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Casse de l'université : la présidence de Nanterre supprime 3000 heures de cours à la rentrée 2026

Wed, 25 Mar 2026 11:11:21 CET

Révolution Permanente

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Alors que les attaques austéritaires s'intensifient dans l'enseignement supérieur, la présidence de l'université Paris-Nanterre a choisi de s'en prendre à l'offre de formation. Dès la rentrée 2026, ce sont des milliers d'heures et des dizaines de parcours qui seront supprimées dans cette université au bord de la faillite.

Après plusieurs années de coupes budgétaires au niveau national, le déficit de l'université Paris-Nanterre atteint cette année un niveau record, avoisinant les 21 millions d'euros. Dans ce contexte, et dans la continuité de l'offensive austéritaire engagée depuis plusieurs mois, la présidence de l'université poursuit la mise en œuvre de son projet en s'attaquant directement au contenu des formations.

En toute discrétion, l'université cherche à tirer profit du renouvellement des maquettes de formation, intervenant tous les quatre ans, pour parvenir à ses fins et réduire drastiquement les coûts des formations. Les données analysées par Le Poing Levé, que nous avons choisi de publier en détail ici, révèlent l'ampleur du projet que l'université tente aujourd'hui de faire adopter : près de 7 000 heures de formation seraient supprimées dès la rentrée 2026, dans plus de 100 formations. Sur ces 7 000 heures, seules 3 600 heures seraient compensées par des créations dans d'autres parcours. Outre ces coupes, il faut ajouter 22 parcours qui fermeront leurs portes à la rentrée 2026.

La saignée décidée par la présidence est particulièrement massive. Ainsi, 57 % des licences et 63 % des masters se verront amputés de plusieurs dizaines, parfois de centaines d'heures dans la prochaine maquette. Ce sont parfois plus d'un tiers des heures qui sont ainsi supprimées comme par exemple dans la licence Arts du spectacle. Ainsi, près d'un tiers des licences de l'université dispenseront moins de 1 500 heures d'enseignement, soit moins que le minimum légal !

Mais les coupes ne se limitent pas à la quantité. L'université entend également jouer sur la qualité en transformant des heures de TD en heures de cours magistraux, en mutualisant des formations et en réduisant les possibilités de choisir ses cours.

Compte tenu du niveau de pression budgétaire et du gel des recrutements décidé par la présidence, aucune filière n'est épargnée. Néanmoins, certaines tendances se dégagent. Dans l'ensemble, l'université a en effet choisi de se conformer aux exigences du gouvernement, imposées par le biais des Contrats d'Objectifs, de Moyens et de Performance (COMP). Ces derniers, signés en 2024 par l'université, conditionnaient le versement de subventions notamment à la « transformation de l'offre de formation ».

En particulier, le ministère de l'Enseignement supérieur y listait 16 formations devant être « transformées ». C'est chose faite avec ces nouvelles maquettes adoptées. Ainsi, la licence Sciences sociales, pointée du doigt par le ministère, se voit amputée de plus de 120 heures de formation. De même pour les masters Sociologie ou Sciences de l'archéologie, également ciblés : plus de 200 heures seront supprimées à la rentrée. Autre exemple : la licence professionnelle Métiers de l'immobilier, jugée trop peu performante par le ministère, est tout bonnement supprimée à compter de 2026.

Derrière le prétendu manque de « performance » de certaines formations, invoqué pour justifier ces coupes, les objectifs sont en réalité limpides : priver de moyens celles qui ne répondraient pas aux attentes du secteur privé, afin de contraindre toujours davantage la jeunesse à s'aligner sur les besoins du patronat.

Malgré l'ampleur de l'offensive, l'université a choisi de l'opérer à bas bruit, en présentant ces nouvelles maquettes comme de simples ajustements techniques. Une méthode usuelle, utilisée tout récemment pour supprimer dans l'ombre les Cursus Master en ingénierie (CMI).

Face à ces attaques inédites contre nos formations, il est impératif de les dénoncer, comme l'ont fait les élu·es du Poing Levé dans les conseils, et de se mobiliser pour y faire échec. C'est d'ailleurs sous la pression de la mobilisation des étudiant·es et enseignant·es, que la présidence à dû reculer et renoncer à supprimer les CMI.

Dans ce cadre, si les conseils centraux de l'université sont anti-démocratiques et ne doivent nourrir aucune illusion, la volonté de la présidence de faire passer dans l'ombre son offensive austéritaire montre qu'il est essentiel d'y envoyer des élu·es de combat, déterminé·es à dévoiler et à contester ces projets pour organiser la riposte.

Pour défendre ce projet, du 30 mars au 4 avril, vote et fais voter Le Poing Levé dans les conseils centraux et d'UFR.

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