrifiés.

« C'est en mettant un premier revers au rectorat et à la présidence, au rectorat sur ces suppressions de CDD et d'heures qu'on va pouvoir pour montrer l'exemple pour arracher plus, pour diffuser dans d'autres facs notre mouvement et pour arracher un plan d'embauche massif, l'abrogation des mesures de sélection, le rétablissement des rattrapages et bien plus », a défendu Maïa, militante au Poing Levé.

L'assemblée générale a donc voté le blocage et l'occupation du campus, marquant une volonté d'élever l'opposition au plan de la présidence. L'objectif est désormais de s'appuyer sur la force collective des AG pour mener des actions massives, capables d'entraîner largement les étudiants et le personnel pour obtenir cette première revendication.

Une telle victoire et une mobilisation structurée et unitaire depuis Bordeaux Montaigne pourrait être un premier pas pour étendre ce rapport de force naissant à l'échelle nationale et faire plier un adversaire identifié : le gouvernement et sa politique d'austérité.

Dans ce sens, l'AG a décidé de se coordonner avec d'autres secteurs en lutte, avec l'éducation et les lycées mobilisés le 26 mars et avec les travailleurs du CROUS le 2 avril.

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